Chronique : Petit exercice sociologique signé QVAX

Lancée en quelques semaines, QVAX est une adaptation d'une solution pour la gestion de sièges vides dans les stades mise en place par un entrepreneur belge. ©BELGA

La plateforme mise en place depuis quelques jours est déjà un outil important dans la lutte contre le Covid. Sa mise en place a toutefois rappelé quelques mauvaises habitudes visiblement inhérentes à la tech.

Enfin. Il y a quelques semaines on dressait un bilan peu glorieux. Dans la bataille face au Covid, le soldat tech n'avait, jusqu'ici, pas spécialement brillé. Il lui fallait pourtant son heure de gloire pour rassurer les sceptiques et confirmer que son intérêt ne se limite pas à l'organisation de réunions en vidéoconférence. Le sauveur de réputation a mis un peu de temps, mais il est bien arrivé. Il se nomme QVAX. Lancée il y a une dizaine de jours, la plateforme assure. Mieux, elle convainc. Cerise sur le gâteau numérique, elle est sortie de la tête d'un entrepreneur belge qui n'a mis qu'une poignée de semaines à adapter un de ses produits à cette demande inédite.

Le résultat est d'une telle évidence qu'on se demande comment/pourquoi, on ne s'est pas penché sur la problématique plutôt. Cela aurait permis à pas mal de call centers d'éviter la surchauffe des combinés pour trouver des bras à vacciner en dernière minute. Après une grosse semaine, les premiers résultats ont largement été salués. Sciensano reprendra d'ailleurs prochainement les vaccinés made in QVAX dans ses statistiques. La reconnaissance ultime.

Vilaines habitudes

Le lancement a aussi permis de réaliser un petit exercice sociologique et révéler quelques vilaines habitudes. La première: celle de cette triste faculté qu'a une technologie à influencer les comportements. Et évidemment, rarement dans le bon sens. À l'heure de s'inscrire, certains petits as de la technologie ont trouvé le moyen de contourner la file d'inscriptions. Bel exemple d'égoïsme. La faute sans doute à cet écran d'ordinateur à la pression sociale toute relative. Une barre de chargement, c'est forcément moins dissuasif qu'une foule de vrais humains expliquant que, non, on ne dépasse pas. Derrière un écran, certains se permettent ce qu'ils n'oseraient sans doute pas ailleurs. À noter que si on le voit pour l'égoïsme, on le constate aussi avec la misogynie, le racisme, l'homophobie et toute cette ribambelle de comportements qui sent fort le caniveau.

Question non-sens, on relèvera aussi ce choix devenu presque la norme et qui consiste à mettre l'uniformité nationale au placard.

L'autre mauvaise habitude qui a ressurgi est celle du manque d'informations. Elle rend d'ailleurs l'égoïsme cité deux lignes plus haut encore un peu plus ridicule. QVAX est une liste de réserve, non une file d'attente. Son fondateur a beau le rappeler dès qu'il le peut, cela a encore du mal à se figer dans les esprits. Se presser pour être le premier inscrit sur une liste ne se souciant pas de l'ordre d'arrivée et ne garantissant pas de servir tout le monde n'a aucun sens.  

Uniformité au placard

Question non-sens, on relèvera aussi ce choix devenu presque la norme et qui consiste à mettre l'uniformité nationale au placard. QVAX fonctionne et est salué pour son efficacité. Tant mieux pour les Wallons et les Flamands. Tant pis pour les Bruxellois pour qui la région a préféré un autre système qui pointera le bout du nez lundi. Oui, mais Bruxelles n'est structurellement pas la même région que le reste du pays. Oui, mais cela permet de répondre au problème différemment. Oui, mais cela reste franchement brouillon et peu lisible.

À l'heure de dresser le bilan de la jeune plateforme, évitons toutefois cette autre mauvaise habitude qui consiste à ne retenir que le mauvais à la place du bon. Le système tient ses promesses et c'est bien là l'essentiel.

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