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Quand le Club Med et le Cirque du Soleil scellent leur union

Sur près de 2.000m², l'aire de 'Creactive by Cirque du Soleil' du village d'Opio accueille petits et grands à s'initier à l'art du cirque, avec pas moins de 30 activités artistiques et acrobatiques.

Au village d’Opio, en Provence, le Club Med se met aux acrobaties avec ‘Creactive’, en partenariat avec le Cirque du Soleil. Sabato a sauté sur l’occasion.

Depuis que le Club Med est sous pavillon chinois après son acquisition presque totale par Fosun en 2015, on aurait pu se demander quelle direction allait prendre le groupe, fondé par Gérard Blitz en 1950 et dirigé par Henri Giscard d’Estaing. Force est de constater que cela n’a pas été un casse-tête (chinois). C’est même d’ailleurs loin d’être le cirque. Ou du moins, pas comme on l’entend. Car justement, avec un actionnaire commun, l’entremetteur Fosun, le Club Med et le Cirque du Soleil ont entamé une collaboration ‘Creactive’ sous les roulements de tambours à Punta Cana il y a deux ans.

©NW

Pirouettes et cabrioles
Aujourd’hui, les circassiens saltimbanques du Cirque du Soleil entrent en piste au village d’Opio, en Provence, à environ 40 minutes de l’aéroport de Nice et à 5 kilomètres de Grasse. Quand je descends vers les terrains de tennis, j’aperçois au loin se dresser une aire de plus de 2.000m² consacrée aux arts du cirque, avec un chapiteau à ciel ouvert. 36 tonnes d'équipements sont arrivées de Montréal en début d'année, et il a fallu près de deux mois pour tout préparer. Spécialement formés à l’art du cirque, les dix circassiens, dont le Bruxellois Sébastien Van de Walle (19 ans, de la même famille que le champion de judo Robert Van de Walle, excusez du peu), accueillent les plus jeunes le matin (à partir de quatre ans), les moins jeunes l'après-midi, à s'essayer aux activités artistiques ou acrobatiques pensées par Creactive by Cirque du Soleil. Parmi ces 30 activités, on peut nommer bien sûr le trapèze volant, le high bungee ou le trampoline, mais aussi l’art de la jonglerie, des percussions et de la danse.

Daniel Lamarre, le directeur du Cirque du Soleil, avoue qu'il était régulièrement confronté à une demande récurrente provenant de ses 12 à 15 millions de spectateurs des shows du Cirque du Soleil, avant de trouver une solution virevoltante avec le Club Med. "Souvent on me disait après le show, 'tiens c’est génial, ce que vous faites, mais on voudrait apprendre aussi'."

©NW

Quand il faut se lancer
Je le prends au mot, mais je n'ai rien d'une athlète de haut niveau, ni les étoiles qui pétillent dans les yeux, à l'instar des gamins qui passent avant moi. Eux ont l’air d’avoir fait ça toute leur vie, plus excités qu’apeurés. Dire que les adultes sont sur la réserve est un sérieux euphémisme.

Avant de voler dans les airs ,un petit cours express au sol m’est donné. Solidement harnachée, je dois sauter avec "explosivité" pour attraper la barre, avant de faire swinguer mes jambes en avant et en arrière. Une fois lancée et bien balancée, je dois ramener mes jambes au niveau de mon torse, avant de les faire passer au-dessus de ma tête, pour que mes genoux s'accrochent à la barre. À cet instant précis, j'ai remercié trois choses: mes quelques cours de crossfit, mes bons restes musculaires et surtout mes parents qui m'ont offert, quand j'étais petite, une balançoire. Car instinctivement, et presque naturellement, j'y arrive sans sourciller.

Séance d'essai du trapèze volant au sol. ©NW

Mais c'est alors que les choses se corsent, car c'est maintenant à plusieurs mètres du sol, au-dessus du filet de sécurité, que je dois reproduire le mouvement. J’ai une pensée pour Carrie Bradshaw, dans Sex & the City, qui doit se lancer dans le vide, avec son petit top rose. Je suis toujours bien harnachée, et la sympathique circassienne me demande d'attraper la barre au-dessus du vide, les pieds au bord de la structure métallique, le bassin bien en avant, le dos bien en arrière. Et puis il faut faire un petit saut, comme si on sautait d’une petite marche à pieds joints.

Dans le vide, faire la balançoire, je peux le faire, mais pour le cumulet/salto et tutti quanti, je manque d'assurance. D'entraînement aussi. Je me plante. En tout cas, j'ai bien faire rire les gamins alors que j’atterris dans le filet, les quatre fers en l’air. Comme quoi, j'aurai donc fait une deuxième activité à mon insu: le clown. Mais pas peu fière d'avoir au moins tenté l'expérience, je me tourne vers le mur vertical, où je m'éclate. Au sens propre comme au sens figuré.

Le Club Med d'Opio a terminé sa rénovation tout récemment avec l'addition de terrasses dans toutes les chambres, réparties en 10 bastides.

Le sport pour passion
Pour les frileux et moins téméraires d'entre nous, le village présente également d'autres cartes de visite. L’un des plus anciens villages du leader de voyages haut de gamme ‘tout compris’ vient d’ailleurs de rouvrir ses portes au printemps après s’être offert un petit lifting à 10 millions d’euros. Dans les 437 chambres, rafraîchies et réparties en dix bastides, des terrasses de verre et de bois ont été installées, donnant sur l’arrière-pays cannois. Toute la partie Meetings & Events a été repensée, les boîtes de high-tech pourraient jalouser le ‘working wall’, une espèce d’iPad géant au mur, proposé dans les salles de conférence. Le village dispose d’un domaine exceptionnel de 48 hectares, comprenant notamment un golf de 9 trous, des terrains de tennis, une piscine extérieure ‘zen’ (adultes only donc).

Parmi les activités incluses, on note du tennis (et son école), le tir à l'arc, du volley-ball, du mini-foot, deux piscines (avec différents cours fitness aquatiques dans la plus grande des deux) et un parcours d'oxygénation. L'activité qui remporte son petit succès, à la tombée du jour, demeure la pétanque. Je me pose sur un banc pour regarder petits, grands, personnes âgées, Français ou étrangers tirer, pointer ou éclater le jeu. Mais, croyez-en mon expérience, même à ne pas vouloir pratiquer de sport, la marche au sein du village est elle-même ardue: le domaine est fort vallonné et mon humble demeure se trouve au quatrième étage, sans ascenseur, de la bastide ‘romarin’. Résultat, par jour, j'égrène pas moins de 12.000 pas et je monte une vingtaine d'étages en moyenne.

La piscine de l'espace zen.

Signatures et piscine zen
Sur la route qui me mène à l'espace qui n’est accessible qu’aux adultes, j’aperçois une pancarte blanche avec un numéro 52 et une maxime ‘Espaces Zen pour couples zen’. J’en avais déjà repérée une autre dans le lobby. Intriguée, je questionne Eric Georges, directeur du Club Med Benelux, qui connait le village comme sa poche car il a lui-même été directeur du village d’Opio. Il m’explique donc que les signatures sont à voir comme une promesse, un geste, une attention, de la part du Club Med envers sa clientèle, en réponse à certains manquements. Il y en a d’autres, ça et là. Numéro 49: allonger la liste des activités quand les jours rallongent. Et à Opio, les GO ont souhaité une excursion à la mer. Dernière nouveauté donc, on peut profiter d’une journée à la mer, à Mandelieu-La-Napoule. Numéro 56: mettre l’agriculture locale au menu. C’est bête, mais encore fallait-il y penser. J’entends les enfants du Mini Club Med (Baby, Petit, Mini et Junior Club Med accueillent les enfants de 4 mois à 17 ans) qui s'attèlent à arroser les herbes du jardin aromatique. Ici, à table, l’huile d’olive, issue des oliviers du domaine, est maison!
Là où mes pas me portent, à travers l’oliveraie, les rires et les cris s'estompent pour laisser place au chant mélodieux des cigales. Je savoure cette quiétude provençale. Le vibreur de mon portable me sort de la contemplation de l'Infinity pool. Désolée, je ne peux pas répondre, j'ai piscine.

À partir de 1.647 euros la semaine per personne, sans transport (c’est gratuit pour les enfants jusque 6 ans). Excursion à la mer en supplément (transfert, déjeuner, transat, le tout pour 115 euros). www.clubmed.be

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