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lock-out "une mesure de protection compréhensible",

Le lock-out, soit l’impossibilité pour les travailleurs d’accéder à leur outil de travail, imposé pendant deux jours par la direction de L’Avenir suite à la grève laissera des traces. La rédaction et les organisations représentatives de journalistes ont dénoncé avec vigueur ce qu’elles qualifient de censure. Ce n’est évidemment pas l’avis de la direction. Celle-ci dit avoir pris cette mesure afin d’éviter que se reproduise l’épisode du week-end du 16 février lorsque la rédaction avait publié en "une", puis sur quatre pages, un dossier intitulé "Comment Nethys a cassé L’Avenir" mettant nommément en cause les dirigeants de l’intercommunale. "Cela s’est fait derrière le dos de l’éditeur responsable et directeur des rédactions, Philippe Lawson, qui avait prévu un autre sujet en une", déplore Jos Donvil, le CEO. Pour l’assister, la direction s’est entourée d’un expert en droit des médias et des technologies, Etienne Wéry (Ulys). Celui-ci ne mâche pas ses mots. "Ce qui s’est passé est grave car cela peut exposer le journal à une action en diffamation, assure-t-il. Le directeur des rédactions a découvert un journal qui n’est pas celui qu’il avait validé la veille, un journal "pirate", donc. Je n’ai pas encore de conclusion définitive sur le plan juridique, mais cela pose des problèmes déontologiques, ainsi que sur le plan pénal. Je comprends donc la décision de la direction de couper l’accès à l’outil de travail."