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L'ex-Bourse de Paris a célébré le papier

©AFP

Salon du dessin, ventes publiques spécialisées et quartier de Drouot mobilisé, les belles feuilles ont fait la joie des connaisseurs, lors de la deuxième semaine d’avril.

Le Salon du dessin est devenu une institution, au fil des années. Seul dans son genre, il peut se targuer de rassembler quelques-uns des meilleurs marchands qui, outre le négoce des huiles, possèdent également un œil pour les œuvres sur papier. Contrairement à certains salons généralistes, la sélection est plus sérieuse et il y a peu d’imposteurs. Cela étant, tout n’y est pas austère et tant le collectionneur exigeant, dont le spectre de collection est bien précis, que l’amateur plus ouvert au coup de cœur, peuvent y trouver leur compte. À condition de négocier, cela va sans dire…

Les artistes belges n’étaient pas particulièrement bien représentés, lors de cette édition qui s’est déroulée du 10 au 15 avril, sauf sur le stand du Bruxellois Patrick Derom, venu notamment avec de beaux Spilliaert. L’art contemporain n’était pas non plus mis à l’honneur et, sauf exception, ce sont plutôt des artistes vivants mineurs qui y étaient présents. L’art ancien et celui du XIXe siècle se taillaient la part du lion, avec quelques artistes français de l’après-Seconde Guerre, comme Maurice Estève.

Maisons de ventes

Comme à l’accoutumée, le Palais Brongniart, siège de l’ancienne Bourse de Paris, servait d’écrin à cet événement, auquel d’autres manifestations étaient plus ou moins associées, comme ces expositions dans le quartier de Drouot, conçues un peu sur le mode de nos salons de juin, Baaf, Bruneaf et Boafair. Nombre d’antiquaires avaient, en effet, sous-loué leur espace pour accueillir des marchands de dessins, quand ce n’étaient pas eux-mêmes qui mettaient en valeur leur stock en papier.

Les maisons de ventes, elles-mêmes, ont bondi sur l’occasion pour proposer des ventes de dessins. L’union ne fait-elle pas la force?

Cependant, l’impact sur le marché international reste difficile à cerner. Une chose est sûre, les collectionneurs français et, plus généralement, ceux du Vieux Continent ont répondu présents, même en ce qui concerne l’art moderne. La preuve en est par les beaux résultats affichés par Christie’s, lors de sa vente du 11 avril, bien que les œuvres proposées ne correspondent que marginalement à l’offre de cette semaine parisienne, principalement axée sur les œuvres sur papier de la Renaissance au début du XXe siècle.

Modernité

Le catalogue de la vente d’œuvres modernes sur papier, proposée le 11 avril dernier par la maison de l’avenue Matignon, comptait 55 lots.

Le meilleur prix de la session alla à Pablo Picasso, dont une encre de Chine, lavis d’encre et gouache sur papier Japon de 74 sur 56,5 cm, partit contre 2.169.500 euros! L’œuvre datait de 1942 et avait été acquise, quarante ans plus tard, chez le célèbre marchand Heinz Berggruen. L’estimation de 800.000 à 1.200.000 euros a donc été allégrement surpassée.

Le deuxième meilleur prix, soit 529.500 euros, va à une assez faible gouache et aquarelle sur papier exécutée, en 1955, par Marc Chagall et préalablement estimée entre 400.000 et 600.000 euros, dont le seul mérite réside dans ses dimensions hors normes: 100,7 sur 151,5 cm.

Quant au troisième résultat en importance, il revient à nouveau à Picasso, dont "Polaire", une encre sur papier, s’est échangée contre 313.500 euros. Une "paille" pour le maître catalan, mais il s’agissait d’un croquis de 1901, encore signé "Ruiz" et estimé entre 180.000 et 250.000 euros, représentant une artiste de variété dans le goût d’Henri de Toulouse-Lautrec. Un beau dessin, qui n’a rien à envier aux œuvres qui rendent compte du talent de l’artiste quelques années plus tard.

La vente comportait également d’autres belles feuilles de la fin du XIXe siècle, ainsi que des œuvres de la première décennie du siècle suivant.

Pour ce qui concerne l’Ecole belge, mentionnons la vente, contre 67.500 euros, et ce sur la base d’une estimation de 40.000 à 60.000 euros, d’une encre et gouache de Léon Spilliaert intitulée "L’attente". Exécutée en 1902-1903, elle mesure un peu plus de 38 sur 30,5 cm.

Une autre œuvre du maître d’Ostende, plus tardive, est, par contre, restée sur le carreau.

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