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Le placement privé, un dîner entre amis?

Comme le notait un participant à notre chat quotidien, les placements privés donnent l’impression d’un dîner entre amis. Au cours duquel, aurais-je envie d’ajouter, le petit porteur reste cantonné dans les communs. Prenons un exemple tout récent, celui de Befimmo, pour illustrer le propos. Jeudi vers 15h, le gendarme de la Bourse de Bruxelles, la FSMA, a décidé la suspension de la cotation de la Sicafi. Dans la foulée, cette dernière a annoncé un placement privé de 637.371 actions existantes (3,33% du capital) destiné à financer le rachat de la Blue Tower à Bruxelles. En l’espace de quelques heures, tout est placé auprès d’investisseurs institutionnels au prix de 49 euros par action, soit un rabais de près de 5% par rapport au dernier cours. Pour l’entreprise, on comprend aisément l’intérêt d’une telle opération: rapidité (quelques heures), souplesse et discrétion (pas de prospectus pour le grand public), bilan préservé (pas de crédit). Pour les acheteurs privilégiés, c’est Noël avant l’heure : des titres au rabais, ça ne se refuse pas. Restent, vous et moi, actionnaires éventuels, témoins impuissants de ce tour de passe-passe opaque, de ce win-win deal auquel nous n’avons pas été conviés.