Kinepolis bientôt expulsé du plateau du Heysel?

Le Parc des Expositions de Bruxelles attaque Kinepolis en justice et demande la résiliation de la convention qui les unit. Pour Kinepolis, la Ville avance avec un agenda caché dans le cadre de Neo.

L’ambiance semble de plus en plus plombée sur le plateau du Heysel. Après l’annonce de la fin des activités en août 2013 d’Océade et de Mini-Europe, c’est un conflit juridique qui oppose, cette fois, le Parc des Expositions de Bruxelles (PEB, appartenant à la Ville de Bruxelles, NDLR) à Kinepolis, l’exploitant d’un complexe composé de vingt salles de cinéma.

Le PEB, qui reproche à Kinepolis de ne pas respecter la convention qui lie les deux parties, demande la résiliation de ladite convention. Le Parc des Expositions de Bruxelles veut-il faire déguerpir Kinepolis du plateau du Heysel? L’affaire a été soumise hier à la sagacité des juges du tribunal de commerce de Bruxelles.

A savoir

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Agenda caché?

L’origine du conflit semble anodine. Le PEB, défendu par l’avocat Daniel Mommens, reproche à Kinepolis d’organiser des conférences et autres séminaires dans son complexe, une pratique concurrentielle que la PEB estime être contraire à la loi sur les pratiques de marché.

Bon an mal an, les deux parties se sont toujours entendues, malgré quelques remontrances de la part du PEB vis-à-vis de Kinepolis. Et cela, jusqu’en 2009, époque à laquelle Kinepolis a annoncé des transformations sur son site, un changement plus à même de recevoir des congressistes dans de meilleures conditions. "Kinepolis a réalisé un projet dédié à des événements dont on ne peut pas accepter la nature", a plaidé l’avocat du Parc des Expositions.

Malgré quelques différends, les deux parties continuent pourtant à travailler main dans la main et, en 2004, le bail de Kinepolis est prolongé jusqu’en 2025. À cette époque, il n’était pas encore question du projet Neo, du nom de ce plan de réaménagement du plateau du Heysel voulu par la Ville de Bruxelles.

Au fil des ans, le ton monte, le PEB reprochant de plus à plus à Kinepolis d’organiser des événements n’ayant plus rien à voir avec des projections de films à destination d’un public. De son côté, Kinepolis, défendu par Dominique Lagasse et par Cédric Alter, explique avoir tenté de désamorcer le conflit à plusieurs reprises, sans succès.

Campagne de dénigrement

"Au fil des mois, l’attitude du PEB est devenue plus hostile et le ton adapté est devenu d’une agressivité inhabituelle", a plaidé Dominique Lagasse.

Et, à écouter les avocats du Parc des Expositions, le Parc a dépassé les limites en envoyant des mails aux clients de Kinepolis en les menaçant de les poursuivre s’ils participaient à tel ou tel événement organisé au Kinepolis.

Et finalement, alors que c’est le Parc des Expositions qui a lancé l’action en justice, Kinepolis a sorti l’artillerie lourde pour lui répondre. "Le Parc des Expositions a un agenda caché. Il veut faire place nette sur le plateau du Heysel", a encore dit l’avocat de Kinepolis.

Le dossier n’est pas simple, mais quelques éléments posent question. Comme ce courrier, envoyé par PEB à Kinepolis en avril 2010 et cité hier à l’audience par Cédric Alter. Le sujet de ce courrier est limpide: récupération du foncier de la Ville de Bruxelles sur le site du Heysel, "et cela, dans des délais compatibles avec la réalisation du projet Neo".

Eu égard à ce qui précède, Kinepolis a introduit une quadruple demande reconventionnelle via laquelle il réclame 750.000 euros, dont, entre autres, 150.000 euros pour procédure téméraire et vexatoire. 

Suite des plaidoiries la semaine prochaine.

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