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Chez le nouveau fleuriste, vous cueillez les fleurs vous-même

Fleurs en libre-service. ©rv

S'il y a une chose dont la famille Bommers ne manque pas, c'est la confiance. En effet, son quatorzième champ de fleurs à couper a ouvert ses grilles au printemps et, comme pour les autres, on paye en déposant la somme de ce que l'on doit dans une caisse-tirelire.

Le soleil a brillé toute la journée et ce n'est pas vraiment le meilleur moment pour attraper Max Bommers (28 ans). "Plus il fait beau, plus je suis occupé", déclare-t-il au sujet de ses journées de travail rythmées par le lever et le coucher du soleil. "Je m'occupe de la ferme et des fleurs." Ce mercredi-là, il passait d'un champ à l'autre, juché sur son tracteur lancé à 40 kilomètres à l'heure.

Bommers a étudié la comptabilité et puis, en rentrant d'un voyage en Australie; il a annoncé qu'il préférait l'agriculture. La même année, il plantait un million de fleurs dans les champs du projet horticole de sa famille, Fleurs à couper. C'était il y a trois ans.

Les Bommers vivent dans le triangle formé par Wavre, Charleroi et Namur, dans la commune de Sombreffe. Le père se consacre aux cultures maraichères traditionnelles telles que navets, betteraves, pommes de terre et produits apparentés, mais, dans les environs, ils sont plus connus des amoureux de la nature pour les champs de fleurs que Max exploite avec sa mère, Maria Zillikens.

Venez cueillir vous-même vos fleurs dans les champs. ©anthony dehez

Coupe-it yourself

Avec leur petite entreprise, Fleurs à couper, les Bommers mettent de la couleur dans le Brabant wallon et la région de Namur avec des champs de fleurs de 1 à 1,5 hectares. Du printemps à l'automne, tulipes, glaïeuls, dahlias, tournesols et bien d'autres encore fleurissent.

Plus nous avons de champs, plus les clients peuvent cueillir des fleurs près de chez eux.

Cerise sur le gâteau? Il faut les couper soi-même et déposer le montant de ce que l'on a choisi dans la caisse-tirelire. 50 cents pour une tulipe, dont la saison sera finie quand paraîtra cet article, et un euro pour une pivoine, une variété qui est actuellement en fleurs. "C'est ce que je faisais aujourd'hui", explique l'horticulteur, qui supervise l'aspect technique -acheter les plants, planter les fleurs, entretenir les champs et vider les caisses.

La méthode comme les prix démocratiques sont un succès: le quatorzième champ de fleurs a ouvert à Jodoigne au printemps.

Tournesols suisses

Dans la famille Bommers, je demande la mère. Maria Zillikens a, en 2006, l'idée de développer son entreprise agricole après avoir découvert le concept des champs de fleurs à couper dans le sud de l'Allemagne et en Alsace. "On y trouve des champs de fleurs à couper depuis trente ans", explique-t-elle. "L'idée vient d'un agriculteur suisse qui avait un champ de tournesols, qu'il cultivait pour leurs graines. Ce champ se trouvait le long d'une route très fréquentée et, tous les jours, des gens venaient frapper à sa porte: pouvaient-ils couper des tournesols dans son champ?" C'est ainsi que les clients sont entrés dans les champs de fleurs.

©rv

Après avoir recueilli suffisamment d'informations auprès de cultivateurs expérimentés, elle se lance avec un petit champ que la famille loue à Sombreffe. "C'était une petite parcelle que nous avions prévue pour cultiver d'autres légumes. Je l'ai choisie parce qu'elle était idéalement située, au bord d'une route très fréquentée. En dehors des frais d'achat des fleurs, il n'y avait pratiquement pas de risques: il s'agissait principalement d'un travail manuel et nous allions utiliser nos vieilles machines pour le cultiver. Le plus grand obstacle était que le concept était inconnu dans la région."

Les premières fleurs -glaïeuls, dahlias et tournesols- sont cueillies en 2007. L'année suivante, elle trouve un deuxième champ et y plante des tulipes. La famille Bommers ajoute à ce projet un ingrédient aussi désarmant qu'économique: la confiance.

Les champs de fleurs à couper ne sont pas surveillés et, hormis une pancarte des tarifs, un simple sécateur pour ceux qui auraient oublié le leur à la maison et une tirelire, il n'y a rien. "C'était du jamais vu", se souvient la fondatrice de Fleur à couper. Avec les tulipes les plus voyantes côté route pour attirer le chaland. "Au début, ils ne comprenaient pas, ils attendaient que quelqu'un vienne les servir."

Pacte de confiance

Pourtant, il arrive qu'on emporte des fleurs sans les avoir payées. "Récemment, une femme a refusé de payer alors que j'étais présente", s'indigne Bommer. Cela peut également être pire, quand quelqu'un se tire avec la caisse. "Cela se produit régulièrement après la publication d'un article consacré à notre entreprise dans un journal ou un magazine. Quand ça arrive, c'est toujours un coup dur, mais les remerciements des autres clients nous font retrouver le sourire."

Installer des caméras est impensable, ajoute Bommers. "Au supermarché aussi, il y a des vols. Si on place des caméras, on pourrait perdre des clients qui se diraient "Ah bon, vous ne nous faites plus confiance". Et ils ne reviendraient plus."

Il existe déjà des chaînes courtes, dans lesquelles la distribution et les coûts sont réduits, mais Fleurs à couper veut également limiter le nombre de kilomètres. "Plus nous avons de champs, plus les clients peuvent cueillir des fleurs près de chez eux", explique Zillikens. "Comme beaucoup de produits, les fleurs ont parfois parcouru des milliers de kilomètres avant d'arriver chez vous."

La mère et le fils ont un savoir-faire et des connaissances presque oubliées. Par exemple: il existe des centaines de variétés de tulipes et que les dahlias ne peuvent être mis en terre qu'après les saints de glace. Avec leurs fleurs, ils espèrent pouvoir redonner ce sens de la nature.

"Grâce à nos activités, les gens se mettront peut-être à réfléchir et à réaliser qu'ils ne peuvent pas tout avoir à tout moment", explique Zillikens. "Un jour, j'ai reçu un coup de fil pour nous demander si nous avions arrêté nos activités, parce que les champs étaient vides. Nous étions en février!"

La famille Bommers possède 14 champs de fleurs à couper dans les provinces du Brabant wallon et de Namur, et cinq autres à Liège, gérés par Philippe De Wulf. Les adresses et les disponibilités des fleurs sont indiquées sur le site.

Vous pouvez suivre la saison des fleurs de Max Bommers sur Instagram via @beflowers_belgium



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