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Oceans, nouveau label belge, positivise le sens de 'nager dans le plastique'

Les imprimés font référence aux problèmes liés à la pollution du plastique dans les océans: mini-bouteilles en plastique dans des tortues ou squelettes de poisson. ©rv

Il faisait carrière dans le monde financier, mais ressentait le besoin de participer à un projet ‘green’. Thibault Delbarge a donc lancé Oceans, une collection de shorts de bain, fabriqués à partir de déchets plastiques. "Pour ma génération, c’est naturel de prendre des initiatives pour l’environnement."

On parle beaucoup des déchets en plastique dans les océans pour le moment. "WTF are you doing to my oceans?": le chanteur Pharrell Williams n’y est pas allé par quatre chemins il y a deux ans, lors du lancement de la collection ‘G-Star Raw for the Oceans’. Malgré des chiffres alarmants, la quantité de déchets ne fait qu’augmenter: chaque année, 8 millions de tonnes de plastique se retrouvent dans les eaux des océans. Les documentaires épouvantables et les nouvelles quelque peu flippantes sont relayées par la presse, et se suivent sans nous épargner. Récemment, en Thaïlande, une baleine est morte après avoir avalé huit (!) kilos de plastique.

Heureusement, en marge de cette réalité et de l’indignation qu’elle suscite, certains agissent, tant au niveau mondial que local. Entre l’initiative flamande ‘Mei Plasticvrij’ (mai sans plastique) et les débats au niveau européen sur l’interdiction des pailles, des cotons-tiges et des couverts jetables, le Belge Thibault Delbarge a lancé une marque, Oceans, bannière d’une première collection de shorts de bain dont le tissu est fabriqué à 100% avec du plastique recyclé. Innovant, pas révolutionnaire, mais utile.

©rv

 

En plus de ‘G-Star Raw for the Oceans’, des acteurs économique majeurs, comme Adidas, Patagonia, Rains et The North Face, testent également le recyclage du plastique qu’ils transforment en vêtements et en chaussures. "Je souhaite contribuer à ma façon à réduire la montagne de plastique avec un produit créatif, porteur d’un message positif", précise Delbarge. Son ambition n’est pas de faire fortune. "Il y a déjà beaucoup d’ONG qui font un travail fantastique. Je souhaite les soutenir en leur reversant les bénéfices générés par ma marque Oceans."

Magie, beauté et sérénité

Quand la mer a été pendant des années votre terrain de jeu, la pollution des océans vous touche particulièrement. "J’ai vécu au Coq, à deux pas de la plage, jusqu’à 18 ans", raconte Delbarge. "La mer faisait partie de ma vie, tous les jours: parfois juste en tant qu’environnement, mais le plus souvent pour mes loisirs. Quand je pars en vacances, c’est à la mer. Je ne rate jamais l’occasion d’aller sur un bateau. Je me sens bien dans, sur et à proximité de l’eau. La mer est une oasis de magie, de beauté et de sérénité." Aussi loin qu’il s’en souvienne, quand il va à la plage, il ramasse tout ce qui traîne; c’est un automatisme.

«Des recherches révèlent que le monde financier est le secteur le moins intéressé par la durabilité. Mais ça bouge», avoue Thibault Delbarge. ©rv

Quand les voyages sont devenus sa passion, il a réalisé l’importance de ce problème. "Dans des endroits comme Bali et l’Ile Maurice, les déchets sont brûlés ou jetés à la mer, sans le moindre scrupule. Il y a aujourd’hui des lieux où toute vie a disparu. C’est terrible de le constater de ses propres yeux! Chez nous aussi, il y a du pain sur la planche. Trop de personnes minimisent le problème et haussent les épaules quand on leur parle d’initiatives pour lutter contre le plastique ou d’opérations de nettoyage des plages. Malgré tout, je sens que ma génération -j’ai 30 ans- et la génération suivante sont beaucoup plus conscientes du problème et trouvent qu’il est tout à fait naturel de prendre des initiatives pour la protection de l’environnement."

Forum sur la durabilité

Même si le jeune homme commercialise un produit ‘green’, cette image semble être un sujet sensible. "Je ne prétends pas être ‘vert’: je dirais plutôt que je suis un jeune qui a le cœur ‘vert’. Cela fait des années que j’applique certains principes dans ma vie quotidienne: pas de bouteilles d’eau ni de sacs en plastique, et j’achète mes produits en vrac. Je suis à la fois conscientisé et ambitieux."

Trop de personnes minimisent le problème et haussent les épaules quand on leur parle d'initiatives pour lutter contre le plastique.

Thibault Delbarge n’est pas souvent chez lui pour raisons professionnelles. Il est business development manager pour une firme qui propose des services de gestion patrimoniale dans le monde entier, et dont il préfère taire le nom. Un jeune financier qui agit en faveur de l’environnement ne fait-il pas le grand écart entre deux mondes que tout oppose?

"Des recherches menées par la banque d’affaires américaine Morgan Stanley révèlent que le monde financier est le secteur le moins intéressé par la durabilité", explique-t-il. "Mais ça bouge: dans mon entreprise, nous gérons près de 30 milliards d’euros d’investissements durables. Je discute aussi avec mes clients de la nécessité de faire des investissements socialement responsables. Le ‘dieselgate’ illustre à merveille à quel point il est devenu indispensable de penser à l’avenir.

De plus, cela fait deux ans que j’organise un forum sur la durabilité qui réunit banquiers privés, asset managers et wealth managers. La première année, nous avons accueilli 70 participants; l’année dernière, nous étions 100. Oceans est un beau projet pour promouvoir la durabilité dans mon milieu professionnel."

Écoluxe élégant

Le design de ces shorts est réalisé en Belgique, leur production ainsi que la transformation du plastique en tissu se font en Turquie. "Un de mes anciens condisciples m’aide à développer ce projet et assure le suivi de la production." La vente en ligne vient de commencer en Belgique et il ambitionne de la lancer aussi à l’étranger: "À Dubaï, Sydney, Le Cap ou San Francisco, l’été dure bien plus que deux jours."

Cet expert en finances l’est aussi en marketing: il a tout prévu dans les moindres détails. Le logo fait référence à une vague et au recyclage. Les motifs des shorts sont une illustration du problème du plastique: il y en a avec des bouteilles en plastique dans des tortues de mer et d’autres avec des squelettes de poissons.

"Ceux qui achètent mes shorts font le choix conscient d’un produit recyclé, même si cela ne se sent pas au niveau de la qualité. Ce message passera mieux si les shorts sont portés et, pour cela, ils doivent être élégants. Je voulais créer un modèle avec lequel on puisse se rendre au bar de la plage ou à porter avec une chemise." Nous avons une petite idée de la tenue qu’il portera l’année prochaine, lors de la troisième édition de son forum sur la durabilité.

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