Avec ses données, Orange connaît une nouvelle ruée vers l'or

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Orange s’intéresse toujours plus aux données. Désormais, sa filiale spécialisée BtoB représente près de 20% de ses revenus globaux. L’entreprise compte renforcer sa position d’acteur mondial à coups d’investissements et d’acquisitions.

Avec ses offres mobiles et fixes, l’activité d’Orange n’est plus vraiment à présenter au grand public. En tant qu’opérateur télécom, l’entreprise est active dans 27 pays. De quoi en faire en géant. En 2018, l’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires de 41 milliards d’euros et compte 148.000 travailleurs dans le monde. Mais Orange ne vend pas que des abonnements téléphone et internet. L’entreprise a également de l’intérêt pour d’autres activités. Celle qui a le vent en poupe actuellement se nomme l’exploitation de données.

"On estime que d’ici 2025, 60% des datas générées le seront par l’écosystème BtoB."
Helmut Reisinger
CEO d’Orange Business Services

Peu connu du grand public, Orange Business Services est l’entité BtoB d’Orange. Au fil du temps, OBS, pour les intimes, s’est spécialisé entre autres dans l’exploitation des fameuses "data", en se focalisant principalement sur la collecte et le stockage des données. L’intérêt pour cette nouvelle "matière première" n’est évidemment pas un hasard, le volume de données étant toujours plus grand. "On estime que d’ici 2025, 60% des datas générées le seront par l’écosystème BtoB", indique Helmut Reisinger, le CEO d’Orange Business Services.

Présence mondiale

Mi-octobre au bureau d’Orange à Paris, le patron présentait les ambitions stratégiques de sa filiale. L’objectif est simple, renforcer encore la position sur le marché mondial où le groupe occupe actuellement la 5e place. Pour cela, l’entreprise multiplie les acquisitions. "En 2019, OBS a dépensé plus d’un milliard d’euros pour racheter différents acteurs spécialisés, aussi bien dans la data que la cybersécurité", précise-t-on fièrement du côté d’Orange.

"Hors France, la Belgique est l’un des principaux bureaux européens d’Orange Business Services."
Frank Baggermans responsable benelux d’obs

À l’heure de sortir les tableaux de résultats, les performances d’OBS sont devenues capitales pour Orange. En 2018, les 25.000 travailleurs de l’entité ont généré quelque 7,3 milliards d’euros. "Comparée à l’offre BtoC d’Orange, nous avons une activité bien plus étendue géographiquement. Nous travaillons aujourd’hui avec plus de 3.000 entreprises multinationales réparties dans plus de 200 pays", explique Helmut Reisinger, le CEO d’Orange Business Services. "Nous avons par exemple récemment signé un contrat d’une douzaine de millions d’euros en Chine. En Russie, nous sommes les seuls acteurs extranationaux à disposer d’une licence nationale sur tout le pays. Cela intéresse beaucoup les entreprises étrangères, par exemple américaines, qui souhaitent s’y développer", explique encore le patron.

Le siège parisien héberge aujourd’hui la majorité des équipes de direction et de fonctions transverses. Mais OBS dispose près de la moitié de ses effectifs à l’international et notamment chez nous. "Hors France, la Belgique est même l’un des principaux bureaux européens d’OBS", assure Frank Baggermans, le responsable de l’antenne au Benelux. Les 250 travailleurs qu’il dirige couvrent aussi en effet les activités B2B sur le sol luxembourgeois et hollandais.

660 travailleurs supplémentaires en Belgique

La politique d’acquisition a également eu ses conséquences sur l’implantation belge. Les rachats récents des groupes SecureLink et de Business & Decision ont fait croître les troupes de 660 personnes.

"Nous avons l’ambition d’être présents sur toute la chaîne de valeur, y compris dans l’exploitation."
Frank Baggermans

Les deux investissements ont permis d’améliorer l’aspect sécurité mais aussi d’aller un cran plus loin en permettant désormais de faire de l’analyse de données, une partie du marché sur laquelle OBS était encore peu active en Belgique.

"Nous avons l’ambition d’être présents sur toute la chaîne de valeur, y compris dans l’exploitation, explique Frank Baggermans. Nous avons par exemple un contrat avec le port d’Anvers dont l’un des principaux défis est de gérer la circulation dans le port. Nous assurons de manière assez classique le stockage et la sécurisation de leurs données. Mais nous réalisons également l’analyse qui permet d’installer des solutions prédictives en fonction de la densité du trafic maritime", illustre le patron, convaincu par le potentiel de croissance d’OBS. "On dit souvent que la donnée est le nouvel or", sourit-il. La ruée ne fait que commencer.

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