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Après cent jours et un été, la Belgique ne voit pas plus clair

Cela fait cent jours que l’on a voté et, au niveau fédéral, le brouillard dispersé par le résultat des urnes ne semble pas moins épais qu’au lendemain du 26 mai. Cent jours et toujours les deux mêmes informateurs sans que ne pointe à l’horizon le moindre début de négociation. Le petit historique des négociations qui ont suivi les élections législatives depuis 2003 illustre les difficultés récurrentes à faire fonctionner le modèle belge de constitution des majorités. En 2003, Guy Verhofstadt n’avait mis que quelques semaines à mettre d’accord les partis de son deuxième gouvernement. En 2007, les tensions communautaires avaient fini par remettre en selle le libéral flamand pour faire vivre un gouvernement temporaire de trois mois, le temps que l’équipe d’Yves Leterme soit en mesure de prendre le pouvoir. Suite à la chute du gouvernement Leterme, les élections de 2010 avaient plongé le pays dans la plus longue crise de son histoire. Mais à l’époque, les partis avaient moins de scrupules à discuter de fond avec les pires de leurs adversaires. PS et Ecolo n’avaient pas rechigné à parler dossier avec la N-VA. En 2014, l’avènement relativement rapide du gouvernement Michel a été facilité par la montée du MR comme seul parti francophone de l’attelage fédéral.