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L'industrie chimique et pharmaceutique résiste à la crise

2019 a été marquée par l'annonce de plusieurs gros investissements, comme celui de la biotech MaSTherCell dans le Biopark de Gosselies. ©MASTHERCELL/Hyacinthe Arthurs

Moins touchée que d'autres secteurs et surfant sur ses bons résultats depuis des années, l’industrie chimique et pharmaceutique espère traverser la crise du coronavirus assez rapidement.

Neuf entreprises sur dix dans l’industrie chimique et pharmaceutique s'attendent à une reprise cette année ou l'année prochaine, selon une enquête de la fédération essenscia, présentée mardi à l'occasion de la publication des résultats annuels. Malgré l'impact de la crise sanitaire provoquée par le coronavirus, le secteur se montre relativement optimiste, ressort-il de ce sondage réalisé en avril par essenscia auprès de plus de 200 entreprises représentatives du secteur.

"Il faut aider les entreprises à sortir du confinement de manière réfléchie."
Hans Casier
Président d'essenscia

Plus d'un tiers d'entre elles pensent que la reprise économique aura lieu dès cette année. Elles sont 54% à estimer qu'il faudra attendre l'année prochaine et 8% s'attendent à un impact qui durera des années. Seuls 3% pensent que le secteur ne pourra pas se redresser.  

Pas de sinistrose

5.000
Emplois
En quatre ans, 5.000 nouveaux emplois ont été créés dans les secteurs de la pharma et de la chimie.

Si la pharma-chimie ne tombe pas dans la sinistrose, c’est dû à deux éléments, selon essenscia. Le premier, c’est qu’étant considéré comme secteur essentiel, elle est comparativement moins touchée par la situation actuelle que d’autres branches. Au total, 17% des travailleurs du secteur sont actuellement au chômage temporaire, contre une moyenne industrielle d'environ 46%. Seuls 3% des entreprises du secteur ont fermé en raison de la crise. Six sociétés sur dix restent complètement opérationnelles, tandis que 38% ne le sont que partiellement.

Néanmoins, a fait valoir Hans Casier, le président d'essenscia, une stratégie de sortie rapide doit être programmée pour les entreprises qui sont les plus touchées. "Il faut aider les entreprises à sortir du confinement de manière réfléchie et à reprendre le travail le plus rapidement possible, en tenant compte de la distanciation sociale. La chimie prouve que c'est possible", selon lui.

De nombreuses créations d'emplois

Le deuxième paramètre positif, c’est la bonne santé du secteur depuis des années, qui ne s’est pas démentie en 2019. L’année dernière a à nouveau été marquée par de nombreuses créations d’emplois et des investissements importants, a souligné de son côté Yves Verschueren, directeur général. Avec 1.433 nouveaux jobs, l'emploi dans le secteur culmine à 93.930 unités, soit le plus haut des dix dernières années. En quatre ans, 5.000 nouveaux jobs ont été créés.

La chimie et les sciences de la vie apportent la plus grande contribution à la sécurité sociale. Avec 2,7 milliards d’euros, le secteur paie environ 5% du total des cotisations de sécurité sociale", selon Yves Verschueren.

D'après les données d’essenscia, la chimie et les sciences de la vie représentent un tiers de l’ensemble des exportations belges. La forte croissance des exportations vers le Canada (+76%), les États-Unis (+46%) et la Chine (+19%) au cours des cinq dernières années est marquante. Les exportations continuent également d’augmenter en Europe, bien que l’impact du Brexit se ressente avec une baisse de 10% des exportations vers le Royaume-Uni l’année dernière.

"Le secteur a connu une excellente année 2019 pour poser les bases afin d’affronter la crise que l’on connaît. Il est plus que jamais un pilier de la prospérité belge", a résumé Yves Verschueren, qui a quand même soulevé quelques points noirs. "Depuis début 2019, le taux d'utilisation des capacités de production a fortement diminué, tandis que la confiance des entreprises est fortement érodée par l'incertitude internationale croissante due à divers conflits commerciaux."

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