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Deux nouveaux venus de la mode qui ne passeront pas inaperçus

©Martina Bjorn

Nouvelle marque ou relance, le coup d’envoi de la nouvelle saison est donné.

1. Octogony: la géométrie de Charbel Abou Zeidan

Comme le Liban ne proposait pas de formation de mode, Charbel Abou Zeidan est devenu designer. "Comme je ne voulais pas perdre mon temps, j’ai étudié l’architecture d’intérieur tout en me plongeant dans la photographie: je me suis concentré sur les coulisses du Liban des années 1990. Je voulais connaître l’envers du décor de la mode."

Charbel Abou Zeidan a étudié le design avant de faire ses premiers pas dans la mode. Il signe une collection de maroquinerie pour la nouvelle marque octogony.

L’architecte d’intérieur et photographe est finalement devenu créateur grâce à Nicolas Jebran. Le couturier libanais, qui compte Beyoncé et Lady Gaga parmi ses fans, a été stupéfait lorsqu’il a découvert les dessins détaillés que Zeidan réalisait pour illustrer son portfolio de photos. "Il m’a demandé qui les avait faits. Quand j’ai répondu ‘moi’, il m’a proposé un job de créateur dans son atelier."

Références?

Trois ans plus tard, Zeidan passe chez Elie Saab, la maison de couture libanaise célèbre pour ses somptueuses robes de princesse. "Quand j’ai commencé là-bas, l’atelier était dans la dernière ligne droite avant son défilé haute couture. Elie Saab m’a demandé si je pouvais créer trois robes pour la cérémonie des Oscars. Et elles se sont toutes les trois retrouvées sur le tapis rouge, dont une portée notamment par Felicity Huffman, à la grande époque de ‘Desperate Housewives’. Cela m’a donné de la crédibilité et de l’assurance."

Zeidan a travaillé pendant plus de dix ans pour la maison Elie Saab, dans laquelle il a introduit des formes géométriques et des imprimés ‘space invader’. Et puis, l’amour a fait dévier sa route pour le mener à Courtrai.

Octogony Muse Black ©Martina Bjorn

Nouvelle orientation?

Roomy

En mars 2020, Zeidan est passé de l’habillement à la maroquinerie: il est le directeur artistique d’une nouvelle marque belge, Octogony. La boucle est bouclée: l’architecture se glisse dans ses créations grâce au bâtiment qui accueille l’espace de coworking Fosbury & Sons à Bruxelles. En 2019, alors que le créateur patiente dans le lobby pour un entretien d’embauche avec Marie Mys (CEO de la marque de sacs Clio Goldbrenner), qui cherchait un designer pour une deuxième marque plus haut de gamme, il a une révélation: "Job ou non, je devais absolument faire quelque chose avec ce bâtiment, car il avait toutes les caractéristiques que j’aime en architecture: le brutalisme et les années soixante."

Quoi?

Aujourd’hui, les fenêtres octogonales arrondies du joyau de Constantin Brodzki se retrouvent dans les formes, le logo et le nom de la marque de maroquinerie créée par Zeidan pour Marie Mys. La première collection d’Octogony - composée de sacs à main, sacs de voyage et bijoux -, sera disponible en septembre. À l’instar d’un bâtiment, Octogony se compose de blocs de construction: une pochette qui se fixe à un tote bag, lequel peut être combiné avec un autre sac. Pour que le jeu soit réussi, les couleurs aussi sont assorties.

Indispensable automne-hiver 2021?

"Je suis né en 1978 et j’ai joué aux Legos et à la console Atari. Tout ce que je fais doit être multifonctionnel", déclare Zeidan. "C’est pourquoi je choisis le ‘Roomy’ en association avec la pièce ‘Iconic’, ce qui me permet d’avoir à la fois un grand sac que je peux emporter partout et une pochette pour me rendre à un lunch d’affaires, par exemple."

De 295 euros pour la pochette "Trilogy" à 1.350 euros pour le tote bag "Bloomy XL". www.octogony.com ou le point de vente JAMES x Basile à Nieuwpoort

CAP Studio: la renaissance d’Eduard Both

CAP, soit Creative Anonymous Projects, mais l’homme qui se cache derrière cet acronyme est tout sauf un acteur anonyme de l’univers de la mode. La marque a été lancée il y a quelques années déjà: Eduard Both l’a fondée en 2017, pendant ses études au département mode de l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers. "Pendant mes études, je me suis surtout consacré à l’aspect créatif. Avec CAP, j’avais aussi envie d’explorer le côté commercial de ce type de marque."

©Michaël Smits

Références?

Suite à la rencontre avec un fabricant français de chaussettes, Both se spécialise dans la maille industrielle. CAP a bénéficié d’une reconnaissance internationale, mais, tant sur le plan financier que commercial, Both sentait qu’il manquait d’expérience. "Un peu plus tard, quand on m’a proposé un poste chez Miu Miu, je n’ai pas hésité et CAP a été mis sur pause, provisoirement."

Chez Miu Miu, le designer a l’occasion de découvrir ce que signifie travailler au sein d’une équipe créative. En tant que free-lance, il a également commencé à travailler pour les marques Ports 1961, Meryll Rogge et Bernadette.

Renaissance?

Les "Anonymous Projects" repris dans le nom de la marque font référence aux fabricants avec lesquels Both travaille. C’est une première rencontre avec un fabricant de chaussettes qui a donné naissance aux premières collections CAP. Aujourd’hui, c’est une autre collaboration intéressante avec d’autres artisans qui a déclenché la renaissance de CAP. "Quand je vivais à Milan, j’allais toujours acheter mes chemises dans une petite boutique pour homme. Par le plus grand des hasards, j’ai engagé la conversation avec le fabricant et c’est ainsi que m’est venue l’idée de concevoir une collection de chemises."

La collection CAP shirt ne s’adresse ni à un âge ni à un genre en particulier. ©Michaël Smits

Quoi?

Une collection de chemises neutre en termes de genre et indéfinie en termes d’âge. Avec des imprimés, des broderies, des plissés et des sérigraphies. Conçue à Anvers, produite en Italie et basée sur le système de tailles japonais (taille 1,2,3), dans lequel tout le monde se retrouve.

Les chemises suivent le système de mesure japonais (taille 1,2,3). ©Michaël Smits

Indispensable automne-hiver 2021?

"La chemise ‘bowling’ est une pièce qui est très représentative de cette collection. La chemise est ornée de broderie anglaise et sertie de perles. C’est très subtil, mais cet article illustre bien ce que peut donner l’alliance entre ma créativité et le savoir-faire de bons artisans."

La collection automne-hiver de CAP Studio est disponible chez Renaissance, Sketch et le site de la marque. De 356 à 765 euros. www.capstudio.be

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