Baudouin Schreinemacher | “Bienvenue dans ma salle de jeux”

Baudouin Schreinemacher peut passer des heures sur sa MG B GT ou sa Triumph TR3 A, mais la restauration de son Toyota Land Cruiser BJ43 a demandé un travail de titan.

La collection de Baudouin Schreinemacher

Managing partner chez Panisol et Eurobox Continental.

  • Voiture de tous les jours: Alfa Romeo Stelvio 2.0 Q4 (2018).
  • La première: Citroën 2 CV.
  • La meilleure: Volkswagen Scirocco 1.8 GTI (1976).
  • La pire: Citroën CX C-Matic.
  • Vendue à regret: Triumph TR6.
  • Le rêve: AC Bristol.

"Bienvenue dans ma salle de jeux!", s’exclame Baudouin Schreinemacher (63 ans) en nous montrant son dernier joujou. Le Toyota Land Cruiser BJ43 (1978) est plus beau qu’à sa sortie d’usine. "En 2016, avec des amis, nous avons en acheté deux pour moins de 3.000 euros. Comme nous organisons des rallyes, nous pensions les utiliser comme véhicules d’assistance. Finalement, avec un ami, nous avons repris celui-ci au prix de la ferraille et nous nous sommes lancés dans sa restauration. Cela prenait du temps quand, grâce au corona, nous avons pu passer la seconde... qui a duré deux ans! Nous l’avons démonté, sablé, galvanisé et thermolaqué. J’ai trouvé une nouvelle carrosserie en France, pas tout à fait d’origine, mais artisanale: il faut être un connaisseur pour voir la différence. La couleur non plus n’est pas d’origine: c’est celle de la Mini Morris."

Publicité

Le capot cache un solide moteur diesel 3.0 B d’origine et révisé, couplé à une boîte de vitesses à quatre rapports. "J’avais déjà restauré quelques voitures anglaises et j’ai été étonné de la qualité mécanique de cette japonaise. Le Land Cruiser était resté bloqué des années dans un hangar. Il a suffi de nettoyer le moteur des essuie-glaces pour qu’ils se remettent à fonctionner. Le câblage électrique est fait pour durer."

Le Toyota Land Cruiser BJ43 (1978)
©Thomas Vanhaute

"Nous avons acheté des pièces pour environ 36.000 euros. Aujourd’hui, il est évalué à 45.000 euros. De toute façon, je ne vais pas le vendre: je vais l’utiliser pour le plaisir."

"J’aime aussi prêter mes voitures à mes amis et aux enfants. Les jeunes doivent pouvoir en profiter."
Baudouin Schreinemacher
Collectioneur
Publicité
Publicité

Un plaisir qui a commencé en 1995, avec une Triumph TR6. "C’est une des voitures qui sortaient du lot quand j’avais seize ans. Quand je l’ai achetée, je sortais d’un divorce et cette restauration a eu un effet thérapeutique. À l’époque, je travaillais encore dans mon garage. Huit ans plus tard, cette MG B GT (1971) ‘black tulip’ (noir avec une touche de violet) a été ma deuxième restauration. C’est un exemplaire belge. Elle est plus ou moins dans son jus, mais sa mécanique est impeccable. J’ai acheté la Triumph TR3 A blanche (1960) il y a une dizaine d’années, dans cet état: pas top sur le plan cosmétique, mais nickel au niveau mécanique."

MG B GT (1971)
©Thomas Vanhaute

"Avec ces trois voitures, je fais 7.000 kilomètres par an environ. J’aime aussi les prêter à mes amis et aux enfants. Les jeunes doivent pouvoir en profiter. Ils viennent aussi prendre un verre au bar avec leurs copains." Un coin sympa avec vieux canapé en cuir, un meuble-bar bien garni et, sur les murs, des photos. "J’ai acheté cet endroit il y a un an. Je peux y passer des heures."

La Triumph TR3 A (1960) a été acquise il y a dix ans dans cet état: esthétiquement pas top mais mécaniquement ok.
©Thomas Vanhaute

Il y a aussi des voitures d’amis, sur lesquelles ils bricolent ensemble. Une Alfa Romeo Giulia 1600 Super (1973), une Alfa Romeo GT Junior (1973), une Austin-Healey 100/4 BN1 (1954), une Porsche 911 SC (1982), un Land Rover Series III (1978), une Citroën Méhari démontée. "Son nouveau châssis est prêt. J’adore cette caisse, elle est super fun!"

Alfa Romeo Giulia GT Junior (1973)
©Thomas Vanhaute

"Un ex de ma fille a conçu la BReine Rally App. J’ai choisi ce nom en hommage à mon épouse, Reine, qui me laisse venir ici autant que je veux. Je l’utilise pour planifier des rallyes depuis mon fauteuil. Je voulais les rendre plus accessibles et les limiter à des petits groupes. J’ai fait mon premier rallye avec la TR6, avec deux Fiat 500 et une carte Michelin. Sur Excel, j’ai élaboré un roadbook pour l’année suivante. Le défi: le trajet de Mortsel à Stavelot sans feux de circulation. À l’époque, nous étions à huit voitures. Nous l’avons baptisé Undefined Piston Rally. Au bout de quelques années, nous étions passés à 25 voitures et c’est devenu le rallye AOD, ou Art of Driving."

"Nous venons d’organiser le Salvage Car Trophy avec 24 voitures: une semaine en Irlande. Les voitures doivent avoir au moins 25 ans et leur prix ne peut dépasser 5.000 euros. Il y a une Ford Escort cabriolet, une Audi 80, une Volvo 240, une Saab 99. Nous préférons aller dans les pays pas trop peuplés et les petites routes de campagne irlandaises sont magnifiques. Il y a aussi des missions en cours de route, comme déclamer un limerick à Limerick. C’est vrai, ça fait assez studieux. Avant, nous avons été en Slovénie. J’aimerais y faire un rallye avec le Toyota, mais ce sera peut-être en Scandinavie."

Publicité