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Beaucoup (trop) de pierres sur le chemin de la COP21

Le chemin est encore long, mais le temps commence à manquer. À moins de deux mois du lancement de la conférence de Paris sur le climat (COP 21), au cours de laquelle les pays de l’ONU vont tenter de s’accorder sur un accord global et contraignant de lutte contre les changements climatiques, les négociateurs ont publié un draft d’accord. En tant que tel, ce document est une avancée: les coprésidents Ahmed Djoghlaf (Algérie) et Daniel Reifsnyder (États-Unis) présentent un texte original, un état des lieux "à casser", en vue de la prochaine séance de travail des négociateurs, le 19 octobre. Mais le texte montre aussi à quel point le débat reste ouvert sur les questions cruciales. Si l’objectif annoncé par les Européens est de trouver un accord contraignant à l’échelle de la planète pour plafonner les émissions de CO2, les négociateurs n’ont encore rien défini de tel. Voyez plutôt: l’objectif de limiter l’augmentation moyenne de la température terrestre à 2°C avait été fixé à Copenhague en 2009, mais il reste entre crochets – donc sujet à débats – aujourd’hui. Cette question est directement liée aux émissions de gaz à effet de serre (GES), et les pays du monde doivent encore s’accorder sur la forme que doit prendre leur limitation: faut-il décréter un "pic" de GES, une réduction en % des émissions mondiales ou une "neutralité carbone" des activités humaines? Le cas échéant, quelle date doit-on fixer pour atteindre l’objectif collectif ? Cela reste à déterminer. Tout comme d’ailleurs la forme que doivent prendre les engagements de chaque pays: les pays [devront]-ils ou [devraient]-ils communiquer une [contribution] ou un [engagement] vers l’objectif collectif?