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"Il faut une union sacrée"

Jean-Michel Javaux tenait les rênes du parti Écolo à une époque de prise de conscience générale de l’enjeu climatique. "C’était beaucoup plus facile de tenir ce rôle à l’époque qu’aujourd’hui: le gouvernement fédéral allait voir le film d’Al Gore, on donnait des conférences devant des auditoires pleins, on avait le sentiment que la prise de conscience était devenue globale", se souvient-il. "En 2009, les deux tiers de l’attention se portait sur ces sujets; un an après, on tombait dans la crise institutionnelle, la N-VA, le communautarisme, la peur de l’autre…" Et alors que la compréhension scientifique de ces enjeux s’affine et montre une accélération de la dégradation environnementale, le sursaut n’est pas au rendez-vous. "C’est une grande frustration: on prend des mesurettes alors que les prochaines vagues migratoires vont être massivement liées au dérèglement climatique. On se rend compte que le manque d’action signifie que de plus en plus personnes vont vraiment mourir."