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Coup d'œil dans la maison du couturier royal Edouard Vermeulen

Une nouvelle réalisation qui offre une combo sans précédent: une maison relax et personnelle, où l’art et le mobilier passent d’une pièce à l’autre à la manière des nomades. ©Zeger Garré

La nouvelle maison d’Édouard Vermeulen à Knokke est un travail d’équipe: le couturier a collaboré avec Stéphane Boens, Nathalie Deboel, Jean-Philippe Demeyer et Dominique Eeman.

Edouard Vermeulen est membre du Royal Zoute Golf Club depuis 45 ans, mais il vient de se mettre au golf. "J’adore ça! Je me fiche d’atteindre le trou en trois, quatre ou cinq coups: pour moi, le golf est plus une promenade dans la nature qu’un concours. Il y a déjà assez de compétition dans la vie!"

"Je voulais une maison classique, comme celles que l’architecte Viérin (1872-1949) a conçues au début du XXe siècle à Bruges, Laethem-Saint-Martin et Knokke. Comme si c’était une maison de famille." ©Cafeine

Il est fort possible qu’il arrive à monsieur Natan de trouver une balle de golf dans son jardin: en effet, il a fait construire sa maison près de l’entrée du club. "Il y a trois ans, en sortant du restaurant du golf, j’ai aperçu un panneau "terrain à vendre". En fait, je ne cherchais pas à Knokke, car mes parents ont une superbe maison près du tennis, mais l’endroit était tellement unique que j’ai eu envie de réaliser un projet au cœur du Zoute. J’ai demandé trois jours de réflexion et je me suis décidé lors d’un séjour à Ibiza chez des amis."

Sur le mur près de l’escalier sculptural signé Nathalie Deboel, est accrochée une Œuvre de Michel Mouffe. ©Cafeine

Le couturier savait exactement ce qu’il ne voulait pas: ni un cube de verre ni une villa m’as-tu-vu. "Je voulais une maison classique, comme celles que l’architecte Viérin (1872-1949) a conçues au début du XXe siècle à Bruges, Laethem-Saint-Martin et Knokke. Comme si c’était une maison de famille.

Et je me suis dit que ce serait une commande parfaite pour l’architecte Stéphane Boens. Nous nous connaissons depuis toujours, car nos pères étaient d’excellents amis", ajoute le couturier. "Stéphane maîtrise parfaitement ce type d’architecture traditionnelle. Il connaît également les meilleurs artisans à même de construire dans ce style ancien. En plus, il a accepté de concevoir une maison avec les détails que je voulais."

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©Sabato

Œuvre collective

L’architecte n’est pas la seule pointure à laquelle le couturier a fait appel pour ce projet: sa nouvelle maison est une œuvre collective d’esthètes aux visions différentes. C’est aussi un clash de personnalités, chacune apportant sa propre contribution. Et avec Édouard Vermeulen dans le rôle du chef d’orchestre, coordonnant le mieux possible le jeu des instrumentistes.

A côté d’un travail de Ethan Cook et de la "Roly Poly Chair" se trouve une banquette de Jean-Philippe Demeyer. Le tissu rayé est inspiré de la Riviera et ses différents éléments sont modulables. ©Cafeine

"Le jardin, qui se confond avec celui des voisins, une dune artificielle, a été conçu par Dominique Eeman. Je ne voulais pas d’une haie de plusieurs mètres de haut derrière laquelle tout le monde peut se cacher", précise-t-il. Nathalie Deboel, dont l’agence est voisine de la boutique Natan de Knokke, a signé l’intérieur. "Lors des discussions au sujet de ce que devrait être une maison de vacances, nous revenions toujours à la Chiltern Firehouse à Londres, un bâtiment classique transformé en hôtel, avec des plafonds à caissons, une bibliothèque, un feu ouvert et une ambiance chaleureuse", explique-t-elle.

©Cafeine

Jean-Philippe Demeyer a participé au choix des textiles et du mobilier sur mesure. Une combinaison passionnante: tout comme Vermeulen, Boens et Viérin, Demeyer a une prédilection pour l’architecture anglaise classique et le savoir-faire traditionnel, mais avec une approche plus maximaliste et excentrique que celle de Deboel. "Je ne voulais pas que la maison soit la vision d’une seule personne", précise le couturier. "Elle doit évoquer une famille de designers, chacun racontant sa propre histoire. Tout comme les maisons familiales de Knokke racontent des histoires de vacances à la mer au fil des générations."

Intérieur nomade

La maison n’a pas été conçue pour être la vision d’une seule personne. C’est en réalité un clash de personnalités avec Édouard Vermeulen en chef d’orchestre. ©Zeger Garré

Pour être honnête, c’est rafraîchissant de déambuler dans une maison qui n’est pas la traduction en 3D d’un moodboard léché. C’est également agréable de ne pas entendre une histoire réchauffée au sujet de décor neutre assorti aux tons du sable et de la mer. Ici, l’intérieur n’est pas un one-man-show et il peut encore partir dans tous les sens, car il est clair qu’il n’a pas encore pris forme et ne sera jamais définitif.

"Je ne voulais pas trop formater cette maison. La pièce où l’on dort doit être fixe, bien sûr, mais pas celle où l’on mange et où l’on prend un apéritif ni celle qui permet d’accueillir des invités. Les espaces n’ont pas de fonction bien définie. Tels des nomades, les meubles et les objets d’art peuvent voyager dans la maison en fonction du moment ou de l’occasion. L’intérieur doit donner l’impression d’une maison de vacances relax, où la famille et les amis peuvent arriver à l’improviste et rester tant qu’ils le veulent."

Édouard Vermeulen ne voulait pas non plus décorer sa maison avec des œuvres d’art et des objets avec lesquels il vit depuis des années à Bruxelles. Avec des sculptures de Sterling Ruby et de Florian Tomballe, des tableaux sculpturaux de Michel Mouffe et de Ron Gorchov et des meubles de Jorge Zalszupin, il a créé une collection affirmée. L’intention du couturier est que les meubles et les œuvres d’art ne s’harmonisent pas à la perfection, mais circulent dans la maison. Un peu comme une fête de famille où chacun est parent, mais peut aussi être à l’opposé. Ou, pour utiliser un vocabulaire de couture, comme un dressing composé de toutes sortes de tenues différentes, mais qui, néanmoins, définissent votre goût.

Un tout autre sens du détail

"La maison d’Édouard est une collection de meubles, d’œuvres et d’objets d’art qui ne sont pas disposés de manière conventionnelle. Nous ne les avons pas combinés en ensembles fixes", précise Nathalie Deboel. "Nous avons conçu de nombreux meubles de manière à ce qu’ils puissent être utilisés de différentes manières", ajoute Frank Ver Elst, qui travaille avec Jean-Philippe Demeyer et a assuré le suivi du projet. "Le canapé en tissu bouclé grossièrement tissé, près de la fenêtre, a des coussins mobiles, ce qui permet de les orienter vers l’intérieur ou l’extérieur. La banquette en tissu rayé est inspirée de la Riviera.

Une sculpture de Sterling Ruby ouvre la voie vers la bibliothèque, entre la salle à manger et le salon. ©Cafeine

©Cafeine

Édouard ne voulait pas d’un canapé massif, c’est pourquoi ce dernier est composé de plusieurs modules indépendants que l’on peut répartir à gauche et à droite dans la maison. On peut également le recouvrir d’une housse, de manière à en faire un canapé géant parfait pour papoter.

Travailler avec Édouard pour cet intérieur a été une expérience très particulière. On sent vraiment son amour pour les tissus et les coupes. En tant que couturier, il a également un tout autre sens du détail. Pour nous, le look and feel est important, alors que lui, il considère les meubles comme une silhouette de mode qu’il façonne au millimètre près." Il ne reste plus au couturier qu’à apprendre à jouer au golf avec la même précision...

Natan a ouvert un salon de couture permanent à l’étage de la boutique de Knokke. www.natan.be

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