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Fast forward 2019: 9 nouveautés à découvrir avant tout le monde

Façades épuratrices d’air ©Inge Rylant

Bye-bye 2018, welcome the future! Sabato a sorti sa boule de cristal pour visualiser les inventions les plus excitantes des prochaines années. Façades épuratrices d'air et chambres d'hôtel automotrices, ce n'est pas de la science-fiction.

1. Dès 2019: Façades épuratrices d’air

Façades épuratrices d’air ©Inge Rylant

La mauvaise nouvelle: la Belgique est une mauvaise élève en qualité de l'air. La bonne: à l'avenir, les façades des immeubles et des maisons feront office de purificateurs d'air, grâce à l'oxyde de titane, un composant que l'on retrouve dans les crèmes solaires.

Pureti, une société américaine, a mis au point un traitement spécial, un revêtement de nanoparticules d'oxyde de titane à appliquer sur une superficie à l'aide d'un spray.

Autre variante: des dalles en pierre frittée ayant fait l'objet d'un traitement spécial. Quand les rayons ultraviolets UV-A frappent la surface, il se produit une réaction chimique: l'oxygène et l'humidité contenus dans l'air se métamorphosent en "fée du logis", transformant les polluants atmosphériques, comme l'oxyde d'azote, en sous-produits sans danger. Ainsi, la façade se nettoie toute seule tout en purifiant l'air ambiant.

Le premier immeuble autonettoyant, un complexe d'appartements de 25 étages, couvert de ces dalles spéciales, trône depuis peu dans le quartier de Soho, à New York. Selon Pureti, son impact sur l'environnement serait équivalent à la neutralisation de 625 voitures.

En Europe, ce type de bâtiment se fera attendre encore un moment, mais pas tant que ça: Pureti collabore avec iSCAPE, un projet de recherche de l'Union européenne pour améliorer la qualité de l'air dans les villes européennes, et est en train de finaliser un accord pour l'introduire dans le port de Barcelone. À noter, des klinkers en béton purifiant seront utilisés pour les voies latérales des Leien d'Anvers, une première en Belgique.

2. Dès 2019: Smartphones pliables

Smartphones pliables ©Inge Rylant

Non, non, ce n'est pas le retour du portable à clapet, c'est mieux. En effet, nous n'éteindrons plus nos smartphones, nous les plierons comme une feuille de papier. Écran compris. C'est ce que promettent le sud-coréen Samsung et le chinois Royole. "Ouvert, c'est une tablette", a-t-on annoncé à l'occasion du lancement de l'Infinity Flex Display, lors de la Samsung Developer Conference en novembre dernier. "Fermé, c'est un smartphone de poche."

Autrement dit, si vous souhaitez consulter la page d'accueil de L'Écho, vous pourrez le faire sur l'écran déplié format iPad. Et si vous souhaitez envoyer un SMS sans qu'un voisin curieux ne puisse le lire, vous replierez l'écran au format smartphone.

À ce stade, Samsung refuse de révéler le nom et plus de détails sur cette merveille, si ce n'est qu'elle sera lancée début 2019. Les Européens devront attendre, car le smartphone FlexPai de Royole, qui intègre deux caméras pouvant être positionnées à différents angles grâce à ce déjà fameux écran pliable, ne sera provisoirement disponible qu'en Chine, aux États-Unis, au Canada et au Mexique.

3. Dès 2019: Fini le jetlag!

Fini le jetlag! ©Inge Rylant

Le jetlag, ou syndrome du décalage horaire, est bien connu des voyageurs intercontinentaux: après douze heures de vol et plusieurs fuseaux horaires, on accuse le coup. Cela va changer début 2019, quand les 'early adopters' pourront tester les premiers Lumos Smart Sleep Masks.

Selon les entrepreneurs Biquan Luo et Vanessa Burns, tous deux diplômés de la prestigieuse université américaine de Stanford, ce masque pour les yeux pourra contribuer à lutter contre le jet lag grâce à une luminothérapie personnalisée.

Le masque a été co-financé par le National Space Biomedical Research Institute, un organisme sponsorisé par la NASA, qui espère que les astronautes pourront utiliser le Lumos pour réguler leur horloge interne. L'objet fait moins 'Star Trek' qu'on ne l'imagine.

Le masque, qui peut être précommandé pour environ 260 euros, est tellement rembourré qu'on remarque à peine les biocapteurs qui mesurent la durée et l'efficacité du sommeil ou les petites lumières qui émettent des flashs lumineux destinés à remettre son horloge biologique sur les rails.

Des recherches menées à l'Université de Stanford ont montré que le rythme du sommeil et de l'éveil est contrôlé dans le cerveau par un petit groupe de cellules. Des expériences ont révélé que la meilleure façon de "piloter" ces cellules dans un autre fuseau horaire est d'envoyer de petits flashs lumineux toutes les neuf secondes au dormeur.

Le masque doit être porté avant le voyage. Une application correspondante calcule à l'avance quelle luminothérapie sera nécessaire et avec quelle intensité. Une nuit avant de partir pour Hong Kong, par exemple, on dort avec le masque.

Et, 24 heures plus tard, à l'arrivée, l'horloge interne est plus ou moins celle d'un résident de Hong Kong.

4. Prochaine décennie: Une machine aux fourneaux

Une machine aux fourneaux ©Inge Rylant

Quand il travaillait dans le restaurant familial, Alex Vardakostas préparait environ 400 burgers par jour, un travail répétitif et ennuyeux. C'est pourquoi, l'été dernier, il a ouvert, à San Francisco, Creator, un restaurant où c'est un robot qui s'en charge. Pour le développement de cette machine de quatre mètres de large, celui qui est aujourd'hui spécialiste en robotique et entrepreneur, a demandé conseil à des chefs étoilés et des experts en robotique chez Disney, à la NASA et chez Tesla.

C'est GV, l'ancien Google Ventures, qui sponsorise la start-up. Résultat: un robot embarquant 350 capteurs et 20 ordinateurs, ce qui lui permet de préparer 130 burgers en une heure. Le robot découpe et cuit la viande (entre autres), coupe les petits pains, les tomates, les pickles et les oignons, déchire la salade et râpe le fromage sans l'intervention d'un chef. Celui-ci, transformé en 'burger consultant', n'a plus qu'à vérifier les commandes passées via l'app, faire les frites et la facture.

La hype autour de Creator montre clairement que les restaurants robotisés sont partie prenante d'un futur plus très 'futuriste'. Surtout aux États-Unis. À Boston, quatre anciens étudiants de l'Université du MIT ont ouvert Spyce, un restaurant où des robots peuvent préparer de simples plats au wok en moins de 4 minutes.

Chez Zume Pizza, à Mountain View (où se trouve également le siège social de Google), des robots font des pizzas, et non loin de là, chez Eatsa et Cafe X à San Francisco, des robots préparent des salades de quinoa et des lattes commandés via des apps.

Comme si cela ne suffisait pas, la start-up Bear Robotics, Silicon Valley, a l'ambition de voir des 'runner robots' assurer le service à table. Mais, pour l'instant, un restaurant entièrement robotisé reste un rêve de futuriste. En effet, à qui faudra-t-il se plaindre si le vin est bouchonné ou si la viande n'est pas cuite à point?

5. Dans un avenir proche: Voitures volantes

Voitures volantes. ©Inge Rylant

Larry Page, cofondateur de Google. Airbus, constructeur d'avions. Daimler, société mère de Mercedes-Benz. Réunissez ces trois noms autour d'un projet et vous avez la voiture volante. Des bolides électriques qui laissent les embouteillages derrière eux en décollant à la verticale pour survoler la ville à une vitesse pouvant atteindre 360 kilomètres à l'heure. Les sceptiques les qualifient d'hélicoptères emballés dans un concept de bouleversement technologique ou de science-fiction.

Si la vérité est entre les deux, il faudra sans doute attendre encore quelques années cette invasion de voitures volantes, car la législation doit, elle aussi, être aménagée. Uber pense que ce sera bientôt possible et prévoit d'introduire d'ici 2023 un service de taxis VTOL, soit 'vertical take-off and landing', dans les villes américaines de Los Angeles et Dallas-Fort Worth.

Selon cette société, les appareils seront légers et silencieux "la moitié du bruit d'un camion qui passe devant chez vous". Elle a ouvert à Paris un laboratoire qui mène aussi des recherches sur les voitures volantes. On saute de joie rien qu'à l'idée de survoler les Tuileries!

Ou Miami Beach, ajoute le promoteur immobilier Dan Kodsi. En effet, le CEO de Royal Palms Companies investit dans des hélipads pour taxis volants. Sur le toit de son complexe immobilier, le Paramount Miami Worldcenter, il prévoit un 'sky lobby' où les résidents pourront attendre leur taxi aérien, ainsi qu'un hélipad pour voitures volantes. Parce que le vrai défi de l'avenir, ce sera de trouver une place de parking pour sa voiture volante.

6. Prochaine décennie: Chambres automotrices

Chambres automotrices ©Inge Rylant

Vous connaissez ce sentiment d'entrer dans sa chambre d'hôtel et se dire "yes, les vacances commencent!". Steve Lee, du studio de design Aprilli, voudrait que nous le ressentions avant même d'arriver à destination. Il a donc conçu une chambre d'hôtel automotrice sur roues, dont le design a remporté le prix Radical Innovation 2018.

L'idée: vous dormez, travaillez ou bullez dans une suite d'hôtel de luxe pendant qu'elle est en route vers votre destination. Non seulement vous gagnez du temps, mais c'est aussi beaucoup plus confortable que prendre un vol ou faire un trajet en voiture.

Lee a équipé les Autonomous Travel Suites d'un lit, d'une salle de bain, d'un espace de travail et d'un minibar. Il espère que les voyageurs pourront y passer douze heures à l'aise, ce qui est, selon lui, la différence fondamentale par rapport à d'autres voitures autonomes.

Grâce à une application, les voyageurs pourront commander leur suite qui viendra les chercher pour les conduire aux stations 'Autonomous Hotel Chain' que Lee espère implanter dans le monde entier, et où les clients trouveront tous les services hôteliers -restaurants, piscine, spa, services de nettoyage et salles de réunion-, et pourront recharger leur chambre.

Pour l'instant, certes, cela reste un rêve un peu fou. En effet, il faut d'abord que la voiture autonome s'implante, ce qui prendra encore quelques années.

7. Dans un avenir proche: Vêtements super intelligents

Vêtements super intelligents ©Inge Rylant

Un pantalon de yoga qui vibre pour vous signaler qu'il faut changer de posture? Une veste intelligente qui vous permet de répondre au téléphone d'un swipe sur la manche? Dans les années à venir, les 'vêtements intelligents' deviendront vraiment intelligents grâce à l'intelligence artificielle.

La marque de mode américaine Ministry of Supply vient de lancer une nouvelle veste intelligente: grâce à une application, vous contrôlez (merci Bluetooth) la température des éléments chauffants qui y sont intégrés.

Ce qui rend cette veste véritablement intelligente, c'est que, grâce à l'apprentissage automatique, elle peut apprendre à connaître les préférences de l'utilisateur et donc, réguler automatiquement la température. Jasna Rokegem, première 'fashion tech designer' belge, voit plus grand.

Elle pense que les vêtements intelligents deviendront notre coach de vie. Sa première collection réagit à l'activité cérébrale mesurée avec un serre-tête ECG. Récemment, elle a rendu visite à la NASA, où elle a expliqué comment les vêtements interactifs pourraient être utilisés pour communiquer.

"Imaginons que vous soyez en colère ou frustré. Vos vêtements vous en feraient prendre conscience en gonflant votre col, par exemple", explique-t-elle. "Ainsi, on est averti et cela peut aider à ne pas dire/faire des choses que l'on peut regretter par la suite."

Tout cela est passionnant, mais il faudra un certain temps tout de même avant que les vêtements intelligents ne deviennent courants car, qui voudrait se promener toute la journée avec un T-shirt ou une veste lestée de batteries à recharger? Un progrès récent devrait contribuer à résoudre ce problème: grâce à un réseau flexible d'électrodes intégré dans le tissu, des scientifiques ont trouvé une nouvelle façon de stocker l'énergie dans le textile même.

Dans un avenir proche: Soins au CBD

Soins au CBD ©Inge Rylant

Si l'actrice Gwyneth Paltrow était le paradis, son site web et magasin lifestyle 'Goop' serait la Bible. Et que serait le nouvel Évangile? La marijuana. Lors de la conférence annuelle 'In Goop Health' de l'été dernier, un nouveau sujet était au programme: le cannabis. L'un après l'autre, les États américains légalisent la consommation de cannabis. Le Canada est le premier pays industrialisé à autoriser sa vente et sa consommation récréative et le Luxembourg promet de lui emboiter le pas.

Bref, la tendance est lourde comme du Grateful Dead. On reste calme: personne n'a dit que les posters de Bob Marley et autres shiloms seront à nouveau de mise. La good vibration, c'est plutôt un mème de Rihanna fumant un joint, des photos Instagram stylées d'accessoires chics genre pipes en quartz rose, des titres de presse trendy à la Broccoli, le premier magazine entièrement consacré à cette plante.

Cependant, tout le monde ne veut pas planer. C'est pourquoi l'utilisation du cannabidiol ou CBD, une des centaines de substances actives du cannabis, est de plus en plus populaire. Généralement utilisé sous forme d'huiles à consommer ou à appliquer, de bonbons et d'extraits, il n'a pas d'effets secondaires psychoactifs mais, selon ses amateurs, il relaxe et soulage la douleur. Dans notre pays, la possession, l'usage et la vente de cannabis sont prohibés, tout comme certains produits à base de CDB.

Mais pas de l'autre côté de l'océan. Aujourd'hui, un bar trendy qui se respecte, comme le Caffeine Underground à New York et au Gracias Madre à San Francisco, se doit de mettre au menu un latte au CBD ou un cocktail à base de CBD.
Côté cosmétique, l'ancienne rédactrice beauté du W Magazine s'est installée à Los Angeles pour y fonder une société qui commercialise des baumes pour les lèvres à base de CBD.

Sans parler de la myriade de nouveaux produits de soin pour la peau, masques capillaires et huiles pour le corps à base de CBD. Selon un rapport récent, le marché du CDB atteindra plus de 22 milliards de dollars en 2022, soit sept fois plus qu'en 2016.

Prochaine décennie: Aliments imprimés en 3D

Aliments imprimés en 3D ©Inge Rylant

C'est vrai, les aliments imprimés en 3D ne sont pas vraiment une nouveauté. Des chefs et des professionnels comme le pâtissier anversois Roger van Damme s'y sont lancés depuis quelques années déjà. Cependant, imprimer des pommes duchesse chez soi reste un rêve. Pour le moment.

"Dans dix à quinze ans, les imprimantes alimentaires 3D seront des appareils de cuisine aussi courants qu'un four à micro-ondes", déclare-t-on chez Natural Machines, fabricants de l'imprimante alimentaire 3D Foodini (3.500 euros) qui permet de réaliser des sculptures comestibles avec n'importe quel type d'aliment réduit en purée. Si vous préférez vous en tenir à un seul ingrédient, vous pouvez commencer avec le Pancakebot ou le Choc Creator, un peu moins coûteux.

Soyez patient: imprimer un chocolat spécial prend 10 à 20 minutes. Les experts prédisent que ce n'est que quand les imprimantes seront plus rapides et plus faciles à utiliser que la technologie s'imposera auprès du grand public. "Aujourd'hui, l'impression 3D est encore trop laborieuse pour le consommateur lambda", déclare Nina Hoff, directrice de la société néerlandaise byFlow qui fabrique et vend des imprimantes alimentaires 3D.

"J'espère que des boîtes avec des cartouches de différentes saveurs seront bientôt disponibles au supermarché. Un peu comme pour Nespresso."

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