chronique

L'exercice de maturité des jeunes pousses

Journaliste

Selon Deloitte, les start-ups et scale-ups ont globalement fait mieux que sauver les meubles durant la crise. La preuve qu'elles peuvent aussi s'en sortir seules.

Pour ce qui est des bonnes nouvelles, une fois encore, on repassera. Entre les mesures complémentaires, le report de Paris-Roubaix et l'heure de dodo en moins ce week-end, il y a franchement de quoi être grincheux. Mais à jeter un œil à la dernière étude du consultant Deloitte, certains trouvent tout de même du bon dans la période actuelle.

Dans son dernier rapport publié ce vendredi, le consultant relaie la bonne forme et l'optimisme des start-ups et scale-ups. Avec une croissance marquée et des engagements à la hausse, l'année Covid fut positive. Et 2021 devrait prendre les mêmes allures. Les jeunes pousses de nos économies s'attendent à une année particulièrement généreuse du côté des engagements. Pour répondre à leurs anticipations de croissance, elles se verraient bien recruter jusqu'à six fois plus que la moyenne belge. Ah, l'insouciance de la jeunesse. Peut-être. Mais pas que. Lors du même exercice de prévisions, réalisé en avril dernier, les start-ups et scale-ups avaient  déjà des ambitions plein la tête. Au final, elles furent moins conséquentes que prévu, mais bien réelles.

En début de crise, les start-ups s'étaient rassemblées pour passer un appel à l'aide. Elles avaient été plus entendues qu'écoutées.

Les plus amers ont donc déjà la réplique piquante au bout des lèvres. À quoi aurait ressemblé le bilan si le secteur avait pu bénéficier en plus de soutiens spécifiques? En début de crise, les start-ups étaient des centaines à s'être rassemblées pour passer un appel à l'aide. Elles réclamaient un coup de pouce spécifique en plus de la part du pouvoir public. La demande avait, à l'époque, été plus entendue qu'écoutée. Au final, le secteur avait dû se contenter des aides générales. Rien de plus.

La bonne solution

Entre le bilan 2020 et les perspectives 2021, tirer à coup de "et si", ne fera pas beaucoup bouger les lignes. Surtout lorsqu'il est impossible d'estimer qu'elles sont effectivement les pertes dans les rangs des soldats start-ups. Se passer des aides était sans doute la bonne solution. Certes, des subsides spécifiques auraient peut-être permis d'éviter certains naufrages. Mais c'est oublier aussi les caractéristiques propres de ces jeunes entreprises. De base, leurs particularités en font des sérieuses candidates à la déroute. C'est le jeu. Pour y faire face, elles disposent déjà de multitudes accès aux investissements et autres soutiens.

En s'en sortant seules, en montrant leur agilité et leur faculté à rebondir, les start-ups et scale-ups ont gagné des points.

Injecter encore des millions pour des entreprises avec de (très) faibles taux de survie en temps normal serait probablement assez mal passé. Particulièrement à un moment où une bonne partie de l'économie suffoque. Mieux, en s'en sortant seules, en montrant leur agilité et leur faculté à rebondir, les start-ups et scale-ups ont même gagné des points. Elles ont rappelé à tout le monde qu'elles étaient, elles aussi, essentielles comme le veut la formule tendance. Un joli uppercut aux sceptiques qui les voient trop souvent comme des structures plus adaptées à brûler le cash qu'à engendrer les revenus récurrents. Un joli signal aussi aux investisseurs qui n'oublieront pas le combat gagné à l'heure du nouveau tour de table pour poursuivre la croissance.

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