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Élodie Francart | La migration dans la peau

Dans la précipitation grise des matins de semaine, il est tout à fait possible de passer devant sans l’apercevoir. De l’autre côté du siège bruxellois d’Engie, en plein quartier Nord, rien de plus qu’un arrêt de bus, un tas de sable et une famille de grillages. Juste un morceau de ville en devenir. Sauf que s’étend derrière tout un village d’(in)fortune. Points d’eau bricolés, chemin de palettes afin de contrer la boue, école de français improvisée, stand de distribution de vêtements, fils et toiles dans tous les sens. Sans oublier l’amas de tentes. Plus de 300, dans lesquelles s’entassent près de 1.000 demandeurs d’asile, en quête d’un statut, d’un salut.