chronique start-ups

Doubler de taille chaque année pour atteindre les sommets

La Ligue des Champions pour tout entrepreneur tech, c’est le club des licornes. CB Insights décompte plus de 400 de ces entreprises privées valorisées à plus d’un milliard de dollars à travers le monde dont 2 d’origine Belge : Collibra et Combell.

Ces deux joyaux ont passé ce cap symbolique de valorisation en 2019 en même temps qu’environs 100 autres entreprises – dont Grammerly (le correcteur orthographique en ligne), Coursera (plateforme d’éducation en ligne), Doctolib (prise de rendez-vous médical) ou encore Databricks (une plateforme pour le big data).

Dans cette course olympiquse du digital, la Belgique va encore délivrer des médailles d’or en 2020. Ce n’est qu’une question de temps avant que Showpad, Odoo ou Acquia ne publient la nouvelle d’une telle valorisation.

La valorisation d’une entreprise tech dépend du multiple appliqué sur le revenu récurrent.
Sébastien Deletaille
CEO de Medispring

Par rapport à la Chine et aux Etats-Unis, la Belgique (et l’Europe) est à la traîne dans la création de licornes. Malgré une politique fédérale pro-digital et pro-entrepreneuriat, la réalité est la suivante : fonder une licorne prend du temps… En effet, la valorisation d’une entreprise tech dépend du multiple appliqué sur le revenu récurrent. Ce multiple est lui-même dépendant de la croissance. Pour recevoir un multiple de 10x le revenu récurrent, une entreprise doit avoir doublé de revenus chaque année pendant près d’une décennie.

Un alignement parfait

Doubler de taille chaque année, c’est facile à dire, c’est extrêmement difficile à faire. Surtout quand on passe le cap des 5-10 millions d’Euros. En réalité, il faut un alignement parfait entre le marché (i.e. le problème qu’on cherche à résoudre), l’équipe, le produit et le financement (et donc la gouvernance).

Quel est l’élément le plus déterminant de ces 4 variables ? Contrairement à la pensée générale – il ne s’agit pas de l’équipe, mais bien du marché. L’idéal est évidemment d’avoir une excellente équipe dans un excellent marché. Toutefois, une mauvaise équipe dans un excellent marché ira beaucoup plus loin qu’une excellente équipe dans un mauvais marché.

Et voilà tout le défi de notre petite nation. Le marché Belge est trop petit pour être auto-suffisant. Tout entrepreneur qui se lance en terre noir-jaune-rouge doit inévitablement partir à l’étranger et doit donc réfléchir différemment de l’entrepreneur Américain ou Chinois. Il ne peut pas uniquement compter sur son marché " local ", il doit trouver un problème qui peut s’exporter : non seulement le développement du produit, mais aussi la méthode de vente.

L'importance et la fréquence du problème

Pour choisir un excellent marché, je vous conseille de suivre les conseils de Des Traynor (co-fondateur d’Intercom, une plateforme de marketing digital). Dans de nombreuses vidéos YouTube, il sépare les marchés/problèmes selon deux axes : l’importance du problème et la fréquence du problème. L’idéal, c’est de développer une solution à un grand problème fréquent. Il est possible de réussir sur des petits problèmes fréquents ou des grands problèmes rares. Par contre, il est très peu probable de réussir sur un petit problème rare (peu de clients sont intéressés par le remplacement de la batterie de sa brosse à dents électrique – ça arrive une fois tous les 7 ans, et c’est plus simple d’acheter une nouvelle brosse à dent).

Pour mes confrères jeunes entrepreneurs, que retenir ? Vouloir devenir la prochaine licorne, c’est faire preuve d’ambition. Notre pays a besoin d’ambition. Pour y arriver, trouvez le prochain marché d’avenir.

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