UniversCiné lance UnCut, le Netflix belge du ciné d'auteur

©uncut

La plateforme belge de vidéo à la demande par abonnement UnCut entend titiller Netflix avec une offre axée sur le cinéma européen de qualité.

On l’attendait début 2018, mais le développement technique s’étant avéré plus compliqué que prévu, c’est finalement ce mardi que la plateforme de vidéo à la demande UniversCiné Belgium lance UnCut, son service de vidéo à la demande par abonnement (SVOD).

Dans un marché vampirisé par Netflix et les plateformes de contenus US destinées à un public jeune, UnCut se veut une initiative inédite en Belgique. "UnCut, c’est une plateforme de SVOD belge, privée, indépendante d’un opérateur télécom ou des pouvoirs publics mais complémentaire aux offres existantes car elle se focalise sur le cinéma indépendant et européen", explique Maxime Lacour, patron d’UniversCiné Belgium.

50.000
abonnés
Grâce à son offre alternative de contenus, UnCut entend séduire 50.000 abonnés dans les deux ans.

Le cinéphile aura un accès illimité à plus d’un millier de films "de qualité" dont 65% de films européens (15% de belges). Pas forcément du cinéma prise de tête mais des films de cinéastes ayant su allier succès critique et reconnaissance du public. On pense à Stephen Frears, David Lynch, Michael Haneke, Lars Von Trier, Woody Allen, Wim Wenders, Jacques Audiard, Joachim Lafosse, les frères Dardenne, etc.

UniversCiné disposant des droits d’exploitation en VOD sur plus de 5.000 œuvres, le catalogue s’enrichira tous les mercredis de 7 films supplémentaires, l’objectif étant d’en proposer 3.000 d’ici la fin 2019. Essentiellement des longs métrages mais aussi des documentaires, des films pour enfants, etc. Il y aura aussi des thématiques des cycles autour de grands cinéastes et un moteur de recherche par titre, acteur, réalisateur… Au total, l’investissement s’élève à 1,2 million d’euros.

Selon la chronologie des médias, un film ne pourra sortir sur UnCut que 24 à 36 mois après sa sortie en salle. "Mais les règles sont en train de s’assouplir, relève Maxime Lacour. Et rien ne nous empêchera de négocier avec les ayants droit pour diminuer ces délais."

Moins cher que Netflix

UnCut est accessible moyennant 7,99 euros par mois pour un écran, celui de l’ordinateur. Soit l’équivalent du tarif de base de Netflix. Mais pour trois écrans de plus (le service sera également accessible sur tablette, smartphone et télés connectées fin octobre), il sera bien plus concurrentiel: 9,99 euros, contre 13,99 chez Netflix. Par ses tarifs, ses contenus et ses services, la plateforme entend d’ailleurs nettement se différencier de l’ogre US. "Nos algorithmes sont humains, ironisait il y a quelques mois dans L’Echo Maxime Lacour. Il y a une véritable éditorialisation avec des recommandations de notre équipe et des utilisateurs, des critiques, etc."

UnCut est d’autant plus concurrentiel à Netflix que la facture sera ramenée de 9,99 à 8,99 euros pour les adhérents de la Fnac Belgique. La plateforme a en effet noué un partenariat marketing avec la célèbre enseigne de biens culturels. Le réseau des onze magasins Fnac belges promotionnera le nouveau service en échange de la réduction octroyée à ses 400.000 adhérents. Une campagne en abribus, des partenariats avec la presse et de la pub en ligne complètent le lancement.

Le partenariat avec la Fnac pourrait bientôt s’accompagner d’un autre. Malgré des relations naguère tendues, UniversCiné négocie avec la RTBF pour adosser UnCut à sa plateforme Auvio. Le patron de la RTBF Jean-Paul Philippot s’est récemment dit ouvert à pareil projet alors qu’Auvio vient de s’ouvrir aux productions d’Arte. Cela donnerait en tout cas à UnCut une jolie visibilité. "Mais pas question de renoncer à notre indépendance", insiste Maxime Lacour.

UnCut ambitionne de capter 50.000 abonnés d’ici 2 ans. Des estimations basées sur l’évolution du marché. Alors que la consommation de la télé devient de plus en plus délinéarisée, le succès de plateformes de vidéo ne se dément pas: selon l’Observatoire européen de l’audiovisuel, le chiffre d’affaires de la SVOD en Europe a progressé de 128% par an entre 2011 et 2016; elle représente 60% de la croissance des revenus des services audiovisuels payants.

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