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Après le carnivore et l'herbivore, voici le locavore

Le locavore veut savoir d’où viennent ses aliments: qui les cultive, comment on les produit et quelles opérations ils subissent avant d’apparaître dans son assiette. ©shutterstock

Qu’est-ce qui fait le buzz dans l’univers culinaire? Cette semaine: le régime du locavore, plus d’avocats, ni de vin italien, ni même de pommes Granny Smith.

L’avenir de la gastronomie sera durable ou ne sera pas. Tout le monde est d’accord là-dessus, cependant, la façon dont les foodies s’approprieront ce concept peut varier. Le premier bannira les produits d’origine animale et deviendra vegan, alors que l’autre se lancera sur la voie du ‘locavorisme’.

Un locavore est une personne qui ne consomme que des aliments produits dans un rayon de 150 kilomètres. Autrement dit, plus d’avocats, ni de vin italien, ni même de pommes Granny Smith. Mais cela ne l’empêche pas de consommer du poisson et de la viande, à condition qu’ils soient élevés localement.

Les raisons pour lesquelles on choisit de devenir locavore ne manquent pas. À commencer par l’aspect écologique: plus la chaîne de transport est courte, plus l’empreinte écologique est réduite. Soutenir l’économie locale constitue également une motivation importante du locavore.

Un troisième argument décisif est la transparence. Le locavore veut savoir d’où viennent ses aliments: qui les cultive, comment on les produit et quelles opérations ils subissent avant d’apparaître dans son assiette. Une production locale n’est donc pas une garantie suffisante pour le locavore: le traitement traditionnel et transparent des aliments est tout aussi important. Autrement dit, une usine énorme, produisant des biscuits en quantité industrielle au coin de la rue n’est pas considérée comme une aubaine par le locavore.

Une usine énorme, produisant des biscuits en quantité industrielle au coin de la rue n’est pas considérée comme une aubaine par le locavore.

Le terme locavore est apparu pour la première fois en 2005 à San Francisco, quand trois femmes mettent alors les habitants de la ville au défi de consommer uniquement des produits récoltés dans un rayon de 100 miles (161 kilomètres environ). Un titre accrocheur a été (bien) trouvé (The Locavore Movement), un site Internet est conçu (www.locavores.com) et le locavore est très vite devenu un genre alimentaire, rejoignant la série des herbivores, carnivores, insectivores et autres omnivores.

‘Locavore’ est aussi le nom d’un restaurant en Indonésie, qui applique la même philosophie. Tous les ingrédients cuisinés sont d’origine locale: les légumes proviennent d’un potager de Payangan, les algues, de Lombok et le bœuf, de Java. Le seul véritable produit d’importation est le chef néerlandais, Eelke Plasmeijer, qui a réussi à hisser le restaurant à la 22ème place du célèbre classement des 50 Best Restaurants. Bref, le locavore est sans nul doute gastronome.

Si le terme locavore n’est peut-être pas encore très connu du grand public dans notre pays, le concept intéresse de nombreux foodies. Le Local est un restaurant à Bruxelles qui s’engage à utiliser un maximum de produits locaux, comme Graanmarkt 13 à Anvers. Ce dernier cultive également son potager, ce qui lui permet de se fournir en légumes et en herbes aromatiques: le rêve de tout locavore qui se respecte!

Les observateurs de tendances s’attendent donc à ce que de plus en plus de restaurants collaborent avec des fermes et des producteurs établis dans le même région ou, plus engagé, se lancent dans la culture de leurs propres légumes. À suivre.

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