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Le jour où Paris collectera la TVA au nom de la Belgique

Si cette mesure passe, elle montrera que quand il s’agit de leurs intérêts communs, les pays de l’Union européenne sont encore capables de se faire confiance. La Commission européenne voudrait les convaincre de s’échanger rien moins qu’un pouvoir régalien: la collecte de l’impôt. Et en particulier de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), une des principales sources de revenus des gouvernements (1.000 milliards d’euros par an). Le collège des commissaires a débattu hier d’une future réforme de cette taxe dont les failles génèrent un énorme manque à gagner pour les trésors publics (170 milliards d’euros par an). Sans prétendre offrir de solution globale, la Commission veut réformer la TVA pour les transactions transfrontalières au sein de l’UE. La fraude, sur ce segment, est estimée à 50 milliards d’euros. Pour le Berlaymont, le pays de destination des produits vendus doit rester bénéficiaire de la TVA, mais la collecte en tant que telle devrait se faire dans le pays d’où est exportée la marchandise. Qui la verserait ensuite au pays de destination. Un tel schéma réduirait le risque de fraude, estime la Commission. Mais il nécessiterait un "haut degré de confiance et de collaboration entre les administrations", admet le commissaire Vladis Dombrovskis. Reste à voir si les États membres sont intéressés.