À la recherche de rentabilité, Snapchat s'essaye aux jeux vidéo

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Snap a annoncé la semaine dernière le lancement de Snap Games afin de fournir des petits jeux à ses utilisateurs. Un moyen pour l’entreprise d’augmenter l’engagement de ses utilisateurs. Et donc, d’attirer les annonceurs.

Les jeux vidéo ont décidément la cote chez les géants technologiques. Après Google et son projet Stadia il y a un mois, c’est désormais autour de Snap de s’y intéresser. La semaine dernière, Evan Spiegel, le fondateur de l’application de partage, a annoncé le lancement de Snap Games. La nouveauté permet de proposer désormais aux utilisateurs des mini-jeux multijoueurs, directement sur la plateforme de communication. D’autres innovations, comme la possibilité d’intégrer ses stories Snapchat sur d’autres supports dont Tinder, une app de rencontre, ont également été annoncées.

Très prisé chez les plus jeunes, Snapchat cherche depuis des années le moyen d’être rentable. Huit ans après sa création et deux après son entrée en Bourse, Snap n’est toujours pas bénéficiaire. Malgré un chiffre d’affaires record de 389 millions de dollars lors du dernier trimestre de 2018, l’année fut compliquée. Elle a perdu plus d’un milliard d’euros de valorisation, a vu plusieurs dirigeants s’en aller et a été attaquée de toutes parts pour la refonte de son app.

Favoriser l’engagement

Snapchat doit se repenser. Le concept, révolutionnaire à l’époque de son lancement (le partage éphémère de photo et vidéo), a depuis été repris par la concurrence. Selon des chiffres présentés par CNN, Snapchat compte 186 millions d’utilisateurs quotidiens des fameuses "stories" contre plus de 500 millions chez Instagram. Depuis quelques mois, l’appli n’attire d’ailleurs plus de nouveaux utilisateurs. Snap cherche donc désormais le meilleur moyen pour devenir enfin rentable avec un nombre relativement faible d’utilisateurs. Pour y parvenir, elle compte largement sur leur fidélité, argument majeur auprès des annonceurs. Mini-séries, partenariats, réalité augmentée toujours plus performante et donc jeux vidéo, tous les moyens sont bons pour favoriser l’engagement.

Si la capacité de l’entreprise à innover n’est plus à démontrer, c’est plutôt sa faculté à monétiser concrètement son savoir-faire qui pose question aux analystes. Selon Bloomberg, qui cite différents analystes, ce nouvel outil est une bonne chose mais n’est probablement pas encore la solution finale. "Les nouveaux services devraient créer des opportunités d’engagement. Mais la monétisation matérielle n’est pas aussi simple", explique le cabinet Morgan Stanley. "L’engagement se renforce, ce qui est bénéfique pour la croissance de la publicité, mais des risques subsistent concernant l’exécution", précise JMP Securities. Le patron américain est lui sans doute bien plus optimiste. Fin de l’année dernière, Evan Spiegel avait indiqué que l’objectif est de devenir profitable dès cette année.

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