chronique

De la notion de responsabilité

Les dernières manchettes sur l’aventure de WeWork m’ont fait bondir, surtout les articles dans lesquels on pouvait lire que les investisseurs allaient perdre confiance dans ce type de business model. Alors que la plupart des articles documentent plutôt réellement la responsabilité de l’entrepreneur dans ce cas précis.

Donc la situation d’une société, encensée puis démolie, dont la chute est principalement liée aux travers de son fondateur, pourrait mettre en péril des dizaines ? centaines ? de levées de fonds pour de nouveaux entrepreneurs qui voudraient se lancer dans des business models similaires ? Est-ce qu’un exemple comme celui-ci pourrait faire vaciller la vie d’entrepreneurs en ce moment sur ce segment d’activité ? En tant qu’investisseur, on croise surtout des entrepreneurs honnêtes et très courageux, et malheureusement quelques très rares exceptions à ces comportements.

"En tant qu’investisseur, on croise surtout des entrepreneurs honnêtes et très courageux, et malheureusement quelques très rares exceptions à ces comportements"

A la lecture de ces articles sur la débacle de la gestion de cette entreprise, je ne peux que me résoudre à constater qu’il est vrai que le comportement d’une infinie minorité d’entrepreneurs nuit gravement à la capacité de nombreux autres de développer leur entreprise et de lever des fonds. On dit toujours que l’on apprend de ses erreurs, " live and learn ". Il est vrai que dans l’investissement comme dans d’autres choses dans la vie, on retient plus facilement ce qui n’a pas fonctionné. Comme lorsque l’on va dans un restaurant et que l’on a été mal reçus, on écrit un commentaire pour le faire savoir, alors que si tout s’est bien passé on ne le fait pas forcément. Dès lors, je m’intérroge si, en tant qu’entreprenuer, il existe une notion de responsabilité intrinsèque à se revendiquer de cette communauté. Est-ce qu’il faut plus que d’autres faire attention à l’image que l’on renvoie, à l’expérience que l’on va faire vivre à ses clients, investisseurs, administrateurs, à ce que l’on va pouvoir lire dans la presse plus tard éventuellement ? L’entrepreneur n’est-il pas devenu un symbole, celui de la resilience, de la combativité, une expression positive de destruction créatice?  

Et comme tout symbole, l’entrepreneuriat représente un engagement, une promesse. Lorsque quelqu’un se lance en tant qu’entrepreneur pour créer sa start-up, est-ce que ce qu’il/elle ne dépasse pas le cadre de sa seule activité ? Comme pour toute communauté, désormais suivie, scrutée comme une expression d’innovation dans un contexte économique, social et culturel morose, en tant qu’entrepreneur dois-je sentir un sens de responsabilité pour mes pairs ? Est-ce que la façon dont je conçois mon entreprise, traite mes clients, gère mes investisseurs, laissera des traces pour ceux qui créeront après moi ? Adam Neumann ne s’est certainement pas posé cette question. Peut-être même que certaines présentations pour des pitchs liront dans le futur proche ‘I am no Adam Neumann’. 

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