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france L’évacuation de la "jungle" à calais suspendue à une décision de justice

Ils ont gagné quelques heures de répit supplémentaires. Les migrants qui campent dans la partie sud de la "jungle" de Calais n’ont pas été évacués hier à 20 h comme prévu par les forces de l’ordre. Le tribunal administratif de Lille leur a accordé hier midi un "sursis" en ne statuant pas immédiatement sur le recours en référé contre l’évacuation de cette zone. Déposé par 250 migrants et 10 associations, ce recours s’oppose à l’arrêté préfectoral signé vendredi ordonnant aux migrants de quitter cette partie du bidonville. La vice-présidente du tribunal de Lille, Valérie Quemener, devrait rendre sa décision aujourd’hui, au plus tard demain. Elle en a profité pour se rendre hier matin dans le camp, où vivent 3.700 personnes. Sur place, peu de réfugiés ont quitté les lieux. Des associations les incitent à rester. "Il s’agit d’une violation des droits fondamentaux des migrants, a expliqué Me Julie Bonnier, l’avocate de plusieurs associations. Les solutions proposées ne sont pas du tout adaptées à leurs besoins". Evoquant une "mise à l’abri" des migrants, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve s’est voulu rassurant hier. Cette évacuation se fera "en procédant de façon progressive et en privilégiant à chaque instant le dialogue, la persuasion et l’information des migrants", a-t-il insisté. Plus ferme, la préfecture rappelle qu’il est important d’envoyer cette population vers les Centres d’accueil et d’orientation dont le nombre a beaucoup augmenté (102 accueillant 2.700 migrants). D.D.