Bienvenue dans le loft atypique d'Antoine Derom à Bruxelles

Antoine Derom, cofondateur de la chaîne de fitness de luxe Animo Studios, a transformé un ancien hangar qui abritait du cannabis en un loft atypique inspiré des années 70.

Comme la plupart de ses connaissances, Antoine Derom cherchait une habitation dans la commune d’Ixelles. "Mais les biens intéressants partaient comme des petits pains", déplore le cofondateur d’Animo Studios, une chaîne bruxelloise de clubs de fitness haut de gamme. "J’ai donc demandé à l’agent immobilier de me trouver quelque chose d’atypique."

Ce dernier a ainsi fait visiter à l’entrepreneur un immeuble à appartements dans la commune de Forest, où la police avait démantelé une plantation de cannabis. "Le hangar au rez-de-chaussée était totalement délabré, mais immense. Les étages supérieurs étaient occupés par des appartements qui nécessitaient une rénovation urgente. Le potentiel de ce bâtiment m’a sauté aux yeux. Pendant que nous remettions en état les appartements situés côté rue en vue de les louer, le hangar a servi à entreposer les matériaux de construction."

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Pour ce projet, Antoine Derom a fait appel à deux amis: l’architecte Louis del Marmol et l’architecte d’intérieur Daphne Meeus. "Le hangar n’avait pas été conçu pour servir d’habitation. Nous avons donc renforcé la structure, isolé le toit et installé des puits de lumière supplémentaires. Par conte, nous avons conservé la hauteur sous plafond d’origine, ce qui donne une incroyable sensation d’espace."

Pour son projet de rénovation, Antoine Derom a fait appel à deux amis: l’architecte Louis del Marmol et l’architecte d’intérieur Daphné Meeus.
©Jan Verlinde

Quel a été le plus grand défi pour ce projet? Travailler avec deux amis?

Antoine Derom: "Cela s’est très bien passé. Nous étions de bons amis avant de nous lancer dans ce projet et le sommes toujours: nous envisageons même de collaborer sur de futurs projets. C’est bon signe, non? Pour moi, le défi majeur résidait dans l’état lamentable du bâtiment. Mérule, infiltrations d’eau: il y avait de quoi s’inquiéter."

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Daphne Meeus: "Ma plus grande crainte était que le loft d’Antoine soit trop froid et trop masculin. J’ai introduit une touche de chaleur en utilisant des textures et des matériaux naturels. Vu l’ampleur de l’espace, il était essentiel d’y apporter une ambiance conviviale, ce que j’ai réalisé avec le séjour surbaissé et le mur bibliothèque en noyer. La porte centrale est la seule menant à la chambre et à la salle de bain, à l’arrière. À gauche, il y a un bar et, à droite, un espace de rangement."

Si vous deviez recommencer, que feriez-vous différemment?

D.M.: "Antoine a travaillé avec deux entrepreneurs qui ont fait faillite pendant la construction: le planning en a été perturbé."

A.D.: "Le bar, les enceintes au plafond, le beamer et le grand écran: le loft a un petit côté garçonnière, car j’étais célibataire quand nous avons lancé la rénovation. À l’origine, il avait été conçu pour que je puisse louer sur Airbnb les deux chambres à l’avant. Maintenant que je vis ici avec ma chérie, nous préférons avoir plus d’intimité et nous réservons ces chambres à nos invités."

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©Jan Verlinde

Êtes-vous un passionné de cuisine?

A.D.: "Je tenais à intégrer la cuisine dans l’espace ouvert parce que j’aime y accueillir mes amis. Quand nous avons organisé une réunion de famille, je me suis dit qu’une salle à manger séparée aurait été plus pratique, mais combien de fois l’utiliserais-je vraiment? Il ne faut jamais concevoir son espace en fonction des occasions exceptionnelles: 98% du temps, nous sommes deux à table."

En revanche, il n’y a pas de salle de fitness. Étrange pour un entrepreneur qui, avec Animo Studios, aura bientôt quatre clubs de fitness premium à Bruxelles!

A.D.: "Nous avions prévu d’installer la salle de fitness dans une pièce du sous-sol, mais il nous a semblé plus judicieux d’y aménager un appartement de trois chambres. Je passe déjà tellement de temps dans mes health clubs qu’avoir une salle de fitness chez moi ne me semblait pas nécessaire."

Qu’est-ce qui vous fait vous sentir chez vous ici?

A.D.: "Le loft est dissimulé par un immeuble à appartements côté rue, ce qui me permet de m’y retirer en toute tranquillité. Comme la façade nord est entièrement vitrée, j’ai une belle vue sur le jardin et la lumière afflue abondamment. Même quand il fait sombre, l’espace est très lumineux. Ici, j’ai vraiment l’impression d’être en vacances."

"Comme le loft est un vaste espace ouvert, il était nécessaire de créer des zones séparées."
Daphné Meeus
Architecte d’intérieur
Sur le bureau créé par Jules Wabbes se trouve un jeu de vases Amphora.
©Jan Verlinde
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Le séjour surbaissé en mortex est typique de l’ambiance funky des années 70. L’endroit rêvé pour organiser des soirées?

A.D.: "Honnêtement, je dois presque obliger mes invités à s’y installer. La plupart d’entre eux restent collés au comptoir de la cuisine, qui est très convivial. Pourtant, je trouve que ce séjour est un endroit super accueillant, idéal pour les soirées cinéma ou pour regarder des matchs."

D.M.: "Comme le loft est un vaste espace ouvert, il était nécessaire de créer des zones séparées. Ce n’est pas fréquent qu’il soit possible d’aménager ce type de séjour, car il y a généralement une cave en dessous, ce qui empêche de creuser. Ce séjour dynamise le loft. Si le coin salon se trouvait au niveau du sol, les canapés encombreraient visuellement l’espace. Autre avantage: de cette position basse, la perspective sur le jardin est différente."

"On dirait que le quadriptyque de Fabienne Verdier a été conçu pour ce grand pan de mur!"
Antoine Derom
Cofondateur de la chaîne de fitness de luxe Animo Studios

Il y a également beaucoup de place consacrée à l’art. Est-ce une caractéristique familiale?

A.D.: "Oui! Ma mère, Brigitte Geerinckx, et mon père, Patrick Derom, ont tous les deux une galerie d’art à Bruxelles. Ma sœur Sophie est active dans le commerce de bijoux et d’éditions multiples. C’est grâce à elle que j’ai pu acquérir quelques éditions pour décorer mon loft. Les sculptures de Pol Bury et de Takis viennent de la galerie de mon père, comme le quadriptyque japonisant de l’artiste française Fabienne Verdier. Au départ, mon père ne voulait pas me le vendre, mais après de longues négociations, il a finalement accepté. On dirait que cette œuvre a été conçue pour ce grand pan de mur!"

Le séjour surbaissé en mortex est un hommage aux années 1970. Le quadriptyque aux accents japonais est une œuvre de l’artiste Fabienne Verdie.
©Jan Verlinde

La rénovation était-elle un bon investissement?

A.D.: "Alors que les travaux de rénovation des appartements étaient encore en cours, il y avait déjà des gens qui venaient se renseigner pour en louer un, sans même les avoir visités. Ce quartier est clairement en train de monter, ce que l’on remarque aussi aux nouveaux établissements horeca qui s’y installent, comme l’Épicerie Horta ou Honest Coffee. Mais je ne sais pas si j’ai fait un bon investissement. Ceux qui consacrent autant d’argent à une rénovation ne souhaitent peut-être pas vivre dans ce quartier de Forest. J’ai réalisé ce projet avant tout pour moi, pas pour son éventuel rendement."

Regrettez-vous de ne pas avoir cherché plus longtemps à Ixelles?

A.D.: "Bien sûr que non! La meilleure preuve que nous croyons en ce quartier, c’est que nous avons acheté un autre immeuble, de l’autre côté de la rue, pour le rénover et le louer."

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