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De Liège au marché américain, Alvalux à la conquête de l'ouest

©Wouter Van Vooren

La start-up liégeoise a développé un objet connecté qui répare les cicatrices. Elle va le commercialiser aux Etats-Unis avec d’énormes ambitions.

Une start-up liégeoise qui attaque le marché américain, ça n’arrive pas tous les jours. Alvalux et son objet connecté pour le traitement des cicatrices se lancent pourtant dans l’aventure avec des ambitions qu’on a peu l’habitude d’entendre dans la bouche des start-ups wallonnes.

Pour mieux comprendre les racines de ses ambitions, il faut creuser du côté de son fondateur, Michel Alvarez. Le CEO d’Alvalux est originaire de Californie et a la culture start-up dans le sang et ça se sent. Venu s’implanter en Belgique en 2010 pour lancer iSTAR Medical avant de s’en retirer en 2014, il a décidé de rester. "Je suis tombé amoureux de la façon de travailler ici en Belgique et je pense qu’on apprécie mon management à l’américaine", confie-t-il en anglais car malgré ses efforts, l’apprentissage du français demeure pour lui plus compliqué que la création d’une start-up innovante.

Infrarouges et silicone réparateur

Les objets connectés commercialisés dans le domaine médical se contentent généralement de collecter, monitorer et analyser des données. Ici, avec son produit baptisé Cicalux, la start-up liégeoise propose un appareil qui agit directement sur le patient. "En combinant la thermothérapie et le biomatériau de silicone, le dispositif est conçu pour améliorer les cicatrices de césarienne et d’incision similaires notamment."

"Nous visons 10 millions de revenus grâce à Cicalux dès 2020"
Michel Alvarez
CEO Alvalux

Il associe trois traitements: la feuille de silicone, la chaleur infrarouge et le soulagement de la tension au sein d’un appareil qui ressemble aux patchs de musculation qui faisait fureur dans les années 2000.

Assemblé en Belgique, le produit se vend dans différentes versions entre 70 et 400 euros. Il s’agit donc d’un traitement non invasif et qui agit également pendant le sommeil de la personne traitée. On est à mi-chemin entre la chirurgie réparatrice et la technologie médicale de poche.

Les objets connectés médicaux ont déjà fait leurs preuves selon Michel Alvarez. "Dans le domaine du diabète avec la délivrance d’insuline ou encore dans le monitoring d’activités physique avec les montres connectées." L’ambitieux fondateur d’Alvalux veut devenir rapidement le leader mondial avec ses objets connectés car il l’assure: "Nous travaillons actuellement sur d’autres produits pour prendre la première position sur ce marché." L’objectif à terme est de développer une plateforme complète de dispositifs médicaux liés à la régénération des tissus et cellules.

L’Amérique, ils la veulent et ils l’auront

Après le lancement européen du produit, c’est surtout le territoire américain qui est dans le viseur d’Alvalux. "Nous prevoyons d'atteindre 10 millions d'euros de revenus dans les 5 ans." Le marché des objets connectés devrait représenter 20 milliards de dollars au niveau mondial d’ici trois ans selon Michel Alvarez et les américano-liégeois espèrent se tailler une part conséquente du gâteau.

Pour soutenir ses ambitions, la start-up est un bébé du Plan Marshall 2.0. et elle a déjà pu compter sur le soutien de la région wallonne à hauteur d’un million d’euros et de Noshaq qui a, de son côté, injecté 450.000 euros. Alvalux va également recevoir prochainement des fonds via Spreds à hauteur de 500.000 euros et, enfin, elle devrait effectuer une levée de fonds aux alentours des 3 millions d’euros avant la fin de l’année. Des montants qui paraissent peu élevés par rapport aux ambitions de la start-up, surtout dans un domaine où il faut beaucoup d’argent et rapidement pour tenter de s’imposer sur un marché. L’année 2020 apportera rapidement des réponses avec les premiers chiffres de vente du produit.

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