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Le retour du maillot sexy

La Belgique compte une nouvelle marque de maillots, Anna Maria Blanco. Sa créatrice, Carolina Pizzutilo, dessine les modèles et finance leur production en Belgique. "Ils sont comme les maillots de ma mère: sans-gêne."

Il y a trois ans, elle avait déjà caressé l'idée de lancer une ligne de maillots de bain. "Parce qu'à l'époque, j'avais essayé un énième maillot et, pour la énième fois, je n'étais pas satisfaite", se souvient Carolina Pizzutilo, fille de père italien et de mère belge. "Ce qui me manquait surtout, c'est cette touche italienne. Je voulais quelque chose de sexy, dolce vita, échancré. Ils sont comme les maillots de ma mère: sans-gêne."

Comme bien souvent, cela ne s'est pas concrétisé du jour au lendemain. En raison de contraintes de temps (la créatrice est depuis des années productrice et directrice artistique pour des réalisateurs, photographes et créateurs de mode), le projet a été repoussé sine die. Jusqu'à ce qu'en avril dernier, quand sa mère tombe gravement malade. "Je me suis dit que je n'avais plus de temps à perdre; je voulais absolument que ma mère puisse voir ma première collection de maillots de bain. Sans informer qui que ce soit de mes projets, je me suis mise à dessiner, j'ai commandé des échantillons de tissu et je me suis lancée sans expérience en matière de création, mais heureusement, j'avais suivi des humanités artistiques: ça m'a aidée."

Elle demande ensuite à une couturière de réaliser des patrons à partir de ses croquis. Bien que n'ayant jamais fait de maillots de bain, la dame en question est on-ne-peut-plus enthousiaste. Rapidement, les premiers prototypes prometteurs voient le jour.

Pour compléter les maillots de bain, la créatrice va lancer une ligne de bikinis et du homewear.

Sur la plage
Tout se déroule comme prévu, mais la mère de la jeune femme décline rapidement et il faut l'admettre en soins palliatifs. La situation devient très difficile, car la jeune femme doit également composer avec un travail très prenant (elle se charge des défilés de la créatrice de mode Véronique Branquinho entre autres) et une relation qui se met à tanguer. "J'ai décidé de passer un certain temps en Italie, pour réfléchir à tout ce qui m'était arrivé. Un après-midi, pour souffler un peu, je suis allée me promener sur la plage où ma mère venait souvent. Je me souviens des vagues qui frappaient les rochers... J'y ai passé une heure et c'est alors que j'ai décidé que la collection porterait le nom de ma mère. Il le fallait. Elle était flamboyante (été comme hiver, elle aimait porter des jupes courtes), avec un style magnifique." C'est elle qui lui a transmis sa passion pour les belles choses, le design, la mode et l'art. "De plus, elle m'a aidée à comprendre qu'il n'y a rien de mal à être soi-même, ce qui s'inscrit dans le droit fil du message que je désire transmettre via ma collection." La marque Anna Maria Blanco était née, combinant le prénom de sa mère avec un patronyme fictif, pour lui donner plus de punch.

Maniaque du contrôle
Hasard ou pas: les échantillons définitifs sont prêts le jour anniversaire de sa mère, début juin, l'année dernière. "Je les ai emmenés à l'hôpital pour les lui montrer. Maman m'a chuchoté qu'elle les trouvait superbes. Et que je devais persévérer. Quand je lui ai dit que la collection porterait son nom, elle s'est mise à pleurer." Le style de la première collection Anna Maria Blanco est italien et flamboyant. "Un look très féminin. Oui, je me rends bien compte que ces maillots ne conviennent pas à toutes les morphologies, mais ce n'est pas impératif non plus", précise-t-elle.

Les quatre pièces de la collection sont destinées aux femmes qui ont confiance en elles, qui se connaissent bien et ont du sex appeal. Aux femmes qui osent. "Aux femmes qui attirent tous les regards dès qu'elles entrent dans une pièce. Qui ont ce quelque chose de spécial, sans que l'on sache exactement quoi."

La maniaque du contrôle qu'elle est affirme avoir tout financé elle-même. "Je n'aime pas dépendre des autres. J'ai fait une estimation, puis je me suis dit: je me lance, on verra bien où ça me mènera. Nous résoudrons les problèmes en cours de route."

Comme chaque pièce est produite en Belgique, les maillots tournent autour des 175 et 200 euros. "Trouver un atelier approprié a demandé de nombreuses recherches, mais j'ai finalement trouvé un atelier de lingerie, où je suis la seule pour qui ils font des maillots. Et même s'il y a les bonnes machines, il n'a pas été simple de tout faire comme je le souhaitais, mais j'y suis finalement parvenue."

Sempre insieme
Carolina Pizzutilo est une femme optimiste. Une deuxième collection est en préparation (elle voudrait commercialiser une série de maillots par an) et, comme elle tient à continuer à travailler dans le secteur créatif, elle espère qu'elle pourra combiner ses deux activités. "J'espère que ce sera un peu plus calme, parce qu'en ce moment, je travaille jour et nuit! Je rêve d'une finca où je vivrais avec mon chéri, deux chiens et un bébé et où je pourrais travailler tranquillement sur la collection." Mais elle reconnaît que les choses ne sont pas sur le point de se calmer: en plus des maillots de bain, elle va lancer une ligne de bikinis et une ligne de homewear.

Quand sera-t-elle donc satisfaite? "Je voudrais que la femme qui porte Anna Maria Blanco se sente bien et soit fière de son corps. Le jour où j'en verrai une porter un de mes maillots de bain... quelle joie! Mais je ne serai vraiment satisfaite que quand ma mère me fera signe de là-haut pour me dire qu'ils lui plaisent." Elle murmure: "Sempre insieme - ieri, oggi e domani." Soit pour toujours ensemble, hier, aujourd'hui et demain.
www.annamariablanco.com

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