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"Le défi pour Dexia? 2014, 2015 et 2016"

Johan Bohets, secrétaire général de Dexia, Karel De Boeck, CEO, et Robert de Metz, président, ont donné aux actionnaires des détails sur leur plan à long terme. ©BELGA

Les dirigeants de Dexia ont donné plus de détails sur les projections à long terme du groupe lors de l’assemblée générale de mercredi. Mais ils soulignent qu’ils restent à la merci d’événements extérieurs.

L’assemblée générale de Dexia n’a pas drainé les foules, mercredi: moins d’une quarantaine d’actionnaires étaient présents. Et sans surprise, puisque Dexia a quasiment été nationalisé par les Etats belge (50,02% du capital) et français (44,4%), toutes les résolutions présentées ont été adoptées à des majorités écrasantes, en particulier la nomination définitive d’un conseil d’administration de 9 membres, au lieu de 16 auparavant.

Cette réunio n a toutefois été l’occasion d’obtenir plus de détails sur l’avenir à long terme du groupe, même si les dirigeants de Dexia ont souligné une nouvelle fois leur dépendance aux événements extérieurs, comme l’évolution des taux, les règles de Bâle III ou la crise des dettes souveraines.

La menace Tobin

En marge de l’assemblée, lors d’une rencontre avec la presse, ils ont évoqué une autre menace: la taxe Tobin. Son introduction l’an dernier aurait coûté 574 millions d’euros à Dexia. "Nous ne pourrions pas absorber cela. Et comme Dexia va être davantage actif sur les marchés financiers, une telle taxe pourrait nous coûter beaucoup plus", a souligné Robert de Metz, le président du conseil d’administration. Il s’est toutefois voulu rassurant en ajoutant que cette taxe ne devrait pas être adoptée dans sa configuration actuelle.

Dexia a donné davantage de précisions à ses actionnaires sur ses attentes en termes de résultats ou de solvabilité. On savait qu’il tablait sur un retour à l’équilibre en 2018, et une perte de 950 millions d’euros cette année. Un chiffre qui reste d’actualité, a précisé Karel De Boeck, le CEO de Dexia, malgré la perte nette de 329 millions d’euros enregistrée au premier trimestre.

Mais les graphiques projetés par le groupe lors de l’assemblée générale de mercredi montrent que Dexia s’attend encore à des pertes importantes dans les années suivantes. Elles n’étaient pas chiffrées, mais au vu des transparents, on peut les estimer à 400 millions d’euros en 2014, et au moins 100 millions en 2015 et 2016.

La solvabilité, elle, devrait fortement se détériorer en 2013, pour atteindre un point bas en 2015, à 12,4%. Cela reste supérieur au minium de 8% exigé, mais ce n’est qu’ensuite que Dexia parviendra à remonter la pente.

"L’année 2015 sera la plus critique, a souligné Karl De Boeck. Nous devons traverser cette zone de 2014, 2015 et 2016 pour arriver à un moment où nos actifs diminueront plus vite que notre capital." Le patron de Dexia s’est, une nouvelle fois, refusé à exclure le besoin d’une nouvelle recapitalisation du groupe. "Notre plan est robuste, mais très incertain", a-t-il résumé.

Il a toutefois également souligné l’immense travail déjà accompli, pointant notamment une réduction du bilan de 91 milliards d’euros depuis fin 2012, grâce essentiellement à la vente de la SFIL (soit une partie des activités de DCL) à la France. "Vous devez vous rassurer : nous travaillons très durement pour résoudre ce dossier extrêmement complexe. "

Belfius à rembourser

C’est en 2015, seulement, que Dexia aura remboursé la totalité des prêts que lui a accordés Belfius. Au 31 mars, Belfius avait encore pour 15,3 milliards d’euros de créances à Dexia, a-t-on appris lors de l’assemblée, dont 1,5 milliard d’euros sécurisés et 13,8 milliards garantis par les Etats. Une partie du premier paquet sera remboursée fin 2013, mais les 13,8 milliards viennent à échéance dans les premiers mois de 2015, a expliqué Karel De Boeck.

L’ex-filiale de Dexia verra disparaître son exposition à son ex-maison mère cette année-là seulement. Cela signifiera aussi pour elle la disparition de confortables rentrées financières : ces prêts lui rapporteraient quelque 170 millions d’euros d’intérêts par an. Dexia, de son côté, a encore pour 6,9 milliards d’euros d’exposition sur Belfius.

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