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Le retour du flower power dans la mode

Des tenues en vichy à la réhabilitation des pattes d’éléphant, les créateurs ne cessent de s’inspirer de l’arc-en-ciel que furent les années soixante et septante en matière de mode. Pourtant, cette saison, un détail n’échappera à personne: le flower power - le vrai, le joyeux et le ludique - fait son grand retour!

La Double J

Le fait que l’univers de la mode nous propose aujourd’hui des tenues sixties et seventies vient à point nommé, pourrait-on dire avec un brin d’ironie. Comme si la mode s’était rapidement adaptée à notre "nouveau" mode de vie.

En effet, jamais nous n’étions restés autant à la maison, jamais les supermarchés n’avaient connu une telle pénurie d’ingrédients pour faire des gâteaux et du pain, et jamais nous n’avions été aussi impatients de passer des vacances au pays - du moins, comparé à ces cinquante dernières années. Si ce n’était la crise sanitaire au quotidien, nous aurions presque l’impression d’évoluer dans un album de photos kodachrome, avec tout ce qu’il faut de parasols et de lunettes de soleil d’un autre temps. 

De Fendi à Prada

Dodo Bar Or

Silvia Venturini Fendi s’est plongée dans l’histoire et en est revenue avec des robes pastel et des vestes matelassées. Les modèles aux cheveux bien coiffés des annonces publicitaires Fendi trônent telles des bombes rétro dans des balancelles à fleurs assorties à leur tenue. Marc Jacobs embrasse, lui aussi, le kitsch de cette saison.

Chez Miu Miu, mais aussi chez Prada, Miuccia Prada offre la même ambiance: robes joyeuses, fleurs géométriques et sandales à plateau en denim flower power. Christopher Kane espère, lui, que nous serons plus "écosexuels", autrement dit que nous pourrons faire l’amour avec la nature. Comment? Aucune idée, sauf qu’il propose des tissus envahis de marguerites. Et puis il y a Dodo Bar Or, la révélation israélienne, qui présente de longues robes hippies et des chapeaux de plage oversized.

Vibe rétro

Gucci

Le timing de cette vibe rétro a beau être une coïncidence (à moins que vous ne soyez adepte des théories du complot), il est clair qu’une bonne dose de flower power ne peut nous faire que du bien. Il suffit de se pencher sur ses origines dans les années soixante: après plusieurs années de sobriété hivernale, l’Occident d’après-guerre attendait avec impatience que le printemps pointe enfin le bout de son nez. Nourri par une prospérité accrue et un progrès exponentiel, le langage visuel a alors connu une véritable explosion.

"Qui a dit que fonctionnel ne pouvait pas être synonyme de plaisir?" Cette question du designer de mobilier Charles Eames résume parfaitement la période. Quand le design, l’art et l’architecture explosaient de couleurs, d’humour et de joie de vivre, et où chaque designer qualifiait ses créations de "Pop", "Happy", "Space" ou "Flower power", qu’il s’agisse de canapés ou de beurriers.

Gucci

Youthquake

Jacquemus

La petite fleur kitsch d’aujourd’hui était à l’époque la bande-son d’une révolution. Elle était en résonance avec le mouvement Youthquake, l’année 68, le raz-de-marée culturel d’une génération qui voulait être "jeune" plutôt que "mini-adulte". Ce fut l’invention de la culture des jeunes: pour la première fois, les adolescents avaient assez d’argent pour leurs loisirs. Ils en ont profité pour développer leur propre style vestimentaire, inverser pour de bon les rapports de force au sein des tendances et la couture s’est mise à s’inspirer de la rue, comme Yves Saint Laurent et Emilio Pucci.

Dior

 Et même le beau monde s’y est mis. Il suffit de comparer les imprimés à fleurs d’aujourd’hui avec les moodboards de la "Mad Men": pas ceux des débuts de la série à succès (l’ambiance années cinquante distinguée, dans laquelle le publicitaire Don Draper vivait encore sagement en banlieue), mais ceux des dernières saisons, qui se déroulaient dans les années soixante. Une période où, entre fêtes, effluves de patchouli et spiritualité, le travail devenait accessoire.

Il serait tentant de croire que l’univers de la mode a choisi le langage des fleurs pour nous permettre de goûter à nouveau à cet optimisme joyeux, et d’y croire. Bien que... ces imprimés sont instantanément reconnaissables sur Instagram, ce qui ne peut pas être un hasard. Même si c’est un acte commercial prémédité, cela n’enlève rien au fait que troquer les leggings contre un peu de flower power ne peut pas nous faire de mal. Peace and love my friends!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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