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Peter Praet: "Sans notre intervention, le monde serait bien pire aujourd'hui"

Imaginez un pompier en train d’arroser un incendie, pendant que les propriétaires se plaignent des dégâts provoqués par l’eau. C’est la situation que vit notre compatriote Peter Praet, le n°2 de la Banque centrale européenne. Les gens n’ont pas bien compris la gravité de la crise financière des dix dernières années, nous explique-t-il à plusieurs reprises lorsque nous le rencontrons au 38e étage du quartier général de la BCE à Francfort. C’est de cette tour de verre et métal que la BCE essaie de remettre l’économie européenne sur les rails, afin qu’elle retrouve une situation "normale", avec une inflation se situant tout juste en-dessous de 2%. Pour y arriver, elle prête de l’argent à des taux proches de zéro et rachète tous les mois des obligations pour l’équivalent de 60 milliards d’euros. Résultat: le bilan de la BCE se monte à 2.000 milliards d’euros, soit l’équivalent du PIB de la Belgique, des Pays-Bas, de l’Irlande et de l’Autriche réunis. Et c’est aussi ce qui explique qu’elle fasse l’objet de critiques de plus en plus nombreuses, car on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs. Les épargnants, par exemple, ont dû depuis longtemps faire une croix sur le rendement de leur épargne. Praet se souvient encore de l’endroit où il se trouvait lorsqu’il a commencé à comprendre qu’une tempête se préparait. "En septembre 2007, j’étais à la Banque nationale à Bruxelles. Un confrère de la Bank of England est sorti en quatrième vitesse parce qu’il y avait des problèmes avec Northern Rock, où les clients faisaient la file pour retirer leur argent. Ça m’a vraiment effrayé."