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Eed à Leuven: le nouveau rendez-vous des foodies

Manger à Louvain, cela s'est longtemps résumé à un plat du jour ou une pizza dans la Muntstraat. Pour la haute gastronomie, il fallait se rendre en périphérie de la ville estudiantine. Mais depuis peu, Louvain s'est réinscrite sur la carte gastronomique. En dehors d'un authentique italien (Rossi) et d'un bon bistrot gastro (Lust), le centre-ville compte au moins cinq restaurants ambitieux, totalement dans l'air du temps.

Avec Eed, nous pouvons ajouter un nouveau venu sur cette liste. Situé près du Palais de justice (d'où le jeu de mots dans le nom, Eed signifiant serment), le restaurant au décor épuré a tout pour séduire les foodies de Louvain. Jonathan Scheerlinck veille sur une fantastique carte des vins, ce qui est plutôt rare pour une start-up. De plus, le sommelier réussit également à shaker un superbe cocktail, encore un atout.

Outre Maxime De Schrijver en salle et Philippe Heylen en cuisine, Eed dispose également d'un bel effectif dans d'autres fonctions clés. Le duo est encore jeune, mais possède beaucoup d'expérience. Ainsi, Heylen a travaillé pendant deux ans comme chef de partie chez Hertog Jan. Quand on survit à cela, on sait ce qu'est la cuisine!

Une évidence qui se manifeste dès la première entrée. En optant pour le maquereau, le chef ne gagnera pas un prix d'originalité (le maquereau est aussi omniprésent que le quinoa et la burrata), mais le travail raffiné de ce poisson légèrement mariné prouve que Heylen est un bon chef. Il combine le maquereau avec des disques de navet aigre-doux, des noisettes au goût intense et une sauce gribiche. Heylen a réalisé une version plus légère de cette sauce traditionnelle (aux cornichons, câpres et fines herbes) avec du yaourt. Un plat que le chef triplement étoilé Gert De Mangeleer apprécierait également - la façon dont les disques de navet sont disposés sur le poisson rappelle même un peu l'esthétique de Hertog Jan.

Adresse?
Vaartstraat 14 à 3000 Louvain. Tél. 016/584.584. www.eedleuven.be
Fermé le dimanche et le lundi.
Sommelier?
Une vaste carte, avec des vedettes et des noms moins connus. En même temps, le sommelier Jonathan Scheerlinck propose des bières, cocktails et jus originaux avec le menu.
Décibels?
Quelques bonnes interventions, comme le liège contre le mur latéral, permettent de limiter le niveau sonore à 70 dB. Ceux qui doivent se rendre au tribunal tout proche peuvent y discuter discrètement avant ou après l'audience.
Addition?
192,50 euros pour deux.
On y retourne?
Avec son premier menu dégustation, Philippe Heylen montre qu'il a beaucoup à offrir. J'y retournerai volontiers pour découvrir davantage de préparations.

Comme Eed vient tout juste d'ouvrir ses portes, le restaurant ne propose pour l'instant qu'un lunch (deux services, 30 euros) et un menu dégustation en trois (45 euros) ou quatre (59 euros) services. Une carte proposant des plats au choix suivra ultérieurement.

Un choix limité n'est acceptable que si le menu offre une valeur ajoutée, ce qui est heureusement le cas avec ce chef de l'école Hertog Jan. Par exemple, je ne commanderais pas spontanément la combinaison de chicon, céleri-rave, fromage de brebis et lardo (lard italien), mais bien qu'il ne s'agisse pas du plat offrant le plus de profondeur du menu, Heylen réussit à en faire une assiette intrigante.

Avec un morceau de filet de cerf, le chef s'attaque au classique. La viande a le goût un peu sage, mais juteux du cerf d'élevage, tandis que chou de Savoie et persil tubéreux assurent un accompagnement approprié. Le dessert est souvent l'écueil du menu dégustation - il semble que beaucoup de chefs s'en désintéressent une fois qu'ils ont terminé le plat principal.

Mais ici, une merveilleuse construction à base de poire, yaourt de chèvre et estragon assure un point d'orgue parfait à ce menu de haute qualité. Eed n'a pas manqué son départ.

 

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