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Testé: le Château de Mirwart, à prendre avec des pincettes

À l’abandon depuis plus de 40 ans, Le Château de Mirwart a subit un lifting complet. ©Mirwart

Le critique culinaire Jan Scheidtweiler s’est attablé au Château de Mirwart. Le chef Pajtim Bajrami s'y montre plus inspiré par Instagram que par les produits du terroir.

Avant, les pincettes étaient  réservées aux chirurgiens, aux collectionneurs de timbres ou aux esprits prudents. Aujourd’hui, elles ont fait une entrée fracassante dans les cuisines. En effet, rien ne vaut de longues pinces nervurées pour dresser une assiette raffinée et appétissante. Un outil que maîtrise Pajtim Bajrami dont les belles assiettes ont contribué à la notoriété de son restaurant de Saint-Trond, De Stadt van Luijck.

Le chef est un jeune homme ambitieux. Au mois d’août, il s’est lancé dans un projet qui permettra à son talent de s’épanouir et de toucher encore plus de gourmands, en investissant le château médiéval de Mirwart. Situé dans les environs de Saint-Hubert, le bâtiment a été entièrement rénové pour accueillir des suites luxueuses ainsi qu’un restaurant gastronomique.

Le chef semble plus inspiré par Instagram que par la nature ardennaise.

On se serait attendu à un certain intérêt pour l’environnement local de la part d’un chef qui officie au cœur des forêts ardennaises, mais non: Bajrami semble plus inspiré par Instagram que par la nature ou la tradition culinaire des lieux. Le menu est placé sous le signe des produits de luxe internationaux, tels que de bœuf wagyu ou le caviar. Il préfère le thon au sandre et les carabineros d’Espagne aux écrevisses des rivières des environs.

À la fin du mois d’août, lors de l’ouverture, le restaurant n’avait pas encore trouvé son rythme de croisière: service inefficace, lenteurs et présentation bâclée de la carte des vins. Pour jouer plus de sécurité, le chef avait décidé que les clients ne mangeraient pas à la carte, mais devraient opter pour un menu dégustation cinq (85 euros) ou six services (100 euros).

Situé dans les environs de Saint-Hubert, le bâtiment a été entièrement rénové pour accueillir des suites luxueuses ainsi qu’un restaurant gastronomique. ©Mirwart

Et les pincettes? Elles se manifestent dès la première entrée, une construction délicate autour de hamachi cru et mariné. Le poisson est entouré de radis, concombres et avocats finement tranchés et nappé d’une vinaigrette fraîche. La combinaison de langoustine et thon qui suit est également très esthétique, mais manque de profondeur gustative, qui est, par contre, très présente dans la préparation d’huître tiède, grâce à un beurre blanc à l’huile aux herbes. Quant au pigeon d’Anjou, il est bien préparé, mais la portion est un peu chiche. Pajtim Bajrami sait cuisiner, mais il oublie d’avoir une vision d’ensemble. Dommage.

Adresse
Château de Mirwart, Rue du Château 29, 6870 Mirwart
Tél. 084/45.00.20, chateaudemirwart.com
Fermé mardi et mercredi.
Addition
325,30 euros pour deux couverts.
Sommelier
Belle carte des vins, prix de 33 à 575 euros. Le champagne maison est le Billecart-Salmon (23 euros la coupe). Bonnes suggestions du sommelier.
Décibels
Acoustique agréable: 64 dB en moyenne.
On y retourne?
Ce fut une expérience intéressante: c’est bon, mais peu inspirant.

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