chronique

Les géants de la tech découvrent les syndicats

La création d’un syndicat dans une entreprise technologique américaine a provoqué l’émoi dans le secteur. Les géants du net ont peur de voir le phénomène se développer.

"Syndicat". Le simple fait de prononcer ce mot dans les bureaux design des entreprises technologiques de la Silicon Valley peut vous valoir le statut de paria. Hermétique à toute représentation syndicale pendant des années, le secteur technologique américain voit avec méfiance les velléités de plus en plus insistantes de représentation de ses équipes.

Les employés intérimaires de ces grandes entreprises technologiques comme Google, Facebook ou Amazon ont eu plus de courage et ont depuis longtemps osé constituer des syndicats pour défendre leurs intérêts.

Si l’émergence d’une représentation syndicale au sein d’une entreprise n’aurait éveillé absolument aucun intérêt en Belgique, le moment est historique de l’autre côté de l’Atlantique.

C’est Kickstarter qui a marqué l’histoire cette semaine. Le siège de la plateforme de financement participatif a été le lieu d'un vote historique avec 46 salariés qui se sont prononcés en faveur d’un rattachement à un syndicat représentant déjà 125.000 cadres américains et canadiens, l’Office and Professional Employees International Union.

L'Echo Disrupt

L’Echo Disrupt met en avant les technologies qui bouleversent notre rapport au monde, les acteurs à la pointe de l’innovation et les entreprises qui changent les règles du jeu.

Lire nos articles <

La crainte d'un effet tache d'huile

Premier syndicat, ce n'est pas tout à fait exact. Les employés intérimaires de ces grandes entreprises technologiques comme Google, Facebook ou Amazon ont eu plus de courage et ont depuis longtemps osé constituer des syndicats pour défendre leurs intérêts souvent laissés au second plan par leurs employeurs peu regardant sur leurs conditions de travail.

Les entreprises mythiques de la Silicon Valley ont réussi à éviter les contestations et conflits sociaux en octroyant des conditions extrêmement avantageuses et en mettant en avant un esprit d’entreprise "différent".

Généralement affectés au nettoyage, à la gestion des cafétérias ou à la sécurité, ces emplois précaires ont depuis 3 ans initié le mouvement et montré l’exemple pour leurs collègues en cols blancs. Car si Kickstarter est pour le moment l’unique entreprise technologique américaine a disposé d’un syndicat pour ses cadres. Les Facebook, Google et Apple craignent un effet tache d’huile au sein de leurs entreprises.

Depuis leur création, ces entreprises mythiques de la Silicon Valley ont réussi à éviter les contestations et conflits sociaux en octroyant des conditions extrêmement avantageuses et en mettant en avant un esprit d’entreprise "différent". Peu de hiérarchies, des sessions de discussions directes entre les employés et les CEO, des congés payés et une foule d’avantages sur le lieu de travail destinés à la fois à faire rester le plus possible les employés au bureau, mais aussi à leur éviter d'avoir envie de se plaindre.

Chez les géants de la technologie, on travaille dur, mais on reste cool parce qu'on est bien payé, passionné et qu'on veut changer le monde. Ça, c’était l’idée jusqu’il y a quelques années. L’image idyllique est désormais quelque peu écornée et le temps faisant son office, ces entreprises révolutionnaires par leur technologie et leur façon d’opérer deviennent des entreprises classiques avec des problèmes inhérents à ce statut.

L'union fait la force

On ne peut pas garder un esprit start-up quand on est devenu un géant mondial comme Google. La façade reste, mais les besoins de sécurité d’emploi et de représentativité des employés déconstruisent petit à petit le mythe de l’entreprise idéale répété à longueur de journée par les GAFA au cours des 15 dernières années. Google avait, par exemple, décidé récemment d’abandonner ses réunions historiques du vendredi où les employés pouvaient poser toutes leurs questions aux dirigeants.

Un signe perçu à l’époque comme la fin de l’âge d’or de ces entreprises, mais surtout la fin d’un esprit d’entreprise. Il est assez cocasse de constater que les entreprises les plus modernes du monde ont peur de l’une des plus vieilles devises: l’union fait la force.

Lire également

Messages sponsorisés