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Bienvenue aux Seychelles, les Galapagos de l'Océan Indien

©Stanislas Fautré / Figarophoto

Eco-friendly & family oriented, des concepts qui n’ont - a priori - aucune affinité, aucune alchimie. Pourtant, avec l’arrivée du Club Med, les Seychelles mettent cartes sur table. Brelan d’as.

"Ladies and gentlemen, as we start our descent, please make sure your seat backs and tray tables are placed back into their full upright position." Routiniers, les mots du commandant de bord du Boeing 777-300ER d’Emirates n’ont rien d’exceptionnel. D’habitude, ce discours passe inaperçu, mais, cette fois-ci, chacun de ces mots résonne comme l’écho d’une autre époque. Il faut le dire, je ne les ai plus entendus depuis des lustres. Avant qu’il ne poursuive, je relève le volet de mon hublot, et j’essaye de distinguer les Seychelles, mais sous l’épais manteau gris, impossible d’apercevoir quoi que ce soit.

Il faudra attendre que le train d’atterrissage se déploie et que l’aube se dissipe pour comprendre que l’image carte postale de quelques cocotiers sur un banc de sable blanc n’est pas usurpée. Les plages bordées de rochers de granite rose baignées par les eaux chaudes et cristallines de l’océan Indien figurent parmi les plus belles du monde. En réalité, ceci est un résumé bien trop succinct ou même trop vague, qui permettrait de les comparer aux Maldives. Mais soyez certains, les Maldives et les Seychelles n’ont rien en commun, si ce n’est d’être des archipels de l’océan Indien et d’avoir été un temps des champions de la vaccination.

Nature sanctuarisée

Situées juste sous l’Équateur, sur la même latitude de Mombasa au Kenya et la même longitude que Dubai à peu de choses près, les îles granitiques des Seychelles comptent parmi les plus anciennes de la planète. La richesse des Seychelles réside dans sa beauté naturelle intrinsèque. Si le flot des navigateurs et de pirates interrompt, au IXe siècle, le règne des tortues géantes et des cocos de mer, les 115 terres émergées qui forment cet archipel ne seront envahies qu’à partir du XVIIIe siècle, préservant ainsi l’environnement presque vierge.

Au cours de ces 30 dernières années, près de 60% du territoire a été classé en réserve naturelle. La règlementation est stricte: certaines îles offrent un accès limité pour éviter de perturber l’écosystème.

Après s’être affranchi des Français puis des Anglais, le pays établit son indépendance en 1976. Il en profite pour classer, depuis ces 30 dernières années, près de 60% de son territoire en réserve naturelle. La règlementation est stricte et si certaines îles peuvent être visitées, leur accès est limité à un certain nombre de personnes par jour pour éviter de perturber l’écosystème. Tout est dit.

C’est d’ailleurs au cœur d’un sanctuaire naturel protégé et sur près de 12% de l’île de Sainte-Anne (220 hectares de plage et de forêt surplombés par une colline couverte de végétation), au large de Mahé (l’île principale du pays - comptez environ 15 minutes pour la liaison, depuis la capitainerie), que le Club Med Seychelles a choisi de poser ses valises.

Conscient de la richesse de la faune et de la flore de celles que l’on appelle aussi "les Galapagos de l’océan Indien", le Club Med a choisi d’y ouvrir sa quatrième adresse estampillée "Exclusive Collection" (5 Tridents), résolument éco-chic et family friendly.

"Cela faisait un certain temps que le Club Med souhaitait s’installer aux Seychelles", avoue Barq, le chef du village (également responsable des lancements des resorts Maldives Finolhu et Cefalú en Italie, et spécialisé depuis 14 ans dans l’Exclusive Collection). "Mais la destination n’était pas assez haut de gamme et ne correspondait pas à la nouvelle stratégie adoptée depuis plus d’une dizaine d’années par le groupe, et menée par Henri Giscard d’Estaing. Nous avons concentré nos efforts sur une clientèle aisée (revenu moyen annuel 100.000 euros NDLR). Et quand les Seychelles ont été prêts, ils sont venus chercher le Club Med."

Deux Précieux outils

Une pause courte mais bien méritée à L’Anse Source d’Argent, sur La Digue, l’une des plages les plus photogéniques. ©Stanislas Fautré / Figarophoto

À bord de la navette maritime rapide, les happy few naviguent les yeux rivés sur l’horizon, leur impatience augmentant au fur et à mesure que l’on approche de l’île à la végétation dense. Sur le ponton, un groupe de joyeux GO, qui n’ont pas volé leur nom de gentils organisateurs, est prêt à nous accueillir.

Lors de mon arrivée à la réception, on me remet un sésame et un bracelet qui ne me quittera pas tout au long du séjour et qui fait office de clé de chambre et de carte bancaire. Petit conseil d’ami, évitez les résidences Mahé, Praslin et La Digue, très proches du bâtiment central et donc de la source de bruit qui peut être un peu dérangeante, ainsi que du passage des autres GM qui empruntent le raccourci à travers la végétation. On m’invite à télécharger l’application "My Club Med", qui se révèle être un précieux outil de localisation (on peut facilement se perdre tant le domaine est vaste et sauvage) et d’agenda (le dress code est précisé pour chaque jour de la semaine). Mais le plus intéressant, c’est que toutes les activités proposées y sont répertoriées.

UN GREEN GO

Après un plongeon dans la piscine de l’espace zen, je me transforme en Dora l’exploratrice pour arpenter les quatre coins du dernier fleuron du leader mondial des vacances tout compris haut de gamme. Ainsi, il a pris ses quartiers dans l’ancien Beachcomber, après une rénovation et une restructuration complète à hauteur de quelque 70 millions d’euros. Depuis la mer, je m’étais fait la remarque que la nature semblait avoir pris le dessus et que cela devrait être bien sombre, mais il n’en est rien. Malgré la densité de la végétation, l’agence GG&Grace de l’architecte belge Gauthier Guillaume a su tirer profit des structures existantes pour ajouter, çà et là, de nouveaux espaces, le tout dans un esprit Robinson chic faisant la part belle à l’architecture locale, mais surtout à l’environnement. Un rapide coup d’œil sur mon smartphone et il est déjà l’heure de nouer mes baskets pour partir en excursion avec Maxime, le green GO.

"Le vrai trésor des Seychelles, c’est le coco-fesses, cette noix bilobée pouvant peser jusqu’à 25 kilos."
Maxime
Green GO

"Il y a une tension entre les plantes exotiques dites 'alien' et les plantes endémiques de l’île. Pour le domaine du Club Med, si l’on doit planter, il faut que cela s’adapte vite, qu’il y ait une floraison constante, que ce soit joli et que cela sente bon pour que l’expérience tropicale soit maximale", m’explique Maxime, incollable sur tout ce qui touche à l’environnement. Un vrai moulin à paroles, on pourrait l’écouter pendant des heures tant il est passionné et donc, passionnant.

"Le vrai trésor des Seychelles, c’est le coco-fesses, cette noix bilobée endémique pouvant peser jusqu’à 25 kilos, le fruit du cocotier de mer." Il s’interrompt et nous demande si l’on voit Coco (tiens donc), la tortue du Club Med. Il faudra qu’il pointe dans sa direction et que l’on s’en approche pour distinguer le fameux spécimen qui passait par là incognito. Maxime reprend: "La légendaire Vallée de Mai, une forêt de 6.000 arbres à coco de mer, est l’un des deux sites des Seychelles inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco. Il était autrefois considéré comme le jardin d’Eden."

La tortue géante des Seychelles est considérée comme la plus grande au monde. ©Stanislas Fautré / Figarophoto

Pour en savoir plus, j’opte pour une autre excursion le lendemain: les îles de La Digue et de Praslin. Après deux heures de bateau, nous faisons une première escale sur La Digue, qu’il est agréable de parcourir à vélo, du domaine de l’Union Estate jusqu’à la plage paradisiaque d’Anse Source d’Argent et ses paysages de granite
exceptionnels.

On reprendra le bateau plus tard, pour le déjeuner, et surtout pour rejoindre Praslin et s’engouffrer dans l’envoutante Vallée de Mai. Cette zone de presque 20 hectares de palmiers est une forêt primaire: elle a pour ainsi dire conservé son état d’origine des temps préhistoriques. Celle-ci présente un intérêt universel: c’est là que se trouve la plus grande forêt de coco de mer du monde. L’arbre endémique est porteur de la plus grosse graine du règne végétal, le coco-fesse. Si la forêt est un refuge pour les espèces animales endémiques, comme le perroquet noir, la visite est rapide certes, mais d’un grand intérêt, même pour les visiteurs qui ne sont pas pleinement conscients de son importance écologique.

Quelles sont les formalités?

Depuis le 25 mars 2021, les Seychelles ont rouvert leurs portes aux touristes (pas de quarantaine à observer). Toutefois, ceux-ci doivent présenter un test PCR négatif pour Covid-19 dans les 72 heures précédant le voyage. Ils doivent également faire une demande d’autorisation de voyage obligatoire (The Seychelles Islands Travel Authorization) qui doit être approuvée, et ce, avant le check-in à l’aéroport (10 euros jusqu’à la veille, 70 euros dans l’heure). https://seychelles.govtas.com

Attention, ceci est à vérifier sur le site du ministère des Affaires Étrangères avant votre le départ.

Le plastique, c’est fini

De retour au Club Med, je reprends mon application pour découvrir le programme du lendemain. Cette app a, en outre, l’avantage de faire économiser une quantité impressionnante de papier. "Nous allons plus loin dans notre démarche", explique Barq. "Nous avons établi un programme 'Happy to care' reprenant des mesures en faveur du développement durable telles que l’installation d’un système intelligent pour une gestion fine de la consommation des énergies, des pépinières permettent le développement de plantes sur le site et le traitement des eaux usées. Nous avons supprimé l’ensemble des plastiques à usage unique, comme les pailles, dans les bars, restaurants et chambres. L’objectif est de les supprimer totalement de l’ensemble du portefeuille Club Med avant la fin de l’année prochaine. Une éco-certification du resort est aussi en cours."

Au pied d’une colline touffue, dans un cadre idyllique, le Club Med Seychelles s’étend sur 12% de l’île de Sainte-Anne: La taille XXL des resorts facilite le respect des mesures sanitaires devenues essentielles aujourd’hui. ©Stanislas Fautré / Figarophoto

Le Club Med est célèbre pour ses activités sportives: on peut se laisser tenter par du snorkeling, de la voile, du beach-volley, un cours de pilates ou de paddle tennis, ou une rencontre avec les tortues... À cœur vaillant rien n’est impossible. Je remplis mon agenda: cours de stand up paddle, de Fonctional training au Palapa fitness et de yoga. Je suis courbaturée, mais rien ne peut m’empêcher de repartir en rando pendant trois heures sur le "Sentier de Anse Manon & Cannons". Une fois de plus, l’appel de la jungle est irrésistible. La cadence est soutenue, je cours littéralement derrière le guide. Et la nature me dévore: le temps d’une vérification sur mon appareil photo, je perds de vue mon groupe et je maudis la Robin-conne que je suis. Après que le groupe a rebroussé chemin pour me retrouver, j’apprendrai à mes dépens qu’il faut porter des vraies chaussures de rando et pas de simples baskets pour éviter les chutes. C’est sûr, j’en aurais des choses à raconter à mon retour.

Vraie déconnexion

Le Club Med Seychelles se niche au cœur d’un sanctuaire naturel sur l’île de Sainte-Anne, au large de Mahé (à environ 15 minutes en bateau). ©Julien Fernandez

De fait, je ne peux que me le répéter durant le séjour, la nature est incroyable, la vue absolument fantastique, mais l’expérience réside plus que jamais dans l’humain en ces temps de distanciation sociale. Chacun des 150 GO et des près de 450 GE est aux petits soins, tout sourire derrière le masque chirurgical. On peut le noter dans chacune des activités que l’on suit avec Charles au fitness ou Amine au paddel, mais aussi dans le fait que les navettes parcourent le domaine jour et nuit pour emmener les GM d’un point A à un point B. Ou encore à l’occasion d’un soin au Club Med Spa by Cinq Mondes (demandez Kadek, elle a littéralement sorti mon esprit de sa carapace corporelle avec ses mains de fée et repimpé mon karma en berne).

©Shutterstock

En mode covid, les rencontres entre gentils membres sont - avec bonheur - pleines de fous rires. Et puis, les petits ne sont pas laissés pour compte. Perrine chapeaute notamment les activités des enfants dès 2 ans au Petit Club Med,  au Mini Club Med et au Club Med Passworld. "En plus des activités ludiques et pédagogiques, on tient à reconnecter les parents à leurs enfants avec des moments à eux, comme un atelier cuisine. Mais, le plus important, c’est de leur offrir une vraie déconnexion."

Pour les plus grands, il y a Playstation, le babyfoot ou la bibliothèque. "Ils jouent, ils se regroupent entre eux: ils ne sont plus derrière leur smartphone", sourit Barq, qui m’avoue avoir tenu une galerie d’art à Hasselt dans une autre vie. Au moment de partir, à l’arrière du bateau qui va nous emmener sur l’île de Mahé pour reprendre notre vol, le benjamin d’une famille de Marseillais demande à ses parents s’il pourra suivre des cours de guitare, car il a adoré apprendre à gratter avec un GO et qu’il a plein de choses à raconter à ses copains. Et qu’il veut revenir. Tiens, ça tombe bien, moi aussi!

À partir de 4.018 euros la semaine pour deux en chambre supérieure (et à partir de 6.802 euros la suite présidentielle), hors transport. Activités en supplément: spa (by Cinq Mondes), excursions, encadrement enfants de 2 à 3 ans. www.clubmed.be

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