sabato

Road trip en Islande sur la plus belle autoroute du monde

La Route 1 est connue en Islande sous le nom de "The One". ©David De Vleeschauwer

Une alternative aux sports d’hiver qui vous permette de respecter la distanciation sociale? Un road trip sur la Route 1 qui fait le tour de l’Islande. C’est le paradis pour les amateurs de paysages infinis et de nature vierge. 

Oubliez la Route 66: prenez la Route 1 ou, comme on l’appelle en Islande, "The One". Elle fait le tour de l’île sur 1.332 kilomètres en suivant le littoral et l’intérieur sauvage et montagneux. "Prenez votre temps", nous conseille-t-on en nous remettant les clés de notre Range Rover.

Sur cette route, le paysage change constamment: des plaines de lave moussues vert vif, des plages noires où l’océan Atlantique déploie sa force sauvage, des cascades furieuses et des prairies où des chevaux paissent paisiblement. Bien que l’Islande ne soit qu’à trois heures de vol de la Belgique, nous sommes dans un autre monde.

La côte sud

La côte sud est superbe, mais c’est aussi la partie la plus fréquentée et la plus touristique d’Islande. Les plages noires s’étendant près de la ville côtière de Vik sont emblématiques, comme l’épave de l'avion qui s'y était écrasé en 1973 - peut-être celle la plus Instagramée de tous les temps. Nous nous arrêtons un moment, puis poursuivons vers l’est, au fil d’étendues de sable de lave noire et de paysages surnaturels.

Ici, tout est calme et le paysage semble irréel. Et tout ça, à seulement trois heures de vol de la Belgique.

Tout à coup, la route tourne à gauche en direction de Raufarfell, le long de fermes entourées de prairies où paissent d’immenses troupeaux de moutons, puis continue dans une étroite vallée au pied du célèbre volcan Eyjafjallajökull.

Nous faisons une halte à la piscine entre les rochers de Seljavallalaug, une des plus belles piscines naturelles en plein air d’Islande, mais aussi une des plus anciennes: elle a été construite en 1923 par les habitants qui voulaient apprendre à nager à leurs enfants. L’architecture est minimaliste: le contraste avec la nature d’un vert explosif qui l’entoure est total. De nos jours, cette piscine sert principalement de spa naturel, alimentée par l’eau chaude des sources des montagnes environnantes.  

La Route longe la côte la plupart du temps, mais elle s'aventure aussi de temps à autre à l'intérieur des terres.

Fjords dans l'est

Un peu plus loin vers l’est, la route circulaire passe le long de fjords brumeux et de petits villages, comme Seydisfjordur. C’est ici qu’arrivent les voyageurs qui rallient l’Islande depuis l’Europe continentale, en empruntant le ferry au départ des Îles Féroé. Les anciennes maisons en bois du début du XXe siècle, restaurées et toujours habitées, confèrent à la ville une note bobo-chic. Nous logeons à The Old Apothecary qui, comme son nom l’indique, est une ancienne pharmacie reconvertie en hôtel.

La maison bleue en bois est juste à côté du fleuve ondoyant. De l’autre côté de la route se trouve l’hôtel Aldan, qui dispose d’un restaurant servant une cuisine locale (agneau, saumon et poisson de l’Atlantique). "Saviez-vous que la route de Seydisfjordur, qui longe le fleuve, apparaît dans le film "La vie rêvée de Walter Mitty’?", demande fièrement un local. Dans cette comédie de 2013, Walter Mitty (interprété par Ben Stiller) patine à toute allure à travers cet extraordinaire paysage islandais.

Il y a des endroits où nous sommes coupés du monde, et personne ne songerait à s’en plaindre. ©David De Vleeschauwer

Le grand nord

Un peu plus au nord, le paysage devient stérile, comme dépouillé jusqu’à l’essentiel: un désert arctique volcanique noir avec, au loin, les sommets enneigés des hauts plateaux. Nous quittons "The One" pour nous aventurer sur des routes en gravier. Juste avant le crépuscule, nous arrivons à Modrudalur. Le Fjalladyrd, un hôtel simple avec restaurant et bar, était une ferme jusqu’au jour où Villi et son épouse l’ont transformée en pension avec dortoir, accolée à un hôtel classique.

Le nord de l’Islande est également un endroit magnifique pour pratiquer les sports d’hiver.

Aujourd’hui, il sert de refuge à tous ceux qui empruntent l’ancienne route vers l’intérieur des terres et veulent faire le plein (la station-service est une pompe installée dans une cabane en bois aux murs de torchis, coiffée d’un toit vert), prendre un repas ou un verre, ou simplement voir du monde. Villi emmène également ses hôtes en 4x4 à la découverte de spots spectaculaires.

Même en hiver, il organise des randonnées vers des refuges de montagne isolés où les conditions météorologiques extrêmes peuvent vous bloquer pendant des jours entiers. Fjalladyrd propose des chambres confortables, mais aussi deux simples maisons en bois au toit vert, avec un poêle à bois. Ici, les nuits sont noires et les aurores boréales merveilleuses. Villi nous explique qu’on trouve près d’ici une alternative plus modeste, et donc moins fréquentée, au célèbre Blue Lagoon.

Les bains naturels de Mývatn. ©David De Vleeschauwer

Les bains naturels de Mývatn se trouvent à proximité du lac Mývatn, une zone géothermique faite de champs de soufre fumants, bouillonnantes mares de boue, inquiétants cratères volcaniques et grottes cachées où est tapie une eau chaude d’un bleu profond. Le lac Mývatn proprement dit s’est formé à partir de pseudo-cratères -ou faux volcans- apparus il y a plusieurs milliers d’années.

Retraite polaire

Le nord de l’Islande est également un endroit magnifique pour pratiquer les sports d’hiver en séjournant dans ce qui est peut-être le lodge le plus beau et le plus reculé d’Europe, tout près du cercle polaire. Nous garons la Range Rover et décidons de nous reposer ici quelques jours. Nous voulons rencontrer des gens, bien manger et, surtout, profiter de la nature. Nous sommes coupés du monde, et personne ne songerait à s’en plaindre.

Paysages lunaires, plages noires et, au bout du monde, un des lodges les plus beaux et les plus reculés d’Europe.

La Deplar Farm, une ancienne bergerie, est située dans une vallée, à Ólafsfjörður, loin de la Route 1. Elle propose 13 suites, toutes avec vue sur ce paysage enchanteur baigné par les aurores boréales. Les maisons en bois noir mat surmontées d’un toit vert sont traditionnelles, tandis que les baies vitrées offrent un vaste panorama sur la vallée.

Le site de l’hôtel compte également deux héliports, car c’est le meilleur endroit d’Islande pour pratiquer l’(héli)ski hors-piste, une activité réservée aux skieurs confirmés. On peut aussi y observer les baleines. Ou faire du "fat biking" ou de l’"astrotourisme". La Deplar Farm dispose également d’un spa, d’une piscine intérieure et extérieure géothermique et, bien sûr, d’un sauna - on est chez les Vikings, ne l’oublions pas!

Deplar Farm est sans doute le plus beau et le plus isolé des lodges européens. ©David De Vleeschauwer

Paradis blanc

Nous poursuivons notre roadtrip à travers l’Islande en direction de l’ouest. Nous faisons une halte à Akureyri, deuxième plus grande ville de l’île et capitale du nord. En empruntant une route bordant l’océan via d’étroits tunnels et un fjord vierge (inhabité et jusqu’à récemment totalement inaccessible par voie terrestre), nous arrivons à Siglufjörður. Au début du XXe siècle, cette bourgade était la capitale du hareng de l’Atlantique Nord. Bien que la période de gloire de l’industrie du hareng soit révolue, le hareng fumé que l’on nous y sert vaut le déplacement.

En Islande, les nuits sont noires et les aurores boréales merveilleuses.

L’hôtel Siglunes, dissimulé dans un bâtiment peu visible, est une agréable surprise. L’ambiance y est plutôt "rétro chic", avec des chambres confortables et, au rez-de-chaussée, un bar convivial où l’on peut goûter la bière locale. Nous levons notre verre au fait que nous nous trouvons à 40 kilomètres du cercle arctique et à quelques heures de l’ouest, une région magique, incroyablement belle avec ses plaines de lave, ses fjords et ses plages aux rochers gigantesques, mais, surtout, négligée par les touristes.

Pour les amateurs de paysages d’hiver déserts et infinis, c’est le paradis, comme la péninsule de Snaefellsnes et le hameau de Budir, avec ses quelques fermes et sa poignée d’églises et de maisons dispersées dans le paysage. C’est à côté d’un champ de lave surplombant le glacier Snaefellsnes que se trouve l’hôtel Budir, peut-être le seul véritable "hôtel de plage" d’Islande, à quelques mètres seulement de l’océan Atlantique. Et c’est aussi notre coup de cœur.

L'église du hameau de Budir, dans l’ouest de l’île. ©David De Vleeschauwer

Capitale cosmopolite

Ensuite, nous retournons vers la capitale, en passant par la charmante ville de Borgarnes et le tunnel Hvalfjörður de 6 kilomètres de long qui débouche sur Reykjavik, ville cosmopolite entre l’Amérique et l’Europe. Mais surtout, et, heureusement, très islandaise!

Nous nous attablons au Dill, le meilleur restaurant du pays, et achevons notre séjour dans la plus belle suite: celle du Blue Lagoon Resort & Spa, avec vue sur l’eau du lagon du même nom. Dehors, tout est calme et le paysage semble irréel. Et tout ça, à quelques heures de vol (ou quelques chansons de Björk) de la Belgique...

Conseils et bons plans

Road trip
Le 4x4 est le moyen de transport idéal pour ce voyage, mais une voiture ordinaire est également possible: en Islande, celles-ci sont toujours équipées de pneus hiver. L’agent local le plus indiqué est Nordic Luxury qui, outre les meilleurs hôtels, peut également réserver 4x4, guides, hélicoptères.

Hébergement
The Black House à Borgarnes est une belle maison de vacances coupée du monde.

S’y rendre
Icelandair, SAS et Easyjet proposent des vols depuis Amsterdam et Paris vers Reykjavik (depuis Bruxelles avec escale, environ 5 heures de trajet). Le vol direct dure environ 3 heures.
Vous pouvez également vous rendre en Islande en voiture depuis le continent européen (Hirtshals au Danemark). Le voyage dure un peu plus de deux jours, avec une escale aux Îles Féroé.

S’informer
Trouvez toutes les infos concernant le Covid et les voyages en Islande, avec les restrictions actualisées, sur www.covid.is/categories/tourists-travelling-to-iceland

Lire également

Publicité
Publicité