chronique start-ups

À quand une marque pour la Belgian Tech?

Chaque Région y va de sa propre initiative pour promouvoir ses start-ups. Ce qui perturbe et amoindrit la visibilité et le potentiel de la scène tech belge. Dans ce melting-pot, pas facile d’exister à l’international pour nos jeunes pousses qui ont besoin d’une marque forte pour les soutenir.

Il est encore très difficile pour nos start-ups d’exister sur la scène internationale et dans l’autre sens, les investisseurs et marchés étrangers ont du mal à identifier l’écosystème digital belge et ses composantes.

La Belgique possède cette renommée suffisante qui facilite l’introduction et suscite l’attrait.

Soyons très clairs, quand on parle d’écosystème digital belge, il faut en réalité parler de 3 écosystèmes distincts. Bruxelles, la Flandre et la Wallonie possèdent chacune un écosystème propre avec ses spécificités et ses spécialisations. Bruxelles est de loin le premier hub de jeunes entreprises technologiques avec 600 start-ups (le plus haut taux de par nombre d’habitants sur les 3 Régions). La Flandre n’est pas loin derrière avec 1.200 start-ups, mais réparties sur un territoire beaucoup plus vaste. Enfin, la Wallonie rattrape petit à petit son retard avec environ 400 start-ups. Les niveaux s’équilibrent entre les Régions, pourtant chacune joue de plus en plus sa carte dans son coin avec sa propre marque. Alors pourquoi diable vouloir les réunir sous une même bannière?

Tout d’abord, c’est une question de visibilité. Lorsqu’une délégation de start-ups débarque à Singapour ou au Portugal, personne ne connaît la Flandre ou la Wallonie. Par contre, la Belgique possède cette renommée suffisante qui facilite l’introduction et suscite l’attrait. Les start-ups belges commencent à avoir une belle réputation à l’étranger avec les récents succès de Collibra, Showpad ou Combell. Malgré une fin de parcours tragique, Take Eat Easy a également en son temps ouvert la voie pour bon nombre de start-ups belges auprès de fonds internationaux.

L’exemple français

Les investisseurs n’ont que faire de nos querelles institutionnelles.

Ensuite, l’idée est de créer une marque forte et reconnue pour ses atouts, à l’image de la French Tech, portée sur le devant de la scène par le président français Emmanuel Macron en qualité de super VRP. La marque des entreprises tech françaises a réussi à s’imposer dans le monde entier et il suffit désormais pour une start-up de l’Hexagone de s’introduire à l’étranger en mentionnant son appartenance à la French Tech pour situer le cadre et être accueillie à bras ouverts hors de ses bases. Lors des grandes foires internationales, il est désormais quasi impossible d’échapper aux rassemblements French Tech autour du fameux coq rose. Dans le même type d’événement, les délégations bruxelloise, flamande et wallonne sont devenues concurrentes et passent plus de temps à expliquer la complexité politique de notre pays plutôt que leurs innovations.

Chez nous, une organisation joue tant bien que mal ce rôle fédérateur: startups.be. Sorte de fédération des start-ups belges, cette ASBL organise notamment des missions économiques à l’étranger ou des événements pour créer l’étincelle entre des gros investisseurs et nos meilleurs éléments tech. C’était encore le cas cette semaine à Gand où les meilleures start-ups et scale-ups belges passaient tour à tour devant les plus gros fonds d’investissement belges et mondiaux pendant 3 jours. L’organisation met en avant les start-ups de l’ensemble du territoire sans distinction, les seuls critères étant leur qualité et leur potentiel. C’est-à-dire les mêmes critères que pour les investisseurs qui n’ont que faire de nos querelles institutionnelles. Startups.be et Scaleups.eu (sa division pour les sociétés plus matures) jouent donc le rôle que devrait jouer l’État fédéral. Si c’est une situation qui était compréhensible aux balbutiements de l’écosystème il y a 10 ans, elle est désormais incompréhensible.

Nos jeunes pousses ont besoin d’une bannière forte et unique pour les soutenir et les représenter à l’international. Notre marché intérieur étant si petit et fragmenté, tenter l’aventure à l’étranger est presque devenu une obligation pour nos start-ups. La dénomination BeTech a un temps représenté l’activité de l’écosystème local sur les réseaux sociaux, pourquoi ne pas l’utiliser comme marque du savoir-faire technologique made in Belgium?

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