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La guerre contre le cash profite aux paiements électroniques

Le traitement transactionnel en ligne constitue aujourd’hui un vaste secteur économique. Si ses premiers balbutiements se firent entendre dans les bureaux d’études d’IBM à la fin des années 60, c’est depuis le début de ce millénaire qu’il a réellement commencé à prendre une importance devenue à présent considérable. Au point de régir une bonne partie de nos actes quotidiens. Les opérations bancaires ou le paiement d’achat de pratiquement tous les biens et services imaginables sur internet ne constituent jamais que le sommet de l’iceberg. Le règlement au moyen d’une carte ne représente que la dernière phase d’un processus long et complexe dont chacune des nombreuses étapes est interdépendante et doit être complétée sous peine d’annuler entièrement la transaction. Par exemple, l’identification des parties impliquées, la conformité des objets et offices requis, leur disponibilité, les montants, les devises, le crédit/débit, l’éthique, la législation, la livraison et bien d’autres paramètres encore, sans oublier la sécurité et la protection des données. Secteur en plein essor L’importance de ce secteur et son développement sont tels qu’il est suivi par un nombre grandissant d’analystes et que plusieurs des actions de sociétés qui le composent sont maintenant considérées comme des placements défensifs. Il est vrai que la plupart de ces entreprises (américaines dans leur très grande majorité) affichent des bilans particulièrement sains: peu de dettes, free cash flow abondant, 75% ou d’avantage de revenus récurrents, 6 à 8% de croissance organique ces dernières années, marges opérationnelles d’environ 20% et augmentation annuelle des bénéfices par action de l’ordre de 10 à 15%. Quant à la clientèle et aux marchés visés, ils ne cessent de s’étendre. De nombreux pays occidentaux ont déjà plus ou moins ouvertement entamé une guerre contre le cash. Pour diverses raisons, dont la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, mais aussi pour consolider la situation des banques, plusieurs États ont réduit les montants pouvant être réglés en espèce. Chasse aux transactions en espèces Par exemple, en Belgique les paiements cash ont été abaissés de 10 000 à 3 000 euros. Le gouvernement suisse a interdit tous paiements en numéraire de plus de 100.000 francs. En France, la limite est passée cette année à 1000 euros. Les clients des banques grecques sont taxés d’un euro pour chaque retrait en espèces de 1 000 euros. Aux États-Unis la banque JP Morgan Chase a commencé à restreindre l’utilisation d’argent liquide dans certains secteurs. Les emprunteurs ne peuvent plus retirer du cash pour effecteur certaines dépenses. La première banque américaine en termes d’actifs a même enjoint ses clients de ne plus stocker de liquidités dans ses coffres. En Suède, sans doute le pays le plus avancé dans la chasse aux transactions en espèces, de nombreux établissements bancaires n’acceptent plus ni retrait ni dépôt d’argent liquide. Quant à l’usage de chèques, il est en régression partout, même dans les pays où il était fortement implanté comme la France et les États-Unis. Si on ajoute à cela le développement spectaculaire du commerce en ligne et la multiplication à la fois du nombre de smart phones et de leurs applications de paiement, on peut en conclure que le "transaction processing business" semble encore promis à un très bel avenir. En 2013, le chiffre d’affaires du commerce électronique était évalué à 1 200 milliards de dollars (dont un tiers pour les Etats-Unis). Ce montant pourrait atteindre 2 000 milliards en 2016. Comme les études estiment que chaque tranche de 100 dollars dépensés pour des achats en ligne génère des commissions d’environ 2%, on peut donc envisager des revenus de l’ordre de 40 milliards de dollars en 2016. Parmi les valeurs favorites des analystes, de manière assez inattendue ne se trouvent pas les deux géants du secteur Visa (V) et MasterCard (MA), sans doute en raison de leur valorisation déjà élevée. Le consensus va plutôt vers des entreprises de tailles plus restreintes comme D + H (DH-T), Verifone Systems (PAY), Alliance Data Systems (ADS) ou CPI Card Group (PMTS).