chronique

Et si finalement le réseau social était le meilleur ami des médias?

Journaliste

Les médias n'ont plus bonne presse du côté des réseaux sociaux. La solution? Les réseaux sociaux. Mais cette fois en exploitant vraiment leurs qualités.

On ne vous apprend rien en vous expliquant que l'histoire d'amour entre les médias et les réseaux sociaux, c'est un chouia compliqué. Face à ce phénomène qu’on appelle internet, les braves institutions ont un peu patiné au moment de se faire une place. Aujourd'hui, difficile de parler des médias sur les réseaux sociaux sans constater leur demi-échec.

À un endroit où le chat de tata, les dernières vacances au ski de ses amis et la nouvelle coiffure de la voisine sont sujets à commentaires, il n'y avait pas de raison que le journalisme ne soit pas critiqué de toutes parts. Chacun se fera son opinion sur le principe de donner son avis sur tout et tout le temps, mais le constat est là: les journaux traditionnels n'ont pas gagné beaucoup de points en se lançant sur le joli monde créé par Mark Zuckerberg.

La rupture est de plus en plus nette, mais pas spécialement définitive. Bien utilisées, les plateformes peuvent être des outils extraordinaires. L'impact de Reddit sur le marché financier l'a rappelé la semaine dernière. Twitch pourrait être la prochaine belle histoire. L'exemple de ce qu'y fait Samuel Étienne est en tout cas remarquable. Adulé à la télévision par un public essentiellement composé des prochains vaccinés, Monsieur Questions pour un champion (qui est également journaliste) a débarqué il y a une poignée de semaines sur la plateforme de streaming à la mode.

Journalisme 2.0

Sa nouvelle passion sur Twitch? La même que sur France Info. Une revue de presse. Le journaliste y parle de tous les sujets chauds du jour, à un public jeune, sur une plateforme faite pour les jeunes, en présentant des vrais journaux papier. Le tout pendant au moins une heure trente. En théorie, intenable. Dans les faits, une incroyable réussite avec des lives qui dépassent désormais les 15.000 spectateurs en simultané, propulsant par moments le journaliste dans le top 5 des streamings les plus suivis au niveau mondial.

La situation est presque irréaliste, mais s'explique. Le journaliste est un excellent pédagogue, prend le temps, tout en gérant habilement sa communauté et leurs commentaires. Indispensable. Tout comme la manière d'exploiter au mieux les possibilités de Twitch. Samuel Etienne a, enfin et surtout, l'intelligence d'arriver dans cet univers dans une posture assumée de complet débutant. Il doit tout apprendre. Samuel Etienne sourit de ses erreurs, de son amateurisme face à la technologie ou encore de ses post-its collés sur ses journaux. Il est pourtant probablement parvenu à faire ce que la presse n'a jamais complètement réussi: s'adapter aux codes d'un nouveau public et d'une plateforme créative plutôt que de tenter de forcer l'entrée de l'ancien monde de la presse dans un format 2.0. Son expérience, les premières tentatives du journal le Monde sur TikTok et Snapchat ou les vrais débats sur Discord montrent donc que la lune de miel entre médias et réseaux sociaux n'est peut-être pas si lointaine. Utilisées de cette façon, les nouvelles plateformes révèlent en tout cas ce qu'elles ont de mieux dans le ventre.  Les revues de presse du journaliste rappellent aussi qu'on peut débattre de manière construite sur un réseau social. Et ça, on avait presque oublié.

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