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la gauche Quel avenir pour le PS fracturé?

La débâcle est historique. Relégué à la cinquième place avec 6,2% des suffrages au premier tour, le PS n’a jamais connu un tel désastre depuis sa création en 1969. Pour Benoît Hamon, "la gauche n’est pas morte" même s’il a logiquement appelé ses électeurs à faire barrage au FN en votant pour Emmanuel Macron le 7 mai. Si renaissance il y a, il semble acté que la gauche ne sera plus du tout la même: "Le schisme est inévitable", prédit Christian Paul, proche de Benoît Hamon. Taxés de "saboteurs", les ténors de l’aile droite du PS Manuel Valls et Jean-Marie Le Guen sont rejetés par la frange dure du parti qu’incarnent les anciens frondeurs du gouvernement. Les "deux gauches irréconciliables" prophétisées par Valls devraient voir le jour même si pour le moment, rue de Solférino, on veut privilégier la préparation des législatives et non les règlements de comptes. Les législatives des 11 et 18 juin s’annoncent pourtant comme l’opportunité pour de nombreux élus socialistes de franchir le Rubicon et de rejoindre officiellement le camp des "progressistes" d’Emmanuel Macron. Manuel Valls n’a pas dit autre chose lundi en appelant à "la clarification" en soutenant Macron dans sa quête d’une majorité présidentielle et parlementaire. De leur côté, les proches de Hamon prônent l’organisation rapide d’un "nouvel Epinay" (congrès fondateur du PS en 1971) prêts à "reconstruire le PS" en parlant avec Jean-Luc Mélenchon, dont c’est sans doute la dernière présidentielle. Bref, Hamon se verrait bien prendre la succession de Mélenchon à la tête d’un PS plus radicalisé.