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Défilé en temps de confinement: Barbie présente la nouvelle mode estivale

Caroline Helsen réplique des looks de défilés pour la garde-robe de ses Barbie. ©Athos Burez

Organiser un shooting durant la période de confinement n'est pas chose aisée. Mais pour la Belge Caroline Helsen, c'est finalement une opportunité: pour la première fois, ses vêtements de poupée font l'objet d'un véritable shooting. Avec ses mains en or, elle a reproduit les silhouettes de ses défilés préférés en miniature.

Les premiers vêtements étaient destinés à remplacer l’affreuse garde-robe rose des poupées Barbie de sa sœur. Aujourd’hui, Caroline Helsen (19) crée des silhouettes en miniature dignes d’un défilé de mode qui, publiées sur Instagram, impressionnent même de grands créateurs. “Quand Kim Jones de Dior m’a envoyé un message personnel pour me remercier, mon smartphone m’est tombé des mains.”

Vêtements de Barbie

la mannequin belge Caroline Helsen a créé le compte Instagram McCarbie. ©Jorre Janssens

“Je jouais aux poupées Barbie avec ma petite sœur, de deux ans ma cadette. Mais, à la longue, nous n’aimions plus leurs vêtements”, se souvient Caroline Helsen. Il y a une raison à cela: dans les années soixante, quand les rêves de Barbie n’allaient pas plus loin que son jardin, ses tenues étaient parfaites.

Depuis, son univers et ses ambitions se sont élargis (aujourd’hui, il y a une Barbie biologiste marine!) et c’est là que son esthétique a commencé à laisser à désirer et les robes du soir en soie d’il y a soixante ans ont fait place à du made in China en polyester bon marché issu du “marketing rose”.

Caroline Helsen a décidé que jouer avec Barbie ne pouvait être crédible que si elle portait des vêtements qui font envie! “J’ai commencé très simplement, avec un t-shirt et un pantalon que j’avais cousus moi-même. Je suis autodidacte, je n’ai jamais suivi de cours de couture. Ensuite, je me suis mise à reproduire des vêtements que j’avais vus dans des magazines de mode et des pièces présentées lors des défilés couture.”

Gauche: Robe du soir, Valentino Couture, prix sur demande. Droite: Blouse et mini jupe, Dries Van Noten, 535 euros et 695 euros. Chapeau, Prada, 650 euros. ©Athos Burez

Collections miniatures

Ce qui a commencé par une veste bleue et un pantalon à carreaux de la collection printemps-été 2017 Prada est devenu une garde-robe de cinquante répliques, réalisées avec la plus grande minutie: Dior, Louis Vuitton, Loewe, Celine… Et a conduit à la création, en 2017, du compte Instagram McCarbie, un nom qui n’est pas une critique de la silhouette de Barbie - à qui l’on donnerait volontiers un peu plus de carbs (hydrates de carbone en anglais) -, mais la contraction de son prénom Caroline et de Barbie.

Blouse manches ballon, débardeur, min jupe et ceinture, Louis Vuitton, 1.650 euros, 1.550 euros, 2.580 euros et 510 euros. ©Athos Burez

Cette période de confinement et de distance sociale a un avantage pour l’Anversoise: pour la première fois, ses vêtements de poupée sont présentés dans le cadre d’un véritable shooting mené par Sabato. En effet, toutes les silhouettes de designer portées par les Barbie sur cette page ont été réalisées par ses soins.

En termes d’heures de travail, la jeune femme n’a pas à rougir face aux petites mains, les couturières qui font des merveilles dans les ateliers de haute couture. Elle fait tout à la main, même ses imprimés, de véritables petits tableaux. Elle reproduit également tous les accessoires en carton peint.

La confection d’une tenue, y compris le dessin des patrons, prend environ deux semaines. “Mon plus grand défi a été un tailleur Chanel blanc de la collection printemps-été 2019. J’ai brodé à la main le motif à carreaux: cela m’a pris deux mois!”

T-shirt, mini jupe en tissu de mouchoir, chapeau et collier de coquillages, Prada,420 euros, 640 euros, 650 euros et 850 euros. ©Athos Burez

Mini-luxe durable

Habituellement, ses looks apparaissent sur sa page McCarbie quelques semaines après les défilés: jupes à franges avec imprimés géométriques (Prada), brocart avec tablier en denim (Loewe), blazer oversized imprimé zébré (Dries Van Noten), haute couture en satin et plumes (Valentino Couture). 

Chemisier, sweater, jeans et sac à main, Marc Jacobs, prototypes de défilé sauf le sweater, 830 euros. ©Athos Burez

Et ce mini-luxe est un exemple de durabilité: hormis les aiguilles, le fil, la colle et quelques éléments décoratifs, elle n’achète rien. “Quand je regarde les défilés sur internet, j’observe les tissus: que me reste-t-il à la maison, avec quoi puis-je travailler?”

La plupart des tissus sont recyclés de vieux vêtements d’amis et de connaissances. “Bon, il arrive aussi que quelque chose disparaisse de la garde-robe de ma sœur”, s’exclame-t-elle en riant. Et certaines créations de tissus de marques de luxe sont si exceptionnelles qu’elle n’a d’autre choix que de les reproduire en peinture.

Sa persévérance est peut-être encore plus louable que la sûreté de sa main. “Il faut surtout pouvoir travailler longtemps et rester concentrée. Ça peut paraître lassant, mais je ne m’ennuie jamais. Durant cette période de confinement, c’est pratique!”

Robe de soirée satin et plumes, Valentino Couture, prix sur demande. ©Athos Burez

Vogue et Marc Jacobs

Ses créations sont de plus en plus souvent repérées par les insiders du monde de la mode. Des grands magazines tels que Love Magazine et Vogue Italia ont déjà présenté des photos de ses créations, accompagnées d’une courte interview. Ce qui lui a valu une foule de nouveaux fans et non des moindres. “Quand des créateurs comme Marc Jacobs apprécient une de mes silhouettes, c’est génial”, s’exclame-t-elle, rayonnante, face à sa caméra FaceTime.

Même le célèbre critique Diet Prada est fan. Alors que ce compte Instagram s’est fait une spécialité dans la dénonciation des copies (il se qualifie d’"Instagram’s online fashion police"), Diet Prada s’est enthousiasmé pour les répliques de la jeune Belge. Tout comme Kim Jones, le créateur de Dior Homme, qui l’a fait connaître à ses abonnés. “Quand il m’a envoyé un message personnel pour me remercier de mon beau travail, mon smartphone m’est tombé des mains.”

Blouse en dentelle, robe et bas, Loewe, prix sur demande. ©Athos Burez

Devenir mannequin

Pour l’instant, les collections miniatures d’Helsen ne cachent aucun business model. Récemment, elle a offert un ensemble à sa cousine. “Il s’agissait d’un ensemble de Maison Margiela dont elle était fan. Mais c’est une exception: une fois que je les ai photographiés portés par une poupée Barbie, mes vêtements sont rangés dans une boîte et je les garde pour moi.”

Blouse, jupe western et ceinture, Celine, 2.300 euros, 1.650 euros et 650 euros. ©Athos Burez

Les petites filles grandissent. L’année dernière, la jeune femme a mis sa première année d'étdudes de droit sur pause pour se lancer dans le monde grandeur nature de la mode, mais pas comme couturière ni comme styliste dans une maison de couture: plutôt que de créer des vêtements, elle préfère les porter.

“Je n’ai jamais rêvé de devenir mannequin”, explique-t-elle. “J’apprécie surtout les personnes créatives et les vêtements, et ce travail me permet de les découvrir, aux premières loges.” Il y a de fortes chances que ses deux carrières dans la mode finissent par se croiser. “Si je fais un beau défilé, j’en profiterai certainement pour faire une version miniature des vêtements que j’aurai présentés!”

CARNET D’ADRESSES:

Les vêtements miniature ne sont pas à vendre, les originaux sont disponibles: Celine, www.celine.com; Dries Van Noten, www.driesvannoten.com; Gucci, www.gucci.com; Loewe, www.loewe.com; Louis Vuitton, www.louisvuitton.com; Marc Jacobs, www.marcjacobs.com; Prada, www.prada.com; Valentino, www.valentino.com 
Meubles miniature et grandeur nature: Knoll, www.knoll-int.com; Vitra, www.vitra.com

 

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