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Kate Moss lance sa collection de haute joaillerie

Kate Moss a créé une collection de bijoux très personnelle. ©Marin Laborde

Kate Moss collectionne les bijoux anciens depuis ses débuts dans le mannequinat, à 14 ans. Aujourd’hui, elle lance avec Messika une collection inspirée de sa propre boîte à bijoux.

Rien n’échappe à Kate Moss: dès que j’entre dans son agence de mannequins, où se déroule notre entretien, elle remarque mes boucles d’oreille et identifie directement leur créatrice: "J’y étais hier, j’adore ce qu’elle fait!" La mannequin de 46 ans est hâlée, vêtue d’un jeans flared et d’un chemisier noir soyeux.

Elle a passé le confinement dans sa maison des Cotswolds avec sa fille Lila Grace, 18 ans, le photographe Nikolai von Bismarck, 33 ans, son compagnon depuis cinq ans, sa demi-sœur Lottie et son meilleur ami, le coiffeur James Brown. Elle est soulagée d’être de retour à Soho, mais reconnaît avoir trouvé la sortie du confinement difficile.

"Au début, je ne voulais voir personne. Je me disais: ‘Comment ça, je dois aller dîner?’" Aujourd’hui, la voilà de retour à Londres, où elle a assisté aux soirées de la Fashion Week et fait un saut à l’Alfies Antique Market pour y dénicher des bijoux vintage, son passe-temps favori. "Je les ai achetées hier", déclare-t-elle en secouant la tête pour faire scintiller ses nouvelles boucles d’oreille. "Chaque fois, je ne peux m’empêcher de me dire: ‘Allez, une une petite paire...’ "

"Valérie Messika pensait que je serais plus rock 'n roll, mais mon style est plus bohème et éclectique."
Kate Moss

Elle porte également un pendentif en diamants d’Annina Vogel, une bague en diamants chinée à Istanbul, quelques bracelets indiens et, au majeur de la main gauche, une bague vintage en émeraude et diamants, la seule qu’elle porte tous les jours. C’est un cadeau de son compagnon, mais ce n’est pas une bague de fiançailles.

"Oh, non, je ne suis pas fiancée! Disons plutôt que je suis dans une relation. Après mon mariage, ce doigt se sentait un peu nu. C’était un cadeau du genre: ‘Je sors avec toi et mon doigt est vraiment nu, alors offre-moi une bague!’", explique-t-elle en riant.

Collaboration avec Messika

Parmi ses trésors, plusieurs pièces de haute joaillerie de sa nouvelle collaboration avec Messika. Avec Joan Smalls et Sylvia Hoeks, Moss a été l’égérie de la campagne 2019 du joaillier parisien. Et le courant est passé avec sa fondatrice, Valérie Messika. Bien qu’elle ait déjà créé des collections avec le joaillier brésilien Ara Vartanian, en 2017, et avec la maison française Fred, en 2011, ce partenariat inspiré de ses propres bijoux est le plus personnel de la Britannique.

Kate Moss et Valérie Messika dans l’atelier. la collection compte septante pièces. ©Marin Laborde

"J’avais apporté quelques boîtes lors de notre première rencontre, et nous nous sommes beaucoup amusées à les regarder", explique-t-elle. "Valérie était surprise de constater que la plupart de mes bijoux sont anciens. Elle pensait que je serais plus rock ‘n’ roll, mais mon style est plus bohème et éclectique."

Ce qui a représenté un défi pour Messika, dont les bijoux en diamants contemporains sont portés par des célébrités - Beyoncé, Bella Hadid et Emily Ratajkowski. En 2017, la maison a fait appel à Gigi Hadid pour co-créer une "entrée de gamme", des pièces que la fille de Kate adore. Par contre, la collection Messika by Kate Moss est composée de bijoux de grande valeur, dont les prix sont communiqués uniquement sur demande et affichent cinq à six chiffres.

Un volet Art déco présente des diamants géométriques taille baguette (les préférés de Moss) sertis dans des boucles d’oreille, bagues, bracelets et colliers en or jaune. "J’ai beaucoup de pièces Art déco - j’adore la décadence de cette époque. J’aime aussi beaucoup la décadence genre hippie de luxe des années 70."

"J’emporte toujours des bijoux en vacances, j’adore les porter à la plage et dans la mer."
Kate Moss

C’est ce qui explique le bijou de tête serti de diamants, avec une frange de baguettes entre les sourcils, inspiré d’une photo de Moss prise par Annie Leibovitz en 1999. Autre clin d’œil à sa période de gloire: la présence de rangs de diamants, négligemment attachés autour du cou, du doigt ou du poignet, précieuse apparition sur le cuir qu’elle portait lors d’un shooting de Peter Lindbergh.

Messika a aussi recréé un collier de perles de verre années 20 en diamants. La passion de Moss pour les émeraudes s’exprime dans une parure ornée de malachite verte, tandis que son amour des bijoux indiens se manifeste dans des colliers plastron en diamants, une boucle d’oreille reliée par des chaînes en diamants à un anneau de nez, et une épinglette digne d’un maharaja.

La collection "Messika by Kate Moss" donne un aperçu des goûts en la matière du mannequin britannique. ©Marin Laborde

Bijoux anciens

Kate Moss collectionne les bijoux anciens depuis ses débuts dans le mannequinat, à 14 ans. Lors d’un voyage, elle a découvert les bijoux indiens: "Je suis allée à Jaipur et au Rajasthan où toutes les filles étaient couvertes de bijoux incroyables. J’ai commencé à en acheter, et après, il m’a fallu la magnifique trousse à bijoux Gucci pour ranger tout ça."

"Quand je suis rentrée, j’ai dit à mon ami: ‘Attends de voir les bijoux que j’ai achetés en Inde!’ Mais ils avaient tous disparu, volés! C’était déprimant -il y avait là des pièces auxquelles je pense encore aujourd’hui."

Pas question d’être intimidée par les bijoux, je dois sentir qu’ils font partie de moi. Même mes belles pièces, je les porte tout le temps.

Ce n’est pas son seul chagrin lié aux bijoux. L’alliance de sa grand-mère (le seul "héritage" qu’elle ait jamais eu) a également été volée, ainsi qu’un bracelet Art déco de Cartier qu’elle avait acheté chez SJ Phillips à Londres -mais ce dernier lui est revenu.

"J’emporte toujours des bijoux en vacances, j’adore les porter à la plage et dans la mer", explique-t-elle. "J’avais pris ce bracelet en Thaïlande, et on me l’a volé. Il a été vendu à quelqu’un en Inde, qui est venu à Londres et l’a revendu à SJ Phillips. Comme il était poinçonné, on a pu l’identifier comme étant le mien. Ils m’ont appelée et m’ont dit: ‘Nous avons votre bracelet’. Et ils me l’ont rendu!"

Pour chacun de ses anniversaires, elle se rend chez le spécialiste de bijoux anciens pour choisir quelque chose de nouveau - heureusement, Von Bismarck, qui a tourné la campagne Messika by Kate Moss, est généreux.

"J’aime faire du shopping bijoux avec Nikolaï, il est à fond là-dedans. Je pense que certains hommes prennent autant de joie à offrir des bijoux que nous à en recevoir." Par contre, il n’est pas intéressé par les bijoux pour homme. "J’aime quand les hommes portent des bijoux, comme une belle chaîne, mais pas Nikolaï: ce n’est définitivement pas son truc."

Une autre des pièces les plus précieuses de la supermodèle lui vient de son ex, Jefferson Hack, le père de sa fille. "Quand Lila est née, Jefferson m’a acheté une superbe bague en diamants. Je la lui donnerai un jour: elle aime les bijoux girly."

Diamants portables

Elle s’est offert la majorité de sa collection, créée selon l’éthique de Valérie Messika, soit de proposer une ligne de bijoux en diamants contemporaine. "J’achète beaucoup pour moi", reconnaît Moss.

"Parfois, c’est pour marquer une étape, mais, la plupart du temps, c’est juste quand je vois quelque chose qui attire mon attention. J’ai une grosse bague avec un diamant  rose qui est une pièce assez... affirmée!", sourit-elle. "Je l’ai achetée en guise de célébration: je me suis offert un cadeau parce que j’avais accompli quelque chose."

La mission de Messika, rendre les diamants portables, est un autre terrain d’entente. Tout comme Moss, Valérie Messika n’a rien contre associer la haute joaillerie à un jeans ou à un jumpsuit. "Pas question d’être intimidée par les bijoux, je tiens à sentir qu’ils font partie de moi. Même mes belles pièces, je les porte tout le temps: je ne veux pas qu’elles restent dans une boîte, loin des yeux, loin du cœur."

Alors qu’elle s’extasie sur les bijoux que je porte et que nous parlons de nos créateurs préférés, il est clair que les bijoux sont une véritable obsession pour cette native de Croydon. D’où lui vient-elle? "Quand j’étais petite, je voulais tellement une bague que je gardais toujours le plus petit cadeau de Noël pour la fin, dans l’espoir que ce soit une bague, mais ça n’a jamais été le cas. Je sais, pauvre de moi!"

Cela pourrait expliquer pourquoi elle préfère porter ses propres bijoux sur le tapis rouge. Elle n’est cependant pas opposée au prêt de marques, mais à une condition: "Je ne le ferai pas si je dois être suivie par un agent de sécurité. Une amie l’a fait et, dès que la soirée s’est terminée, ils l’attendaient à la porte pour lui enlever tous ses bijoux. C’est tellement gênant… Vous montez dans la voiture et vous n’avez plus rien sur vous. C’est affreux!"

Tous les infos sur la collection Kate Moss x Messika sur messika.com.

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