Arrogant Verneuil, une galerie-maison au mélange improbable de styles

À Paris, Arrogant est à la fois une boutique, une galerie et une habitation privée. Rozemarijn de Witte, ancienne femme de presse, en a fait un espace unique et inclassable.

Paris, 7e arrondissement, quartier des antiquaires. On franchit la porte d’une devanture couleur moutarde à la vitrine estampillée ‘Arrogant Verneuil’, au numéro 60 de la rue éponyme. C’est ici que Rozemarijn de Witte, dite Roze, et Pierre Traversier, propriétaires du boutique hôtel Los Enamorados à Ibiza, viennent d’emménager. Ils ont quitté Montmartre pour investir ce repaire atypique où cohabitent, à l’avant, une boutique d’objets rares, vêtements, céramiques, mobilier et objets vintage ou artisanaux, dénichés par le couple au cours de ses voyages, et, à l’arrière, un espace galerie, plus exclusif, plus intime aussi, puisqu’il s’agit également de leur lieu de vie.

Galerie-maison

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Cet endroit, Roze le découvre il y a quinze ans. À l’époque, l’espace est occupé par la galerie Epoca de Mony Linz-Einstein, parente d’Albert Einstein. "C’était une grande collectionneuse, qui a toujours combiné des choses inattendues. Un peu comme moi, mais dans un tout autre style", se souvient Roze. Quand elle apprend que l’espace est à vendre, elle l’achète pour en faire le siège de sa nouvelle activité, une galerie-maison.

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Dès le début, Roze a tout en tête: le style, les matériaux, l’ambiance. Elle confie les travaux à l’architecte Rafael Pialoux, qui travaille en tandem avec Fabien Cosson, et elle en supervise la réalisation avec un de ses meilleurs amis, Erik Gutter, avec lequel elle mène des projets d’architecture d’intérieur. Son souhait est de préserver au maximum le caractère brut des lieux.

Le nouveau projet de la néerlandaise Rozemarijn de Witte, "Arrogant Verneuil", dans le quartier des Antiquaires, fait penser à la caverne d’Ali Baba.
©Karel Balas/ Vega Mg
©Karel Balas/ Vega Mg
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Dans ce grand plateau ouvert, elle joue sur les différents niveaux pour créer des espaces, fait installer une cuisine centrale pour en faire le cœur du foyer, et ériger un mur en brique pour cloisonner la zone de nuit.

Côté revêtements, l’usage du carrelage est ici traité en véritable exercice de style. Les carreaux décoratifs à base de cendre volcanique du studio Formafantasma pour Dzek recouvrent les deux imposants piliers, entre lesquels se situe la cuisine. Pour habiller la cheminée, Roze a imaginé une combinaison de carreaux décoratifs en céramique qu’elle a elle-même réalisés à la main dans son atelier à Ibiza. L’entrepreneuse s’est inspirée d’un modèle de Pierre Digan, un céramiste français des années 1960.

"Pour moi, un intérieur n’est réussi que si son style est indéfinissable. J’aime les meubles des années 1950-1960, mais j’aime aussi les pièces plus contemporaines."
Rozemarijn de Witte
©Karel Balas/ Vega Mg
Arrogant Verneuil est une adresse où se rencontrent un mélange improbable de styles.
©Karel Balas/ Vega Mg

Styles différents

"Pour moi, une décoration est réussie quand on ne peut pas exactement définir son style. J’aime le mobilier des années 1950-1960, mais nous avons aussi des pièces contemporaines. Je cherche le mélange, j’aime les contrastes", déclare Roze. "J’admire Garcia, à titre personnel, mais aussi Axel Vervoordt, Carlo Scarpa et Kelly Wearstler. Ce sont des styles complètement différents, mais qui se croisent dans leur quête de perfection, dans leur sens du détail, dans leur talent des mélanges."

Parmi ses phrases préférées, la collectionneuse énonce une citation du peintre Paul Klee: "Un œil voit, l’autre ressent", une phrase qui incarne l’essence du style de Roze et résonne avec la façon dont elle a orchestré cet espace unique, intime et vivant.

Rozemarijn De Witte a rassemblé des objets qu’elle collectionne avec son compagnon, Pierre Traversier, au cours de leurs voyages.
©Karel Balas/ Vega Mg

Arrogant verneuil

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