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"On ne peut pas attendre que chacun ait fait sa petite révolution individuelle"

Comme Nicolas Hulot, Christophe Schoune est un ancien journaliste (au Soir) reconverti en militant environnemental. Et comme lui, il constate l’échec de la démocratie française et, au-delà, européenne, à aborder ces enjeux: "La question principale des changements climatiques et de l’extinction massive de la biodiversité est apparue depuis vingt-cinq ans maintenant et n’a cessé de s’affirmer dans les rapports d’experts. Mais on éteint l’incendie avec un pistolet à eau." Pour faire face au plus grand péril qui menace l’humanité, il n’y a pas d’union sacrée, déplore-t-il. "Quand on s’est fait envahir par les Allemands en 1940, on ne s’est pas posé la question de savoir combien cela coûterait de combattre le nazisme. Aujourd’hui, on se pose toujours pas la question de savoir si ce n’est pas trop cher d’investir dans la transition." Cela pose la question de la capacité du système démocratique à apporter des réponses, souligne-t-il: "Et la réponse est à l’évidence: non. La démocratie représentative telle qu’elle est organisée aujourd’hui ne permet plus de répondre à la hauteur des enjeux. On est face à des questions de temps et d’échelle auxquelles on n’a jamais été confrontés."