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Lil Miquela, Shudu et Daisy: l'émergence des cyberbabes digitales

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Elles ont un grand nombre d'abonnés sur Instagram et, sur chaque post, portent d'impeccables vêtements de luxe. Cette nouvelle génération d'influenceuses sont des fashionistas que l'on ne rencontrera jamais aux défilés, pour la simple et bonne raison qu'elles sont virtuelles.

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Ces jeunes fashionistas ne sont pas faites de chair et de sang, mais de bits et de pixels. Oui, ces phénomènes Instagram que sont Lil Miquela ou Shudu sont aussi réelles qu'une licorne. Pourtant, l'univers de la mode succombe massivement à leur charme.

Prenez Lil Miquela: à 19 ans (du moins, c'est ce qu'affirment ses créateurs), elle draine 1,5 million d'abonnés sur Instagram. Elle porte des tenues numérisées d'Alexander Wang, Proenza Schouler et Balmain. L'année dernière, Prada lui a demandé d'assurer la promotion de son défilé hiver et, sur Instagram, elle portait le même manteau que la très réelle Gigi Hadid. Et elle a été shootée par V Magazine et Vogue.

Insensé? Pas quand on sait que cet avatar cache une machine marketing bien huilée, qui ne limite pas son champ d'action à la mode: Lil Miquela a sorti des singles ('Hate Me', 3,5 millions d'écoutes sur Spotify) avec l'inévitable merchandising. Cette licorne a été créée par Brud, une start-up d'intelligence artificielle de Los Angeles.

L'entreprise s'en sert pour illustrer ses capacités en la matière, ce qui lui a permis de lever 6 millions de dollars auprès d'investisseurs de la Silicon Valley. Pas mal!

Shudu, une top-modèle noire tout aussi numérique, a vu le jour après Lil Miquela. C'est une création du photographe britannique Cameron-James Wilson, et elle semble si réelle que ses abonnés ne s'étaient pas tout de suite rendus compte qu'elle n'existe que dans la réalité virtuelle. Son succès instantané a incité Wilson à créer Brenn, une modèle d'origine africaine aux formes plus généreuses.

Bien entendu, cette tendance trouve son prolongement commercial: la boutique en ligne Yoox dispose d'une certaine Daisy, un avatar que l'on peut personnaliser et sur lequel on peut essayer les tenues que l'on souhaite acheter.

Quant à la maison de mode Balmain, a elle a présenté la collection de la saison précédente sur une cabine d'avatars. À l'ère des filtres Photoshop et Instagram, ces fashionistas numériques sont sans doute l'expression ultime de notre désir de perfection. Matière à réflexion...

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