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Le chic des classiques

Le parfum préféré de Marilyn Monroe fête son anniversaire. Chanel N°5, alors aussi emblématique que l'icône pop, a 100 ans. © Chanel

Ces grands classiques n’ont pas seulement un anniversaire à fêter, ils sont également un beau cadeau pour la fête des mères.

1. Chanel N°5

Aujourd’hui, il est difficile de réaliser à quel point le N°5 était révolutionnaire lors de sa création, en 1921.© Mathieu Trautmann

Historique: Depuis que Marilyn Monroe a confié ne porter pour dormir que quelques gouttes de Chanel N°5, ce parfum n’a guère plus besoin d’être présenté. Nous le ferons quand même, car son flacon renferme plus que la fragrance favorite d’une icône des fifties.

Aujourd’hui, il est difficile de réaliser à quel point le N°5 était révolutionnaire lors de sa création, en 1921. Le nombre de premières liées à ce parfum est impressionnant. Par exemple: dès 1913, Gabrielle Chanel est l’une des premières à habiller les femmes avec des tenues inspirées du vestiaire masculin et, en donnant son nom au N°5, elle est également la première à joindre le parfum à la couture. Ce n’est que plus tard que les grandes maisons de mode en optent pour ce modus operandi (et accélérateur de profit). Ce parfum est aussi le premier à avoir combiné des fleurs -ylang-ylang, jasmin et rose de mai- avec une molécule chimique, l’aldéhyde. Contrairement aux doux parfums en vogue à l’époque, le Chanel N°5 joue la carte du fonctionnalisme ultramoderne: nom sobre et flacon géométrique. Un style qui, cent ans plus tard, fait toujours sa force.

ADN: Le flacon de ce classique a toujours son cabochon octogonal scellé à la main par un cachet de cire noire.

Anecdote: Le N°5 ne doit pas son nom au nombre d’ingrédients utilisés, mais à son numéro dans la série d’échantillons que lui avait soumis le parfumeur Ernest Beaux. C’était également le chiffre porte-bonheur de la superstitieuse Coco.

N°5, Chanel, 139 euros, les 100 ml.

2. Juste un Clou, de l'outil du bricoleur au bijou culte

Cinquante ans après sa création, "Juste un Clou" est toujours un design rebelle.

Historique: Aujourd’hui, tout est permis au nom de la mode, mais, à la fin des années 60 et au début des années 70, Cartier faisait figure d’avant-gardiste. Et ce, grâce à Aldo Cipollo, créateur chez le joaillier à New York depuis 1969.

On lui doit notamment le célèbre "Love Bracelet", qui ne peut être retiré qu’à l’aide du mini tournevis livré avec le bracelet, symbole de l’amour éternel. Ce bijou fit sortir la haute joaillerie de ses marques, car la fermeture du bracelet est si laborieuse qu’il en devient un bijou à porter au quotidien.

Trois ans plus tard, Cipollo va un pas plus loin dans ce port au jour le jour. Grand amateur de bricolage, il transforme un simple clou en bijou culte. Cinquante ans plus tard, «Juste un Clou» reste le summum du cool décontracté. Comment décrire autrement ce clou en or jaune, blanc ou rose 18 carats, serti ou non de diamants?

ADN: La fermeture du bracelet est ingénieuse: les branches s’ouvrent grâce à un fermoir invisible. Aujourd’hui, le bracelet est complété par une collection comprenant bagues, boucles d’oreilles et colliers.

Anecdote: Le bracelet, qui s’appelait "Nail Bracelet", a pris le nom de "Juste un Clou" quand la ligne fut relancée en 2012.

Juste Un Clou, Cartier, À partir de 3.250 euros le bracelet.

3. Le mocassin de 1953, un souvenir du Gucci du siècle dernier.

Le mors de cheval sur les Gucciloafers est un clin d'œil aux milieux aristocratiques britanniques qui ont inspiré Guccio Gucci à créer sa propre marque en 1921. ©Gucci

Historique: Sans la Grande-Bretagne, il n’aurait pas été question de Gucci. En effet, c’est le glamour british des clients de l’hôtel Savoy, à Londres, qui a incité Guccio Gucci, un immigrant italien qui y officiait comme groom, à se projeter dans le luxe. Après avoir affiné son goût, Gucci, de retour à Florence, ouvre un commerce de maroquinerie en 1921 où il s’inspire des bagages que cette clientèle cosmopolite trimballe de palace en palace. Grâce à ses relations, il produit bientôt des articles pour le beau monde britannique, y compris des selles pour les aristocrates fous d’équitation. Le mors, emblême de la maison Gucci, n’est donc pas un choix fortuit, mais une référence historique aux débuts d’une entreprise qui allait devenir une des plus grandes marques du luxe. Il n’est dès lors pas étonnant qu’un mors orne le "Mocassin à mors 1953 en cuir". Ce classique, que son fils Aldo a lancé peu après le décès de son père, est un indémodable depuis sa création (1953 NDLR).

ADN: Avec un mors plaqué or, ce mocassin au bout en cuir strié présente des points de couture de taille variable révélant qu’il est fabriqué à la main.

Anecdote: La maison Gucci a fêté son centenaire en organisant un défilé regorgeant de clins d’œil historiques.

Mocassins à mors 1953 en cuir, Gucci, 590 euros.

4. 101801, le succès en couleur camel de Max Mara

101801 est le manteau de base de Max Mara et, comme le trench coat, il trouve ses origines esthétiques dans l'uniforme des soldats britanniques de la Première Guerre mondiale. ©Max Mara

Historique: En 1951, Achille Maramotti est le premier Italien à renoncer à exercer la profession d’avocat pour entrer dans la mode, faisant de la marque Max Mara le premier acteur de la mode transalpine à produire des vêtements de luxe à échelle industrielle.

Max Mara célèbre aujourd’hui deux anniversaires. Si la maison septuagénaire, en véritable «Ford de la mode», modernise le processus de production, le manteau "101801" est sa Ford T. Cet iconique pardessus camel fête ses quarante ans.

Contrairement aux modèles français et allemands, les manteaux militaires britanniques n’avaient pas de ceinture, mais tombaient de l’épaule. En 1981, cette élégante silhouette restée en vogue après la Première Guerre mondiale inspira à la créatrice Anne Marie Beretta le «manteau des manteaux» de Max Mara. Le "101801" est traditionnellement proposé dans un mélange de laine et cachemire camel, double rangée de boutons et larges revers. Zéro fantaisie, total succès: pratiquement inchangé et toujours un best-seller, il semble peu probable que ce modèle puisse se démoder un jour.

ADN: On reconnaît un "101801" à sa coupe oversize, ses larges revers et sa double rangée de boutons. Le vrai classique, le basique des basiques de luxe, est camel.

Anecdote: Si la deuxième partie du nom Max Mara est clairement un dérivé de Maramotti, Max est un clin d’œil à un élégant aristocrate italien local haut en couleur.

Détail des croquis originaux 101801 de 1981.

101801, manteau en laine et cachemire, Max Mara, 2035 euros.

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