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Le joaillier Repossi donne vie à 15 créations de Robert Mapplethorpe

Bague "Jetty". ©Robert Mapplethorpe Foundation. Used by Permission.

Peu savent que Robert Mapplethorpe, le bad boy de la photo des seventies, a aussi créé des bijoux. Le joaillier parisien Repossi les réinvente dans des matériaux précieux.

Patti Smith, qui a longtemps été la muse du photographe américain Robert Mapplethorpe (1946-1989), porte des anneaux en argent dans l’un des portraits qu’il a réalisés de l’héroïne du punk rock. Des anneaux conçus et réalisés par le photographe lui-même.

D’ailleurs, au début de sa carrière, de nombreux autoportraits de Mapplethorpe mettent en scène ses bijoux rustiques et faits main. Ses longs colliers ornés de toutes sortes d’objets trouvés (dés, pinces de crabe, perles, pattes de lapin) sont ainsi immortalisés sur des photos de lui datant des années 70. Il y a quelques années, son ami David Croland a vendu des pièces qu’ils avaient fabriquées ensemble, chez Sotheby’s à New York.

Une photo de 1970 de Robert Mapplethorpe et son  ami Jay Johnson, avec des bijoux crées par Mapplethorpe. ©Valerie Santagto

Puerto Rico, 1981

Aujourd’hui, l’esprit de ces œuvres a été traduit en joaillerie fine par la maison Repossi, dans une collection de quinze pièces, dont huit sont actuellement exposées au Dover Street Market de Londres, et le seront bientôt à Paris.

Gaia Repossi, directrice de la création du joaillier parisien, a travaillé sur le projet Mapplethorpe pendant trois ans. . ©Dmitry Kostyukov

La joaillière Gaia Repossi est une admiratrice de Mapplethorpe depuis longtemps. Celle qui tient les rênes de la maison de joaillerie familiale depuis ses 21 ans met d’ailleurs la main sur la photographie "Puerto Rico" de 1981 (voir ci-contre). Invitée par la Fondation Robert Mapplethorpe à travailler sur un projet de bijoux inspirés des pièces réalisées à la main par l’artiste, la créatrice s’est lancée dans trois années de recherche et développement.

"Dans les archives de la Fondation Robert Mapplethorpe à New York et les collections d’objets du Getty Center, j’ai visionné une centaine de références et des milliers de petits objets qu’il avait réunis au fil du temps, durant sa première période de travail", explique Repossi.

"Après avoir digéré les archives, je les ai triées selon les thèmes que j’avais pu distinguer dans son emblématique travail photographique ultérieur", poursuit-elle. "Une fois le classement effectué, je me suis mise à esquisser 80 références parmi mes favorites. J’en ai interprété certaines, tandis que j’en ai redessiné d’autres, mais en utilisant des matériaux nobles et certains twists en matière de design. J’ai alors présenté ces esquisses à la Fondation, bien évidemment avec la source de référence correspondante, puis je les ai éditées dans le cadre d’une collection ciblée."

À l’instar des créations de Mapplethorpe, les résultats sont de style très varié -du moins, la première moitié (Repossi m’a expliqué que la seconde moitié, qui sera présentée l’année prochaine, est une surprise). Avec "Jetty", la collection "Antifer" de Repossi se voit réimaginée dans des lignes plus douces: les contours nets ont été lissés et arrondis, tandis que l’or a été brossé afin d’obtenir une patine légèrement usée.

La maison Repossi a créé plusieurs colliers inspirés des créations de Robert Mapplethorpe. ©Jeremy Everett

Lisa Lyon, 1982

La bague "Americana Flag", inspirée par la photographie de 1982 représentant la bodybuildeuse Lisa Lyon, le bras drapé dans un drapeau américain, constitue une interprétation plus littérale de l’œuvre photographique de Robert Mapplethorpe. L’or jaune et noir recrée les rayures, et une plaque de métal se détache de l’anneau pour restituer l’effet drapeau. "Mechanic" est une bague entièrement mobile en or blanc et diamants inspirée d’un des colliers de Maplethorpe.

La bague "Americana Flag". ©Dmitry Kostyukov

"Relic Claw", une pièce de haute joaillerie, est conçue comme un clin d’œil à la prédilection de l’artiste pour toutes sortes d’objets trouvés que Gaia Repossi a pu voir en grand nombre au cours de ses recherches. "Il en avait tellement!", se souvient-elle. "Des griffes de poulet aux pattes de lapin, en passant par des symboles diaboliques, des singes, des chèvres, des clés et des ferrures, des perles et des éléments sado-maso suggestifs, mais toujours avec une élégance incroyable."

Aussi, le collier "Relic Claw" est axé sur une grande pince de crabe en or blanc, enfilée sur une chaîne avec des perles en or jaune et blanc, une minuscule sphère en diamants ressemblant à une boule disco et une perle de culture.

Les fans de Repossi et de Robart Mapplethorpe apprécieront ces réalisations, mais c’est sur l’artiste lui-même que Gaia Repossi aimerait le plus les voir. "J’ai presque l’impression que ce sont ses bijoux, car la collection est un hommage à son travail et à son héritage", explique Gaia Repossi. "J’ai travaillé humblement, en essayant d’imaginer ce qu’il aurait aimé voir dans des matériaux nobles. Pour moi, Michael Stout, ancien avocat de Mapplethorpe et président de la Fondation, était le seul regard qui lui restait et voir sa réaction et son enthousiasme confirmer l’approbation que Robert aurait exprimée valait tout l’or du monde", conclut-elle.

Le collier "Relic Claw". ©Dmitry Kostyukov

Entre 10.000 à 267.000 euros. Disponible chez Dover Street Market à Londres. La collection sera exposée au flagship de Repossi à Paris.

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