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MR et Ecolo taclent l'exécutif wallon

©BELGA

Pas brillant... L’opposition MR et Ecolo en Wallonie juge sévèrement l’action gouvernementale du PS et du cdH. Petit inventaire des nombreux griefs.

Ça dézingue sec entre majorité et opposition en Wallonie! Après près d’un an au pouvoir en Région wallonne, les ministres PS et cdH se frottent à l’évaluation de l’opposition. Il ne fallait évidemment pas s’attendre à voir le MR et Ecolo leur jeter des fleurs. Le MR est même allé jusqu’à mettre des cotes pour chaque ministre, histoire d’attiser les tensions entre les membres du gouvernement.

Au-delà du simple constat d’échec, MR et Ecolo appellent l’exécutif wallon à se ressaisir.

Trop d’effets d’annonces et de marches arrières. Pour l’opposition, la gestion de nombreux dossiers est interpellante. Et certains ministres s’apparentent à des girouettes dans leurs dossiers. Un bel exemple pointé par le MR est la taxe sur l’outillage aujourd’hui gelée. A suivre les pistes de lecture du MR et d’Ecolo, la ligne directrice du gouvernement en prend un sale coup: rappel à l’ordre, rétropédalage, confusion,...

Stéphane Hazée, le chef des Verts au Parlement, peste sur le manque d’actions. "Il y a beaucoup de ministres qui sont en charge de la communication mais peu en charge de l’action. Cette communication cache des contradictions". Il pointe ainsi la baisse de la déductibilité des titres-services. "Le gouvernement dit qu’il n’augmente pas les prix des titres mais en diminuant la déductibilité cela revient à augmenter les prix". Le député juge également incohérent de voir un gouvernement communiquer sur l’économie circulaire et en même temps réduire les primes pour certains isolants naturels. "Les contradictions sont flagrantes."

Au MR, Pierre-Yves Jeholet s’est intéressé aux effets de manche à répétition des ministres. Il octroie une mention spéciale à Carlo Di Antonio (cdH), le ministre de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire. "Carlo Di Antonio est une agence d’annonces à lui seul. Mais il se fait à chaque fois rappeler à l’ordre. Il a voulu très facilement faire la peau d’Ecolo (qui était partenaire du PS et du cdH sous la précédente législature, NDLR). En attendant, il fait pire qu’Ecolo. Carlo Di Antonio n’a pas de leçons à donner".

Plus largement, les deux députés exigent que les débats se fassent au Parlement. "Le gouvernement a déposé moins d’une dizaine de décrets au Parlement. Le travail tarde", souligne Stéphane Hazée.

Sur les enjeux écologiques, Ecolo a un oeuf à peler avec ses anciens partenaires sous la précédente législature. "Le gouvernement freine sur les enjeux écologiques. Le plan air-climat est dans les limbes, le COdT est reporté sine die, le décret sol est ajourné. C’est une politique de petits bras. Le gouvernement veut reprendre des nouveaux chantiers autoroutiers et diminue les moyens financiers du groupe TEC. C’est le retour au 20e siècle." Si, d’après lui, il est évident que Carlo Di Antonio veut chasser le mot "durable" de son vocabulaire, il ne parle pas d’Ecolobashing. "C’est un choix politique. Ils ne sont pas intéressés par ces enjeux".

Côté MR, Pierre-Yves Jeholet pointe les incohérences entre ministres sur la stratégie à mener autour du développement éolien. Il en a aussi ras-le-bol de voir le monde rural snobé par le gouvernement. "La ruralité est oubliée dans tous les plans. Pourtant, 40% des Wallons y vivent. Paul Magnette oublie que la ruralité est l’ADN de la Wallonie". Sur d’autres dossiers comme la révision à la baisse des objectifs environnementaux, le libéral applaudit des deux mains. Ecolo salue, lui, la poursuite des Ecopak.

En matière de gouvernance, les jugements sont sévères et unanimes. "La double vie de Paul Magnette pose problème: il ne sait choisir entre Charleroi et la Wallonie. En terme d’éthique, c’est un pied de nez à la bonne gouvernance", estime Pierre-Yves Jeholet, qui adresse les mêmes critiques à Maxime Prévot. "Il suit l’exemple de son patron. C’est le Magnette de poche". Stéphane Hazée se dit sidéré. "Quand la Wallonie ne s’occupait que de la chasse, elle avait des ministres à plein temps. Et aujourd’hui, au moment où elle n’a jamais eu autant de compétences, elle a des ministres à temps partiel. C’est le retour du sous-régionalisme. La communication sur les fonds Feder est une belle illustration. Le gouvernement a communiqué dans les sous-régions". Et de regretter que la commission de déontologie entre Bruxelles, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Wallonie soit au frigo.

Au plan budgétaire, Stéphane Hazée ne décolère pas. "Faire 60% de l’effort sur une seule année est un non-sens économique. Cela prolonge la récession. Le calcul est purement électoral. Le gouvernement a décidé de faire mal à des secteurs pour s’octroyer des marges de manoeuvre financières avant les élections." Pierre-Yves Jeholet se demande, lui, si l’équipe de Paul Magnette respectera bien le retour à l’équilibre annoncé pour 2018. Bref, PS et cdH sont renvoyés en deuxième session.

[Suivez François-Xavier Lefèvre sur Twitter en cliquant ici]

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