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Ipalle veut valoriser la chaleur de son incinérateur

L’intercommunale de Wallonie picarde cherche un partenaire industriel pour valoriser la chaleur produite par son incinérateur de Thumaide.

L’idée est dans l’air depuis longtemps: il y a plusieurs années, VPK Packaging avait manifesté son intérêt pour une implantation sur le futur zoning Polaris, sur les communes de Péruwelz et Belœil. Son intérêt aux yeux de l’industriel: sa proximité avec l’incinérateur de Thumaide, gros producteur de chaleur qui pourrait être récupérée pour alimenter un process industriel. "Le zoning n’était pas prêt, VPK a continué son chemin, mais nous n’avons pas abandonné l’idée", explique Gonzague Delbar, directeur général d’Ipalle, l’intercommunale de Wallonie picarde active dans la collecte et la gestion des déchets, propriétaire de cet incinérateur aux côtés d’une série d’acteurs privés.

Avec une capacité actuelle de 440.000 tonnes, l’incinérateur de Thumaide, qui tourne depuis 1980, est le plus important des quatre incinérateurs wallons. "Nous récupérons déjà la chaleur pour produire de l’électricité, mais le rendement est au mieux de 25%. Valoriser directement la chaleur que nous produisons serait beaucoup plus efficace", poursuit Gonzague Delbar.

Or, début août, le zoning Polaris a reçu le feu vert du ministre Prévot: Ideta, l’intercommunale qui porte le projet, va pouvoir procéder aux expropriations pour acquérir les derniers terrains qui lui manquent et entamer les travaux. "Les 80 hectares de ce parc vont accueillir des activités industrielles et des activités économiques mixtes. Et en partenariat avec Ipalle, nous avons pris l’option de consacrer un certain nombre de parcelles en priorité à un industriel demandeur de chaleur", annonce Frédéric Seynhaeve, directeur adjoint de l’Ideta.

Plusieurs options

Le profil idéal de cet industriel? "Une usine de frites comme celle de Lutosa, à Leuze, avec qui nous planchons sur un autre dossier: l’utilisation de déchets de bois pour alimenter une unité de cogénération qui couvrirait 60% de sa consommation de vapeur et 80% de sa consommation d’électricité", répond Gonzague Delbar. D’autres entreprises agro-alimentaires, souvent grosses demandeuses de chaleur, pourraient également avoir le profil, tout comme des sociétés actives dans la chimie ou le séchage du bois. Il n’est pas exclu, non plus, de desservir en chaleur plusieurs plus petites entreprises. "Le spectre est assez large, plusieurs options sont possibles", souligne Ludivine Dedonder, présidente d’Ipalle.

Le gouvernement wallon a retenu le projet de connexion entre l’incinérateur et le futur zoning dans la liste des projets Feder: cela lui permet de prétendre à un soutien de 6 millions d’euros pour construire la canalisation de deux kilomètres qui transportera la vapeur ou l’eau chaude, selon les besoins de l’industriel, entre les deux sites. Et Ipalle chiffre à 10% environ l’économie que cet industriel devrait réaliser sur son approvisionnement énergétique. "Pour nous, la récupération de chaleur va se faire au détriment de la production d’électricité, mais cela ne devrait pas dégrader nos recettes, qui étaient de près de 10 millions d’euros en 2014 pour 230 millions de TWh injectés sur le réseau. Si la rentabilité du projet va au-delà, nous la partagerons avec l’industriel", affirme Gonzague Delbar. Reste à trouver le ou les bons candidats.

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